Rue de l'Avenir (Exposition universelle de 1900)

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Le trottoir roulant
Panorama of the Moving Boardwalk, film de Thomas Edison

La « rue de l'Avenir » était un trottoir roulant installé lors de l'Exposition universelle de 1900, à Paris. Il a été conçu par les ingénieurs américains Schmidt et Silsbee[1], inventeurs du trottoir roulant lors de l'Exposition universelle de 1893 à Chicago.

Ce trottoir roulant parcourait une boucle de 3,5 kilomètres, autour du site de l'exposition, avec neuf stations. Il était installé sur un viaduc, à 7 mètres au-dessus du sol. Il était composé d'une plate-forme fixe et de deux plates-formes mobiles : la principale (2 mètres de large) qui circulait à 8 km/h, et un marche-pied d'accès (80 cm de large) à mi-vitesse. Le trottoir rapide permettait de faire le tour de la boucle en 26 minutes.

La plate-forme mobile pouvait recevoir simultanément 14 000 personnes ; durant l’après-midi du jour de Pâques, elle a transporté 70 000 personnes, alors que les lignes d’omnibus ou de tramways les plus fréquentées ne transportent guère qu’une quarantaine de milliers de voyageurs par jour en moyenne.

Un chemin de fer électrique Decauville suivait le même parcours, dans l'autre sens. La voie était tantôt aérienne et située à 7 mètres de hauteur comme les trottoirs mobiles, tantôt au niveau du sol et tantôt souterraine.

Sur ce thème, Georges Meliès réalise les films Panorama pris du trottoir roulant Champ de Mars et Les Visiteurs sur le trottoir roulant.

Parcours[modifier | modifier le code]

Plan de l'Exposition universelle de 1900, avec le parcours de la « rue de l'Avenir »

Le trottoir allait dans le sens inverse des aiguilles d'une montre en suivant le parcours : esplanade des Invalides, quai d'Orsay (« quai des Nations », le long de la Seine), Champ-de-Mars (le long de l'avenue de La Bourdonnais), avenue de La Motte-Picquet, rue Fabert, pour revenir aux Invalides.

Mécanisme[modifier | modifier le code]

Mécanisme du trottoir roulant

L’originalité du système de trottoirs mobiles, adopté pour l’Exposition de 1900, réside dans ce fait que les organes de propulsion sont absolument distincts des organes de soutien et de roulement. La propulsion est assurée pour chaque trottoir par un galet agissant par friction sur une poutre fixée suivant la ligne médiane des trucks et ceux-ci sont, de deux en deux, munis de deux paires de roues portées et guidées par des rails latéraux établis sous les planchers.

Les galets à friction sont montés sur un même arbre actionné par un treuil électrique fixe. Le bâti, qui porte la dynamo motrice, les galets et les rouages intermédiaires, est suspendu à un axe horizontal fixe supérieur ; il repose d’autre part à sa partie inférieure sur le milieu d’un ressort à lames (analogue à celui d’une voiture) dont les extrémités sont reliées par des tirants ou tiges filetées à l’ossature fixe de la plate-forme. On peut donc, à l’aide des écrous dont sont munis ces tirants, régler la hauteur des points d’attache et par conséquent la pression exercée par les galets de friction sur la semelle de la poutre axiale. La ligne comporte environ 150 treuils de ce genre. Le galet destiné à actionner la plate-forme à grande vitesse a un diamètre deux fois plus grand que le galet qui actionne la plate-forme à petite vitesse.

L’électricité nécessaire à la production du mouvement est fournie par l’usine des Moulineaux, de la Compagnie de l’Ouest ; le courant fourni est transformé en courant continu plus avantageux à cause de la facilité de démarrage qu’il procure et de la latitude qu’il donne pour le réglage des vitesses. Ce courant est amené aux plates-formes par 9 câbles et reçu sur un tableau de distribution qui permet d’obtenir la marche dans un sens ou dans l’autre, ou l’arrêt immédiat.

Notes et références[modifier | modifier le code]