Sébastien Michaëlis

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Sébastien Michaëlis (vers 1543 - 1618) est un dominicain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Saint-Zacharie, il entre dans l'Ordre des Frères Prêcheurs au couvent réformé de Marseille. Ce couvent fait alors partie de la « Congrégation de France » (1497-1569), qui est érigée en province d'Occitanie en 1569.

Il étudie la théologie aux Jacobins de Toulouse où il est témoin du mai sanglant de 1562, lorsque les huguenots s'emparent d'une partie de la ville, pillent le couvent des Jacobins, d'où les frères doivent s'enfuir. Il part ensuite à Paris étudier au couvent Saint-Jacques, et est de nouveau témoin en 1567 des troubles liés aux guerres de religion, lors de la Surprise de Meaux.

Il exerce dans sa province des charges d'enseignement (à Marseille, Toulouse, Avignon) et de gouvernement (prieur à Marseille, puis prieur provincial d'Occitanie de 1589 à 1594). En 1594, le chapitre provincial tenu à Fanjeaux à la fin de son provincialat, décide d'une nouvelle réforme dans la province d'Occitanie destinée à lutter contre le relâchement de la vie dominicaine et à réagier devant le schisme protestant.

Cette réforme est d'abord introduite au couvent de Clermont-l'Hérault par Michaëlis. Il reste en Languedoc de 1595 à 1599 où il tâche de conforter la minorité catholique et de tenir tête aux pasteurs calvinistes par la prédication et la controverse. Il devient alors le fer de lance de la reconquête catholique en Languedoc, de la même manière que saint Dominique l'avait été en Narbonnaise contre les cathares.

En 1599, il devient prieur du couvent de Toulouse, où il met en œuvre la réforme décidée à Fanjeaux. Il fait du couvent de Toulouse le centre d’un puissant mouvement de réforme dominicaine : renaissance de l’observance et du goût de la prière, affermissement de la foi par l’étude, nouvelles orientations apostoliques pour répondre au défi du protestantisme et des missions lointaines. De là, cette réforme prend son essor, si bien qu'en 1608 les couvents nouvellement réformés sont érigés en « Congrégation occitaine réformée », à la tête de laquelle Michaelis est nommé vicaire général (congrégation renommée en 1629 en « Congrégation de Saint-Louis »).

Michaelis fonde ensuite à Paris, en 1611, un nouveau couvent, celui des Jacobins de la rue Saint-Honoré, dont il devient prieur et où il finit ses jours.

Parmi les disciples immédiats de Sébastien Michaëlis, figure Guillaume Courtet, mort martyr au Japon en 1637 et canonisé par Jean-Paul II en 1987.