Séisme du 22 février 2011 en Nouvelle-Zélande

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Séisme du 22 février 2011 en Nouvelle-Zélande
Image illustrative de l'article Séisme du 22 février 2011 en Nouvelle-Zélande
Carte des intensités du séisme.

Date 22 février 2011 à 12 h 51 min 42 s heure locale (21 février à 23 h 51 min 42 s UTC)
Magnitude 6,3
Épicentre 43° 36′ S 172° 43′ E / -43.6, 172.71 ()43° 36′ Sud 172° 43′ Est / -43.6, 172.71 ()  
Profondeur 5 km
Hauteur maximale du tsunami 3,5 m
Régions affectées Canterbury, Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande
Victimes 166 à 180 morts, 1500-2000 blessés, dont 164 graves (bilan provisoire)

Le séisme du 22 février 2011 en Nouvelle-Zélande (appelé aussi séisme de Christchurch de 2011) est un tremblement de terre d'une magnitude de 6,3 survenu à 12 h 51 min 42 s heure locale (21 février à 23 h 51 min 42 s UTC), dans la région de Canterbury sur l'île du Sud en Nouvelle-Zélande. Une réplique de magnitude 5,6 est survenue à 13 h 4 heure locale (h 4 le 22 février UTC).

Contexte[modifier | modifier le code]

Située sur la ceinture de feu du Pacifique, la Nouvelle-Zélande subit jusqu'à 15 000 secousses sismiques par an[1],[2]. Ce tremblement de terre est précédé par des centaines de secousses sismiques depuis celui de magnitude 7,0 survenu le 4 septembre 2010[3],[4]. En raison de la profondeur plus importante de son hypocentre[5] et du plus grand éloignement de son épicentre par rapport à Christchurch, celui-ci a été équivalent à une secousse de magnitude 4 à 5[4]. Ainsi, il n'y a pas eu de morts et les dégâts, d'un coût de quatre milliards de dollars néo-zélandais[2], sont dans l'ensemble moins importants. Ils ont cependant fragilisé certains bâtiments qui se sont finalement écroulés avec le séisme du 22 février.

Cette activité sismique est causée par le déplacement relatif des plaques pacifique et australienne le long d'un système de failles de décrochement dont les principales se trouvent plus à l'ouest et au nord, dans les Alpes du Sud[4].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La secousse principale du séisme, d'une magnitude de 6,3, s'est produite à 12 h 51 min 42 s heure locale (21 février à 23 h 51 min 42 s UTC)[6],[7],[4]. Son épicentre est situé aux coordonnées 43° 36′ S 172° 43′ E / -43.6, 172.71 ()[7],[4], juste en bordure de la ville de Lyttelton, dans la péninsule de Banks, à dix kilomètres au sud-est du centre-ville de Christchurch[6]. Son hypocentre est situé à cinq kilomètres de profondeur[6],[7]. La faille, de 8×8 km est de petite taille mais c'est son glissement de près de 1,6 m de manière oblique qui a été fort[8]. Celui-ci, survenu sous la ville de Christchurch, a provoqué en différents endroits des accélérations du sol (Peak Ground Accelerations ou PGA) de 1,88 jusqu'à 2,2 g lors de la rupture[9],[8].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Immeuble endommagé par un phénomène de liquéfaction du sol.
Vue aérienne de la cathédrale de Christchurch dont la flèche s'est à moitié effondrée.

Christchurch[modifier | modifier le code]

Proche de l'épicentre, la deuxième ville du pays, Christchurch, subit des dégâts majeurs[10],[11],[12], l'aéroport endommagé est fermé, le réseau électrique est interrompu ainsi que celui de la distribution d'eau[1]. Parmi les bâtiments ayant subi le plus de dégâts, la cathédrale a vu sa flèche s'effondrer à moitié, une école s'est effondrée sur ses élèves dont une vingtaine de Chinois[2] et l'immeuble de la télévision locale Canterbury Television s'est entièrement affaissé sur ses occupants[1]. Un tiers des bâtiments du centre-ville seront démolis s'ils ne l'ont pas déjà été par le séisme[13] soit environ 755 bâtiments[14]. Il faudra entre cinq et dix années pour reconstruire la ville[14]. Des phénomènes de liquéfaction du sol sont rapportés, entraînant des dégâts sur des bâtiments, les routes et les pistes de l'aéroport international ainsi que des inondations localisées d'eau charriant du sable[15],[16]. Ces 200 000 tonnes de sable et de limon émis par cette liquéfaction du sol provoquent, une semaine après le séisme, des nuages de poussière soulevés par des vents de 70 km/h[13].

