Ruth Richardson

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Ruth Richardson, née le 13 décembre 1950, fut la ministre des finances de Nouvelle-Zélande de 1990 à 1993, et est connue pour sa politique vigoureuse en faveur du marché libre.

Début de la carrière parlementaire[modifier | modifier le code]

Elle fut élue au Parlement de Nouvelle-Zélande en 1981. Elle se fit rapidement remarquer au sein du Parti national de Nouvelle-Zélande comme soutenant une économie de libre marché, les privatisations, et la libéralisation du commerce. Cela contrastait considérablement avec les vues du premier ministre Robert Muldoon, du Parti National, qui était en faveur d'une approche interventionniste fondée sur des emprunts à l'étranger. L'intérêt de Mme Richardson pour les sujets financiers était un sujet de commentaire en soi, alors que toutes les femmes parlementaires (en particulier au Parti National) étaient restées confinées jusqu'alors dans des domaines tels que la santé ou les affaires sociales. Mme Richardson est entrée au Parlement avec la ferme détermination de ne pas finir dans un tel rôle.

Quand le Parti national perdit les élections de 1984, elle devient un membre de l'opposition. Elle se distinguait pour son ferme soutien aux réformes économiques radicales du nouveau ministre des finances issu du Parti travailliste, Roger Douglas. Ces réformes, surnommées « Rogernomics », impliquaient la privatisation des actifs de l'État, la suppression des droits de douane et des subventions, et l'application du monétarisme pour contrôler l'inflation. Ces réformes étaient considérées par beaucoup au sein du Parti travailliste comme étant contraires aux politiques traditionnelles de la gauche, mais les ailes les plus conservatrices du Parti National y étaient aussi hostiles. Particulièrement hostiles étaient les partisans de Robert Muldoon, un conservateur traditionaliste qui s'opposait aux réformes de libéralisation du marché qu'il considérait comme une atteinte à l'autorité de l'État.

Ministre des finances[modifier | modifier le code]

Quand le Parti national accéda au pouvoir avec les élections de 1990, Mme Richardson avait assez de soutien au sein du parti pour devenir ministre des finances, un poste que Jim Bolger aurait plutôt donné à Bill Birch. Beaucoup pensaient que le Parti National adopterait une politique plus prudente et conservatrice que le gouvernement travailliste radical. En arrivant au pouvoir toutefois, le nouveau gouvernement fut confronté à une situation économique et budgétaire bien pire que ce que le gouvernement sortant avait rendu public. En particulier, la Banque de Nouvelle-Zélande, propriété de l'État, nécessitait une recapitalisation de plusieurs millions de dollars. Dans les premiers mois de son accès au pouvoir, le nouveau gouvernement annonça de sévères coupes dans les politiques d'aide sociale pour réduire le déficit budgétaire et libéralisa le droit du travail (notamment en abolissant l'inscription obligatoire à un syndicat et en introduisant le concept de « contrat de travail »). Alors que la réforme du droit du travail avait été annoncée dans le programme de 1990, de nombreux soutiens du Parti National furent déçus par la poursuite des politiques initiées par Roger Douglas. Le premier budget de Mme Richardson, qu'elle avait appelé par dérision « la mère de tous les budgets » — une expression qui devrait la suivre pendant toute sa carrière — participa à son impopularité, en réduisant significativement la dépense de l'État dans de nombreux domaines dans un effort pour ramener les déficits sous contrôle. Le résultat de cette politique fut que Mme Richardson devint l'un des politiciens les plus impopulaires du pays.

Mme Richardson perdit son poste de ministre des finances en 1993, et fut reléguée aux arrières-bancs. Elle fut remplacée par Bill Birch, qui avait la préférence originelle de Jim Bolger.

Bien que la période où elle fut ministre ait été assez courte, l'héritage de Mme Richardson est important. De nombreuses réformes dont elle s'est fait le champion ont perduré.

Plus important encore peut-être, aucun gouvernement néo-zélandais ne sera confronté à une mauvaise surprise des comptes budgétaires que le gouvernement Bolger avait connu en 1990. Le Fiscal Responsibility Act (maintenant inclus dans le Public Finance Act) exige que le Trésor publie les risques budgétaires auxquels sera confronté le nouveau gouvernement avant chaque élection.

Par la suite, Ruth Richardson quitta le Parlement l'année suivante, mais continua à être impliquée en politique en se faisant l'avocat du parti ACT New Zealand. ACT, créé par Roger Douglas et ses alliés, promeut des politiques très proches de celles de Mme Richardson. Elle a eu aussi de nombreuses fonctions liées à la gouvernance d'entreprise, et a fait partie de nombreux conseils d'administration d'entreprises.