Rue du Commerce (Paris)

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15e arrt
Rue du Commerce
Vue depuis l'église Saint-Jean-Baptiste de Grenelle
Vue depuis l'église Saint-Jean-Baptiste de Grenelle
Situation
Arrondissement 15e
Quartier Grenelle
Début 128 boulevard de Grenelle
Fin 99 rue des Entrepreneurs
Morphologie
Longueur 675 m
Largeur 18 m
Historique
Création 1824
Dénomination 1877
Ancien(s) nom(s) Rue Saint-Guillaume, rue de la Montagne Noire (du 1er février au 16 mars 1877)
Géocodification
Ville de Paris 2247
DGI 2245

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue du Commerce
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

48° 50′ 45″ N 2° 17′ 42″ E / 48.84586, 2.294909

La rue du Commerce est une rue du 15e arrondissement de Paris. Bordée d’immeubles souvent modestes mais non dénués de recherche et dont l'ensemble fait preuve d'une certaine unité, la rue du Commerce forme depuis le milieu du XIXe siècle un des trois ou quatre axes commerçants animés et attrayants du 15e arrondissement.

Situation[modifier | modifier le code]

La rue du Commerce commence boulevard de Grenelle, au niveau du métro aérien, dans le prolongement de l’avenue de La Motte-Picquet et se termine rue des Entrepreneurs.

Elle est traversée par la rue Letellier, la rue Fondary et par la rue du Théâtre.

Elle sert de point de départ à la rue Tiphaine, la rue Frémicourt, la rue Gramme et à la rue Lakanal mais également de point d’arrivée à l’avenue Émile-Zola.

Elle a une longueur de 675 m pour une largeur d’en moyenne seulement 18 m. Du fait de cette faible largeur, c’est une voie à sens unique pour la circulation automobile. Des aménagements récents y limitent par ailleurs le stationnement des véhicules.

(M) Ce site est desservi par les stations de métro CommerceAvenue Émile Zola et La Motte-Picquet - Grenelle.

Historique[modifier | modifier le code]

La rue du Commerce était la principale rue commerçante de l'ancienne commune de Grenelle.

Le lotissement Violet et la naissance de la rue du Commerce moderne[modifier | modifier le code]

La rue du Commerce est issue d’une opération d’urbanisme menée au XIXe siècle[1]. En 1824, les entrepreneurs immobiliers Jean-Léonard Violet et Alphonse Letellier, alors conseillers municipaux de l’ancien village de Vaugirard, acquièrent sur le territoire de la commune de vastes terrains de près de 105 hectares, en vue de les lotir. Nommé non sans ambition Beaugrenelle par ses fondateurs, puis rebaptisé plus modestement par la suite de son nom d'origine Grenelle, le lotissement Violet, d'une ampleur exceptionnelle, se construit entre la Seine et la rue de la Croix-Nivert, et au nord jusqu'à l'enceinte des Fermiers généraux.

Autour de l’axe central de la rue du Commerce et d’une nouvelle place, Violet fait tracer un parcellaire unique en son genre de rues en damier, le plus vaste de tout Paris. La construction de l’église Saint-Jean-Baptiste en 1825, offerte aux habitants par Violet, du pont de Grenelle en 1826, l'aménagement d'un port sur la Seine pour le trafic par voie d'eau et d'une gare fluviale destinée à entreposer les marchandises, ainsi que la réalisation du théâtre de Grenelle en 1829, viennent parachever cet ensemble organisé en réseau global.

Les façades des maisons et des immeubles de rapport ornées de motifs sculptés, de bandeaux et de corniches répondent aux goûts de la moyenne bourgeoisie que l'on souhaite alors attirer dans ce nouveau quartier. Elles suivent des règles de construction précises qui permettent encore aujourd’hui de les dater[2]. Rattaché à Paris par l’enceinte de Thiers à partir de 1844, le lotissement Violet, après une croissance rapide, doit cependant faire face à la concurrence des grands boulevards et des nouveaux quartiers du 16e arrondissement.