Autres régions[modifier | modifier le code]

Dégâts dans le port de Lyttelton où est amarré le HMNZS Canterbury affrété suite au séisme.

Située à l'épicentre du séisme, la petite ville portuaire de Lyttelton est sévèrement affectée. Aucun mort n'est à déplorer parmi les habitants de la ville[17] mais deux randonneurs sont tués par des chutes de rochers[18]. Dans la rue principale du bourg, 60 % des bâtiments sont détruits[18]. Le bâtiment dominant le port et qui supporte la boule horaire, l'une des cinq dernières dans le monde, est partiellement détruit, la tour surmontée de la boule restant debout mais étant sérieusement endommagée[19].

Plus à l'ouest dans les Alpes du Sud, trente millions de tonnes de glace se détachent du glacier Tasman, situé dans le parc national Aoraki/Mount Cook, et sont précipitées dans son lac glaciaire, constituant son troisième plus gros vêlage connu[20]. Des vagues atteignant 3,5 mètres de hauteur parcourent la surface du lac pendant trente minutes au milieu des icebergs[20]. Les procédures de sécurité ayant été respectées, aucun des visiteurs présents dans les embarcations naviguant à proximité du front glaciaire au moment de l'incident n'a été blessé[20]. La partie qui s'est détachée du glacier mesure un kilomètre de longueur et s'est fragmentée en plusieurs morceaux qui recouvrent un quart de la superficie du lac, les plus grands atteignant pour leur partie aérienne 200 mètres de long sur 50 mètres de large[2].

Bilan humain[modifier | modifier le code]

Le bilan humain n’a cessé d’empirer au fil des jours :

  • le 22 février (le jour du séisme) on compte 65 morts[10],[11],[12] mais aussi 70 survivants retrouvés par les 600 sauveteurs[21] ;
  • le 23 février, le bilan est réévalué à 75 morts[22], le dernier survivant est retrouvé[21] ;
  • le 24 février, le bilan s'alourdit à 102 morts, 226 disparus et plus de 2 000 blessés dont 164 dans un état grave[23] ;
  • le 26 février, le bilan s'alourdit à 145 morts[24] et le 2 mars, on compte 159 morts[13] ;
  • le 3 mars, on recense 161 morts mais ce nombre pourrait s'élever à 240 morts en tenant compte des personnes disparues[21],[13].
  • le 12 mars, le bilan est de 166 morts et la priorité n'est plus la recherche de survivants. Les autorités ont revu leurs estimations du bilan total à la baisse qui ferait état alors de 180 morts[25].

En Nouvelle-Zélande, c'est le tremblement de terre le plus meurtrier depuis celui de Hawke's Bay qui, en 1931, avait fait 256 morts[22],[26],[2].

Coût financier[modifier | modifier le code]

Le coût des dégâts est estimé entre 6,3 et 8,8 milliards d'euros dans un contexte de la Coupe du monde de rugby à XV en septembre 2011 où Christchurch doit accueillir sept matchs[1] et affectera la croissance économique du pays pendant quelques années[14]. Selon le Premier ministre John Key, le coût des dégâts de ce tremblement de terre et celui du 4 septembre 2010 pourraient atteindre les 20 milliards de dollars néo-zélandais soit 15 milliards de dollars US[27].

Réactions[modifier | modifier le code]

Le Premier ministre John Key décrète l'état d'urgence dans tout le pays[1]. Le 28 février 2011, John Key prévoit un projet d'aide de 90 millions de dollars destinés aux quelque quarante mille sinistrés privés de leur emploi[28]. Des milliers d'habitants de Christchurch ont décidé de quitter la ville définitivement traumatisés par les deux séismes, celui-ci et celui du 4 septembre 2010[29]. On a enregistré un surplus conséquent de passagers à l'aéroport jusqu'à 9 000 passagers par jour au lieu de 5 000 en temps normal[29]. 10 000 bâtiments ont été touchés et 50 % des habitations dans certains quartiers ont été abandonnés[29].

