Ruth Klüger

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Ruth Klüger, 2010

Ruth Klüger' est un écrivain et une universitaire américaine née en 1931.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ruth Klüger est née à Vienne le 31 octobre 1931, dans une famille juive "émancipée, mais non assimilée", ainsi qu'elle la décrit elle-même. Son père, Viktor Klüger, issue d'une famille pauvre exerce comme gynécologue et pédiatre. Sa mère, née Alma Hirschel, d'origine bourgeoise a eu un fils, Jiri (Georg en Allemand) d'un précédent mariage avec un tchèque. Les premiers souvenirs de Ruth sur le monde extérieur sont liés à l'antisémitisme. En 1942, âgée de 11 ans, elle a été déportée avec sa mère à Theresienstadt, puis en 1944 à Auschwitz. Elle échappe à la mort promise en général aux moins de quinze ans car tous les membres de son convoi sont parqués dans le camp B2B, un des nombreux sous-camps de Birkenau appelé « camp familial de Theresienstadt ». Elle est ensuite transférée dans le camp de travail de Christianstadt en Basse-Silésie, camp de travail annexe de Gross-Rosen. En février 1945, pendant l'évacuation du camp, Ruth Klüger et sa mère parviennent à s'enfuir. Elles se réfugient en Bavière, puis émigrent en 1947 aux États-Unis, où Ruth Klüger poursuit ses études à New York puis à Berkeley.

En 1980 elle devient professeur à l'université de Princeton et a enseigné par la suite dans plusieurs universités américaines. Elle a été également pendant plusieurs années professeur invité à l'Université de Göttingen en Allemagne. Elle est une spécialiste reconnue de la littérature allemande.Un jour, à Göttingen, elle est renversée par un cycliste dans la Judenstrasse (rue des Juifs). Le traumatisme de la chute réveille ceux de sa jeunesse: « Je crois qu’il me poursuit [verfolgt], veut me renverser, vif désespoir, une lumière dans la nuit, son phare, métallique, comme un projecteur sur du fil barbelé, je veux me défendre, le repousser, les deux bras tendus, l’impact, l’Allemagne, un moment semblable à un combat à mains nues, cette lutte que je perds, du métal, l’Allemagne encore, qu’est-ce que je fais ici, pourquoi suis-je venue, suis-je seulement jamais partie ? » ( p. 272) Cela déclenche en elle un retour vers le passé qui aboutit à la rédaction de son témoignage en 1992 Weiter leben (Continuer à vivre), traduit en français en 1997 sous le titre Refus de témoigner, autobiographie et livre de réflexions sur la déportation, dont le thème principal est le refus de voir son identité réduite à la catégorie d'ancienne déportée, ainsi que la critique des stéréotypes engendrés par la mémoire de la déportation.

Ruth Klüger a reçu de nombreux prix littéraires, dont, en France, le prix Mémoire de la Shoah (1998) et en Autriche, le prix Theodor Kramer (de) (2011).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Katastrophen. Über deutsche Literatur (Göttingen 1994)
  • Frauen lesen anders. Essays (München 1996)
  • Von hoher und niedriger Literatur (Göttingen 1996)
  • Refus de témoigner. Une jeunesse, éd. Viviane Hamy, Paris, 1997 (ISBN 2-87858-172-5) traduction (par Jeanne Étoré) de "Weiter leben. Eine Jugend" (Göttingen 1992)
  • Dichter und Historiker. Fakten und Fiktionen (Wien 2000)
  • Schnitzlers Dramen. Weiber, Mädeln, Frauen (Wien 2001)
  • Unterwegs verloren, Paul Zsolnay Verlag, Vienne, 2008 - traduction française Chantal Philippe et Jean-Léon Muller pour les poèmes, Perdu en chemin, Viviane Hamy, Paris, 2010, 233 p., relié, 13 x 21 cm (ISBN 978-2-87858-308-3)