L'annexion de Grenelle et la liaison à Paris de la rue du Commerce[modifier | modifier le code]

L’annexion des terrains de la plaine de Grenelle à Paris en 1860, en ouvrant de nouvelles possibilités de construire, marque une nouvelle étape de sa croissance. Le percement de la rue Frémicourt, puis son prolongement en 1905 par l’avenue Émile-Zola, crée de nouvelles liaisons entre le quartier de Grenelle et le reste de Paris en plein développement. Mais, pour sa part, la rue du Commerce gardera beaucoup de son cachet d’origine, en partie sans doute grâce à la forte présence d’activités en rez-de-chaussée des bâtiments bordant la rue.

L'arrêté du 1er février 1877 changea son nom en rue de la Montagne Noire mais le nom de rue du Commerce fut rétabli un mois plus tard par l'arrêté du 16 mars 1877.

En 1909, une pétition (restée sans suite) réclame la démolition de l’église Saint-Jean-Baptiste et sa reconstruction sur un terrain voisin pour permettre la jonction de la rue du Commerce et de l’avenue Félix-Faure[3].

Entre 1924 et 1926, l’église Saint-Jean-Baptiste subit d'importantes rénovations et reconstructions qui modifièrent profondément son apparence.

Les travaux des années 1990-2000 et leurs conséquences sur le quartier[modifier | modifier le code]

À partir des années 1990, des programmes immobiliers privés ont visé à rénover, à réhabiliter ou à reconstruire les espaces commerciaux et résidentiels des immeubles de l'ère Violet dans la rue du Commerce. L'esprit de ces programmes a été celui du respect d'une certaine unité architecturale du quartier. La première phase de réhabilitation concerna la partie supérieure de la rue, au niveau de la place du Commerce, notamment le numéro 87 où Séphora a remplacé le deuxième Monoprix. La deuxième phase de ces programmes concerna le bas de la rue où un immeuble fut entièrement détruit et reconstruit dans un style fidèle à celui du quartier.

En accompagnement de ce mouvement, suite à des études[4], des travaux publics importants de rénovation urbaine ont été réalisés rue du Commerce entre 2004 et 2006, Les espaces piétons ont été réaménagé et agrandis, le tracé de la chaussée a été modifiée, notamment au niveau de l'intersection avec l’avenue Émile-Zola et la rue Fondary, des parkings deux-roues ont été créés et les possibilités de stationnement automobile dans la rue du Commerce même ont été réduites.

Les commerçants ont pu craindre au départ que le renforcement du statut de la rue du Commerce, comme rue de fait semi-piétonne, ne puisse avoir des conséquences négatives sur la logistique, le passage dans la rue et les ventes. Cependant au printemps 2008 les conséquences des travaux ont été selon toutes parties bénéfiques, et le passage dans la rue et le quartier a nettement augmenté en 2007-2008 du fait de l'élargissement des trottoirs, des nouvelles enseignes et de l'embellissement de la rue.

Sociologie du quartier[modifier | modifier le code]

En conséquence des investissements privés et publics dans l'urbanisme et le bâtiment de la rue du Commerce et des rues avoisinantes (place du Commerce, rue Mademoiselle, rue Lakanal, rue Violet), le quartier a vu son prix au m² augmenter plus vite que la moyenne du XVe pendant les dix dernières années. La sociologie de la rue du Commerce a connu des changements depuis la fin des années 1990, avec les décès d'un grand nombre de retraités habitants du quartier et l'arrivée d'une population de primo-accédants célibataires ou en famille, et de locataires CSP+[5].

Le 21 juin 2008, des casseurs parcourent le Champ de Mars[6] puis la rue du Commerce.

Activités[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui la rue du Commerce est toujours une importante rue commerçante avec de nombreuses boutiques de parfumerie, de lingerie, de vêtements, d'arts de la table, de décoration et de cadeaux, des agences bancaires, quelques restaurants et cafés dont le célèbre Café du Commerce au no 51, ainsi que des commerces alimentaires (boulangeries, boucheries, etc.).

