Ryōichi Sasakawa

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Ryōichi Sasakawa.

Ryōichi Sasakawa (笹川 良一, Sasakawa Ryōichi?) (né le 18 mai 1899 à Mini City, Osaka - décédé le 14 juillet 1995 à Tokyo), est un homme politique ultranationaliste et homme d'affaires japonais proche des yakuza, membre de la World Anti-communist League (WACL) et ancien criminel de guerre.

Libéré dans des circonstances obscures la veille de la pendaison du général Hideki Tōjō pour crimes de guerre, il devint multi-milliardaire après-guerre, faisant fortune dans les paris. Président durant près de trente ans de la Fondation Sasakawa, il exerça une influence importante sur le Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir, et se définissait lui-même comme « le fasciste le plus riche du monde »[1].

Avant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Avant la Seconde Guerre mondiale, Ryōichi Sasakawa commence par une formation de pilote de l'air, rejoignant l'Aviation japonaise. Il devient ensuite directeur du journal Konnichi Shimbun, avant de publier à partir de 1931 le magazine de droite Défense nationale et de fonder le Kokusui Taishu-to (Parti du peuple ultra-nationaliste) [2]. L'année suivante, il prend la tête des Volontaires de l'Armée de l'Air, une organisation ultra-nationaliste [2], qui prend pour uniforme les chemises noires (sur le modèle fasciste) et se développe jusqu'à avoir 23 branches au Japon[2].

Parallèlement à ses activités de leader d'extrême-droite, il s'engage dans les affaires, établissant un trafic d'armes à destination de l'armée japonaise après la création, en 1932, de l'État fantoche du Mandchoukouo[2], et s'impliquant probablement également dans le trafic d'opium [2]. Souvent en voyages d'affaires en Chine, il rencontra Pu Yi, le dernier empereur Qing[2].

En 1937, ses activités illégales lui valurent d'être emprisonné, mais il fut libéré en 1939[2]. Il devint célèbre cette année pour avoir rencontré Mussolini, en s'envolant dans le Yamato-Go, le premier avion entièrement construit au Japon[2], tout en s'habillant, contrairement à la plupart des hommes d'affaires japonais s'envolant à l'étranger, en costume traditionnel (hakama et haori) [2]. Il était alors associé de près avec Yoshio Kodama (1911-1984), qui fut également une figure importante yakuza liée à l'extrême-droite [2].

En 1942, Sasakawa entra à la Diète (Parlement) [2]. Ayant une vie privée agitée (plusieurs maîtresses, et peut-être plusieurs enfants non reconnus), Sasakawa s'éprit pendant la guerre de l'espionne Yoshiko Kawashima, fusillée en 1948[2].

Après guerre[modifier | modifier le code]

Emprisonné pour crimes de guerre à la prison de Sugamo le 12 décembre 1945 (en fait il s'y rendit la veille, triomphalement[2]), où il côtoie Yoshio Kodama et le futur Premier ministre Nobusuke Kishi, il est libéré par les Américains le 24 décembre 1948 [2], la veille de la pendaison, pour crimes de guerre, du général Hideki Tōjō et de sept autres criminels de guerre[2]. Libéré avec Kishi et Kodama, la rumeur affirmait que leur libération était l'œuvre de la CIA[2].

Après la guerre, il fit fortune grâce à l'Association japonaise pour les courses de hors-bords [2], qu'il dirige et qui détient un monopole sur ce marché très lucratif, tout en ayant à ses ordres des bandes de racketteurs.

Se donnant une apparence philanthropique en faisant la promotion de thèmes humanitaires, écologiques, d’activités d’intérêt général (il est par exemple le plus gros donateur individuel de l'Organisation des Nations unies et créé dans les années 1960 la Fondation Sasakawa), il se vante en privé d’être « le fasciste le plus riche du monde »[3]. Membre éminent de la World Anti-Communist League (WACL), il prétendait que celle-ci lui servait d'instrument [3].

Il a une influence considérable sur le Parti libéral démocrate (PLD, au pouvoir pendant des décennies) et, avec Yoshio Kodama, a son mot à dire sur la nomination de tous les ministres, y compris le Premier d’entre eux, comme il le prouve avec l'arrivée à la fin des années 1950 de Nobusuke Kishi[3].

Perdant environ 200 milliards de yens après avoir tenté de récupérer un trésor enfoui en 1980 (issu d'un navire de la flotte impériale russe), son fils, Yohei Sasakawa, commence à prendre les rênes de son empire, alors que la santé de Ryoichi devient de plus en plus fragile[2]. Il deviendra son successeur à la Nippon Foundation, nouvel avatar de la Fondation Sasakawa après la chute du mur de Berlin[2].

Sasakawa meurt le 14 juillet 1995 dans son lit.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The Godfather-san », Time,‎ 26 août 1974 (lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s James Kirkup, Obituary: Ryoichi Sasakawa, The Independent, 20 juillet 1995
  3. a, b et c Fabrizio Calvi et Olivier Schmidt, Intelligences secrètes. Annales de l'espionnage, Hachette, 1988, p. 260-263

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Entretien avec Nicolas Beau : « Les journalistes ne font pas leur travail » nouvelobs.com, 7 juin 2006
  • David Kaplan et Alec Dubro, Yakuza, la mafia japonaise, Picquier Poche, 2001