Ruth Becker

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Ruth Elizabeth Becker

Description de l'image  Ruth Becker.jpg.
Naissance
Guntur (Inde)
Décès (à 90 ans)
Santa Barbara (Californie)
Nationalité Drapeau : États-Unis Américaine
Profession Institutrice

Ruth Becker ( - ) est l'une des dernières survivantes du naufrage du Titanic. Née en Inde, elle est la fille d'un missionnaire américain. En 1912, elle part aux États-Unis avec sa mère et ses frère et sœurs pour soigner son petit frère malade. Pour se faire, la famille embarque sur le paquebot qui fait naufrage le 15 avril 1912.

Durant le drame, elle est séparée du reste de la famille et embarque seule dans un canot. Elle s'y illustre cependant par son courage et son altruisme.

Après la catastrophe, elle poursuit ses études, devient institutrice et se marie. Ce n'est qu'à sa retraite qu'elle accepte d'évoquer ses souvenirs du Titanic. Après sa mort, ses cendres sont, selon sa volonté, dispersées en mer au-dessus de l'épave.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Ruth Becker naît le 28 octobre 1899 à Guntur en Inde. Elle est la fille d'Allen Oliver Becker, missionnaire luthérien en Inde, et de Nellie E. Becker (née Baumgardner). Elle a également une jeune sœur, Marion, née en 1907, et un petit frère, Richard, né en 1910[1]. Un autre enfant, Luther, était né à Lima dans l'Ohio en 1905, mais est mort en Inde en 1907[2].

En 1912, le jeune William âgé de 2 ans tombe gravement malade et doit être emmené aux États-Unis pour y recevoir des soins. Tandis que le père de famille reste en Inde, Nellie Becker entreprend le périple avec ses enfants[3].

Naufrage du Titanic[modifier | modifier le code]

Dessin représentant le canot 13 sous le 15 en cours de descente
Ruth Becker a pris place sans sa famille dans le canot no 13, qui a failli être écrasé par le 15 lors de sa descente.

Au matin du 10 avril 1912, à Southampton en Angleterre, Ruth Becker, sa mère et ses frère et sœur embarquent à bord du paquebot Titanic. La famille a en effet un billet en deuxième classe[4]. En décrivant sa cabine, la jeune Ruth se rappelle qu'elle était « très semblable à une grande chambre d'hôtel, aussi grande. Tout était neuf, tout neuf »[5]. Elle raconte également, par la suite, avoir promené sur le pont le petit Richard dans un landau fourni par la compagnie[6].

La traversée se déroule sans encombres jusqu'au dimanche 14 avril, lorsque vers 23 h 40, le paquebot heurte un iceberg et commence à faire naufrage. La famille Becker rejoint le pont des embarcations une heure plus tard, puis retourne chercher des couvertures dans la cabine pour se protéger du froid intense qui règne cette nuit-là. De retour sur le pont, les quatre Becker se trouvent près des canots situés sur tribord à l'arrière. Richard et Marion sont vite placés dans le canot no 11 qui commence à descendre. Leur mère, paniquée, réussit à y embarquer et demande à Ruth, restée sur le navire, de monter dans un autre canot[7]. La jeune fille se présente alors devant le canot no 13 et demande à un officier la permission de rentrer. Celui-ci la prend dans ses bras et la place dans la canot, tellement chargé que la jeune fille doit rester debout. L'embarcation connaît également un sort particulier : le canot voisin manque en effet de l'écraser et est sauvé de justesse[8].

À bord du canot, Ruth Becker se démarque par son comportement altruiste : elle distribue en effet les couvertures récupérées dans sa cabine aux passagers de son embarcation. À une femme désespérée de voir que son bébé a été embarqué dans le canot 11, la jeune fille promet de l'aider à récupérer son enfant[9]. Au lever du jour, les rescapés sont récupérés par le Carpathia venu à leur secours. À bord, Ruth Becker aide sa compagne d'infortune à chercher son bébé, lorsqu'une femme lui indique que sa propre mère la cherche. La famille Becker est ainsi réunie au complet. L'autre mère retrouve finalement son fils[10].