Suite à l'activation de la charte internationale Espace et catastrophes majeures, le CNES et la Cellule d'Intervention et d'Expertise Scientifique et Technique (CIEST) ont mis à disposition leur analyse des données d'interférométrie et de la modélisation de la déformation de la zone terrestre touchée par le séisme[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (fr) « Le bilan du séisme en Nouvelle-Zélande s'alourdit », Le Figaro,‎ 23 février 2011 (lire en ligne)
  2. a, b, c, d et e (fr) « Christchurch: 98 morts, 226 disparus », France 2,‎ 24 février 2011 (lire en ligne)
  3. (en) « Earthquake hits Christchurch causing serious injuries », The Guardian,‎ 22 février 2011 (lire en ligne)
  4. a, b, c, d et e (en) « Magnitude 6.3 - SOUTH ISLAND OF NEW ZEALAND, Earthquake Sumary » (consulté le 24 février 2011)
  5. (en) « M 7.1, Darfield (Canterbury), September 4 2010 » (consulté le 22 février 2011)
  6. a, b et c (en) « New Zealand Earthquake Report - Feb 22 2011 at 12:51 pm (NZDT) » (consulté le 22 février 2011)
  7. a, b et c (en) « Magnitude 6.3 - SOUTH ISLAND OF NEW ZEALAND, Earthquake Details » (consulté le 24 février 2011)
  8. a, b et c (fr) « Séisme de Nouvelle-Zélande », CNRS (consulté le 2 mars 2011)
  9. (en) « Feb 22 2011 - Christchurch badly damaged by magnitude 6.3 earthquake », Geonet (consulté le 2 mars 2011)
  10. a et b (en) « Multiple deaths as quake strikes Christchurch », ABC,‎ 22 février 2011 (lire en ligne)
  11. a et b (fr) AFP, « Au moins 65 morts dans un séisme en Nouvelle-Zélande », Le Soir,‎ 22 février 2011 (lire en ligne)
  12. a et b (fr) « Tremblement de terre meurtrier en Nouvelle-Zélande », Le Monde,‎ 22 février 2011
  13. a, b, c et d (fr) « Christchurch: une tempête de poussière gêne les efforts des secouristes », AFP,‎ 2 mars 2011 (lire en ligne)
  14. a, b et c (fr) « Les dommages du séisme en Nouvelle-Zélande coûteront 15,1 milliards de dollars », Sharknews (consulté le 2 mars 2011)
  15. (en) « Main roads to Christchurch open », Radio New Zealand,‎ 22 février 2011 (lire en ligne)
  16. (en) « Christchurch quake: 'Dead bodies lying around' », Star Canterbury,‎ 22 février 2011 (lire en ligne)
  17. (en) « Christchurch quake: Lucky escape for port township », The New Zealand Herald,‎ 23 février 2011 (lire en ligne)
  18. a et b (en) « Lyttelton 'like a battlefield' », Radio New Zealand,‎ 23 février 2011 (lire en ligne)
  19. (en) « Long winding road of destruction in Lyttelton », Heraldsun,‎ 24 février 2011 (lire en ligne)
  20. a, b et c (en) « Quake shakes 30m tonnes of ice off glacier », The New Zealand Herald,‎ 22 février 2011 (lire en ligne)
  21. a, b et c (fr) « Nouvelle-Zélande : Christchurch cesse des chercher des vivants », RTBF, 3 mars 2011
  22. a et b (fr) « Séisme en Nouvelle-Zélande: près de 400 morts ou disparus », Le Parisien,‎ 23 février 2011 (lire en ligne)
  23. (en) « Christchurch quake death toll over 100 », Television New Zealand,‎ 24 février 2011 (lire en ligne)
  24. (en) « Earthquake death toll rises to 145 », Stuff,‎ 26 février 2011 (lire en ligne)
  25. (en) « tvnz report » (consulté le 11 mars 2011)
  26. (fr) « Puissant séisme en Nouvelle-Zélande : au moins 65 morts », France Info,‎ 22 février 2011 (lire en ligne)
  27. (en) « New Zealand Quake Damages May Cost as Much as $15.1 Billion », Bloomberg, 28 février 2011
  28. (fr) « Un projet de secours publié par le gouvernement néo-zélandais », CRI Online (consulté le 2 mars 2011)
  29. a, b et c (fr) «8 000 à 9 000 départs par jour», Sharknews (consulté le 2 mars 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]