Elle comprend la station Commerce de la ligne 8 du métro de Paris au niveau de la place du Commerce. La station Avenue Emile Zola de la ligne 10 est située avenue Émile-Zola, à 20 mètres de l'intersection avec la rue du Commerce.

Le square de la place du Commerce procure un espace vert bien utile aux boulistes, aux promeneurs du dimanche et aux enfants du quartier.

Architecture et immeubles remarquables[modifier | modifier le code]

La rue du Commerce, parfaitement droite, offre une perspective de 675 m de long que ponctue côté nord-est le viaduc du métro aérien et que domine côté sud-ouest l'église Saint Jean-Baptiste, construite en 1825. Outre cet édifice visible depuis tout point de la rue, de nombreux bâtiments offrent au regard une architecture remarquable[1] :

  • 93, rue du Commerce : immeuble très significatif de 1876 qui reprend le gabarit et l'esthétique des premières constructions de Grenelle.
  • 87, rue du Commerce : immeuble de 1860, avec une belle grille en fonte et une modénature en grande partie conservée.
  • 82-86, rue du Commerce : construction de la période 1845-62, comportant des modénatures et persiennes escamotables en bois, typiques de l'époque.
  • 75, rue du Commerce : bâtiment intéressant par sa volumétrie (R+2) en opposition avec son environnement et la conservation d'éléments d'origine - bandeau, corniche, persiennes.
  • 73, rue du Commerce : construction de 1867 dont la volumétrie en opposition avec les immeubles voisins de cette séquence participe au paysage varié de la rue.
  • 71, rue du Commerce : premier grand immeuble construit (en 1864) juste après l'annexion à Paris, avec les normes esthétiques de la capitale.
  • 70, rue du Commerce : composition des premiers niveaux classique et bien conservée, construction de 1872.
  • 66, rue du Commerce : bâtiment faubourien et de bonne tenue intégré dans une séquence de hauteurs variées.
  • 65, rue du Commerce : volumétrie caractéristique du cahier des charges de 1824, trois étages carrés sous combles avec persiennes conservées.
  • 64, rue du Commerce : bâtiment faubourien et de bonne tenue intégré dans une séquence de hauteurs variées.
  • 63, rue du Commerce : la volumétrie est caractéristique du cahier des charges de 1824, trois étages carrés sous combles.
  • 62, rue du Commerce : bâtiment faubourien et de bonne tenue intégré dans une séquence de hauteurs variées.
  • 61, rue du Commerce : la volumétrie est caractéristique du cahier des charges de 1824, trois étages carrés sous combles.
  • 60, rue du Commerce : bâtiment faubourien et de bonne tenue intégré dans une séquence de hauteurs variées.
  • 58, rue du Commerce : la volumétrie de ce petit immeuble est caractéristique du cahier des charges de 1824. Trois étages carrés sous combles ; quelques persiennes et modénatures conservées.
  • 56, rue du Commerce – 116, rue du Théâtre : bâtiment ayant conservé sa volumétrie d'origine et sa simplicité, contraste et marque un repère sur la rue.
  • 57, rue du Commerce – 120, rue du Théâtre : bâtiment bas d'origine (période 1830), contraste et repère sur la rue.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b La rue du Commerce et le lotissement Violet sur le site de la mairie de Paris.
  2. Hélène Lagrange, Le 15e arrondissement, itinéraires d’histoire et d’architecture, Mairie de Paris, Direction générale de l’Information et de la Communication, Action artistique de la Ville de Paris, 2000.
  3. Paroisse Saint Jean-Baptiste de Grenelle.
  4. Atelier parisien d'urbanisme, étude conduite par Gilles Plum, Rue du Commerce, propositions pour une meilleure préservation du paysage, février 2001 (deux tomes).
  5. La rue du Commerce dans son contexte socio-économique, 2002, CCIP.
  6. http://www.liberation.fr/actualite/societe/333827.FR.php.