Vie privée et professionnelle[modifier | modifier le code]

Le jeudi 18 avril, le Carpathia atteint New York. Comme les autres rescapés, la famille Becker débarque dans la soirée et est accueillie par une foule de journalistes et de curieux. À ceux qui se ruent vers elle pour poser des questions, Nellie Becker déclare : « Ne me demandez rien. Demandez à Ruth, elle vous racontera tout »[11]. Après s'être frayés un chemin dans la foule, les Becker parviennent à une voiture qui les emmène[12].

Becker poursuit ensuite ses études dans l'Ohio et le Kansas. Elle épouse un camarade de classe, Daniel Blanchard, avec qui elle a deux enfants. Le couple divorce cependant après vingt ans de mariage, et Ruth Becker devient professeur[11]. Nellie Becker, pour sa part, est particulièrement troublée par le naufrage et en ressort mentalement fragile. Elle se brouille fortement avec sa fille Marion, au point de ne pas se présenter à ses funérailles lorsqu'elle meurt de tuberculose en 1944. Lorsqu'elle-même meurt en 1961, son testament montre quelques tensions au sein de la famille. Elle lègue en effet tout à son fils Richard, négligeant Ruth qui devient en revanche exécutrice testamentaire[2].

Richard Becker se marie pour sa part une première fois, mais son épouse meurt prématurément. Il meurt en 1975 après un second veuvage[13]. Ruth Becker continue quant à elle à enseigner. Jusqu'à sa retraite, elle refuse toutefois de parler du Titanic, et même ses enfants ne sont mis au courant de son expérience que tard[11].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Après sa retraite, Becker accepte d'évoquer le naufrage, répond à des interviews, et participe à des rencontres organisées par la Titanic Historical Society[11]. En 1990, elle participe également à une croisière au Mexique. C'est la première fois qu'elle prend la mer depuis 1912[14].

Elle meurt le 6 juillet de la même année, à l'âge de 90 ans. Ses cendres sont, selon sa volonté, réparties au-dessus de l'épave du Titanic, comme l'ont également fait le quatrième officier Joseph Boxhall et le passager de troisième classe Frank Goldsmith, dans la mesure des connaissances approximatives du lieu du naufrage à l'époque de leur décès, antérieur à la découverte de l'épave pour ces deux hommes[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Miss Marion Louise Becker », Encyclopedia Titanica. Consulté le 24 mars 2011
  2. a et b (en) « Mrs Nellie E. Becker », Encyclopedia Titanica. Consulté le 24 mars 2011
  3. Robert Ballard 1988, p. 12
  4. Robert Ballard 1988, p. 14
  5. Hugh Brewster et Laurie Coulter 1999, p. 21
  6. Hugh Brewster et Laurie Coulter 1999, p. 30
  7. Hugh Brewster et Laurie Coulter 1999, p. 50
  8. Robert Ballard 1988, p. 25
  9. Hugh Brewster et Laurie Coulter 1999, p. 60
  10. Hugh Brewster et Laurie Coulter 1999, p. 66
  11. a, b, c, d et e (en) « Miss Ruth Elizabeth Becker », Encyclopedia Titanica. Consulté le 25 mars 2011
  12. Hugh Brewster et Laurie Coulter 1999, p. 69
  13. (en) « Master Richard F. Becker », Encyclopedia Titanica. Consulté le 25 mars 2011
  14. Hugh Brewster et Laurie Coulter 1999, p. 76

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert D. Ballard, L'Exploration du « Titanic », Glénat,‎ 1988, 64 p. (ISBN 272340949X)
  • Hugh Brewster et Laurie Coulter, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le « Titanic », Glénat,‎ 1999, 96 p. (ISBN 2723428826)

Liens externes[modifier | modifier le code]