Rue de la Chaussée-d'Antin

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9e arrt
Rue de la Chaussée-d’Antin
Vue de la rue avec l'église de la Trinité au loin.
Vue de la rue avec l'église de la Trinité au loin.
Situation
Arrondissement 9e
Quartier Chaussée-d'Antin
Début 4 boulevard des Capucines et 38 boulevard des Italiens
Fin 73 rue Saint-Lazare et 59 rue de Châteaudun
Morphologie
Longueur 578 m
Largeur 20 m
Historique
Dénomination 1712
Ancien(s) nom(s) Rue Mirabeau,
rue du Mont-Blanc
Géocodification
Ville de Paris 1940
DGI 1949

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue de la Chaussée-d’Antin
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48° 52′ 26″ N 2° 19′ 58″ E / 48.873889, 2.332778 ()

La rue de la Chaussée-d'Antin est une voie du 9e arrondissement de Paris, reliant l'église de la Sainte-Trinité au nord aux grands boulevards au sud.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, le chemin des Porcherons reliait la porte Gaillon (une des portes de l’enceinte édifiée sous Louis XIII) au petit village des Porcherons situé plus au nord, en traversant un espace marécageux.

La rue porte le nom de « chaussée », car en raison du terrain marécageux, il a fallu la surélever, la poser sur une espèce de digue. À la hauteur de la rue de Provence, la chaussée franchissait le « Grand Égout » de deux mètres de large environ.

Les fréquents séjours de Louis XV dans Paris amenèrent à y construire de splendides demeures, tel l’hôtel de Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin, duc d’Antin (1665-1736), fils de la marquise de Montespan et surintendant des Bâtiments du Roi, qui donna son nom à la rue dès 1712. L'ordonnance du 4 décembre 1720 a porté la largeur de la rue à 8 toises et l'a prolongée jusqu'aux boulevards.

Lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Vue de la rue de la Chaussée-d'Antin du haut du clocher de l'Église de la Sainte-Trinité. Au premier plan, la rue de Châteaudun sur la gauche, la rue Saint-Lazare sur la droite
Hôtel de Mlle Guimard
Entrée de l'hôtel du général Moreau

À l'angle du boulevard des Capucines, se trouvait l'hôtel de Montmorency, qui fit place au Théâtre du Vaudeville en 1869, puis au cinéma Paramount Opéra en 1927. Sa grande salle correspond aux fondations du grand salon de l'hôtel du XVIIIe siècle, dont la façade en rotonde a été conservée.

Le Cabaret de la Grande Pinte se trouvait à l'emplacement actuel de l'église de la Trinité. Ouvert en 1724, il pouvait accueillir 600 personnes pour des réjouissances populaires[1].

À l'angle du boulevard des Italiens se trouvait le Dépôt des Gardes-françaises construit par le colonel duc de Biron en 1764. Le 12 juillet 1789, un détachement des gardes françaises dut intervenir pour sauver son colonel M. Duchâtelet de l'effervescence populaire[2].

Plusieurs beaux hôtels (aujourd'hui disparus) furent construits dans la rue, car le quartier avait la réputation d'un air plus sain que le centre de Paris :

Surnommé « le temple de Terpsichore couronné par Apollon » en l'honneur de la maîtresse de maison, il comportait un théâtre de 500 places qui faisait concurrence à l'opéra.

Article détaillé : Hôtel de mademoiselle Guimard.
  • no 20 : En fond de parcelle, hôtel Lakanal dit également hôtel du général Moreau, construit en 1797 par l'architecte François-Nicolas Trou dit Henry pour Joseph Lakanal, ancien conventionnel et membre du Conseil des Cinq-Cents. C'est dans cet hôtel que fut préparé le coup d'État du 18 Brumaire. On ignore si Henry fut également l'architecte des maisons construites sur la rue, nos  18 à 22, pour lesquelles un permis de construire fut délivré au Sr Bonin en 1790. L'hôtel est un édifice de deux étages avec portique d'entrée présentant l'originalité d'un ordre ionique sans base. Une aile est ajoutée en 1801. Au milieu du XIXe siècle, l'hôtel et l'aile sont surélevés de deux niveaux et les façades sont modifiées. En 1977, 400 fragments sculptés appartenant à la façade de Notre-Dame de Paris sont retrouvés dans la cour de cet hôtel, notamment les têtes des statues des rois de Juda de la façade de la cathédrale, qui avaient été détruits par les révolutionnaires qui croyaient qu'il s'agissait des rois de France.
  • no 24 : ouverture en 1910 de la boutique d'Herminie Cadolle, la créatrice du soutien-gorge.
  • no 46 : hôtel de Mirabeau où il mourut le 2 avril 1791 après un repas bien arrosé avec le prince de Talleyrand et le littérateur italien Cérruti[3]. Sa mort provoqua une vive émotion et réunit des foules affligées. La rue fut rebaptisée rue Mirabeau, puis en 1793, à la disgrâce posthume de Mirabeau, rue du Mont-Blanc du nom d'un département nouvellement rattaché à la France. Elle retrouva son nom originel en 1815.
Article connexe : Département du Mont-Blanc.
Plaque rue Lafayette, 1.jpg

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, des magasins remplacent les anciennes résidences. En 1840, la rue est étendue au-delà de la rue Neuve-Saint-Augustin. Un côté des Galeries Lafayette, avec une entrée dédiée aux touristes étrangers, se trouve sur cette rue.

Elle devient le centre des quartiers bourgeois du Paris du début du XIXe siècle, habité surtout de la haute bourgeoisie orléaniste, et opposé au Marais peuplé de la noblesse et du clergé légitimiste[4].

Les premières rues à sens unique à Paris sont la rue de la Chaussée-d'Antin et la rue de Mogador le 13 décembre 1909[5].

Cette rue est desservie par les stations de métro Chaussée d'Antin - La Fayette et Trinité - d'Estienne d'Orves.

En littérature[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, les aristocrates de cette rue sont en rivalité permanente avec ceux du Faubourg Saint-Germain dans La Comédie humaine d'Honoré de Balzac. Si leurs blasons sont moins anciens, ils sont cependant plus riches et très puissants comme Frédéric de Nucingen ou Madame de Sérisy[6].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Alain Rustenholz, Les traversées de Paris : L'esprit de la ville dans tous ses quartiers, Paris, Parigramme,‎ septembre 2006, 647 p. (ISBN 2-84096-400-7).
  2. Le boulevard des Italiens, Paris-pittoresque.com
  3. http://www.paris-pittoresque.com/cafes/28.htm
  4. Jean-Luc Pinol, Atlas des Parisiens de la Révolution à nos jours, Parigramme, Paris, 2009, 288 p. (avec Maurice Garden).
  5. Daniel Chadych et Dominique Leborgne, Atlas de Paris : Évolution d'un paysage urbain, Paris, Parigramme,‎ décembre 1999, 199 p. (ISBN 2-84096-154-7).
  6. Anne-Marie Meininger et Pierre Citron, Madame de Sérisy, Index des personnages fictifs de la Comédie humaine, Paris, La Pléiade, 1991, t. XII, p. 1271-1272 (ISBN 2070108775)

Références[modifier | modifier le code]

  • Louis Lurine, ed. 1844 Les rues de Paris. Paris ancien et moderne

Liens externes[modifier | modifier le code]

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