Rue de l'Arcade

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8e arrt
Rue de l'Arcade
Rue de l'Arcade, Paris.
Rue de l'Arcade, Paris.
Situation
Arrondissement 8e
Quartier Quartier de la Madeleine
Début Boulevard Malesherbes
Fin 1 rue de la Pépinière et 139 rue Saint-Lazare
Morphologie
Longueur 511 m
Largeur 10 m
Historique
Création XVIIe siècle
Ancien(s) nom(s) Chemin d'Argenteuil ; Rue de la Pologne (1780)

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue de l'Arcade
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48° 52′ 23″ N 2° 19′ 27″ E / 48.873025, 2.324193 ()

La rue de l'Arcade est une voie du 8e arrondissement de Paris. Elle commence boulevard Malesherbes et se termine nos 1, rue de la Pépinière et 139 rue Saint-Lazare.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette rue occupe l'emplacement d'une ancienne chaussée qui menait à Argenteuil. Son nom, qui lui fut donné à la fin du XVIIIe siècle, fait allusion à une arcade en voûte, construite en 1651 et qui existait encore en 1850[1], qui reliait, à la hauteur des numéros 15 et 18, les propriétés que les Bénédictines de la Ville-l'Évêque avaient de part et d'autre de la route d'Argenteuil. Les jardins des Bénédictines s'étendaient de part et d'autre de la route tandis que le couvent lui-même se situait à l'angle de la rue de Surène et de la rue de l'Arcade, du côté des numéros pairs.

Une décision ministérielle du 21 prairial an X (10 juin 1802) et une ordonnance royale du 25 novembre 1836 ont fixé la largeur minimale de la rue de l'Arcade à 10 mètres. Cette ordonnance a également approuvé le prolongement de la rue jusqu'au boulevard Malesherbes. Une nouvelle ordonnance du 11 février 1840 prescrivit la suppression de la partie de la rue de l'Arcade formant retour sur la rue de la Madeleine (aujourd'hui rue Pasquier). Cette disposition, ainsi que celle prévoyant le prolongement de la rue, furent exécutées en 1841[2].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Immeuble du n°4.
  • nos 2-20 : emplacement de l'ancien prieuré des bénédictins de la Ville-l'Evêque loti à la fin du XVIIIe siècle.
  • no 11 : Hôtel Marigny : Albert Le Cuziat, ancien valet de chambre du prince Radziwill et de la comtesse Greffulhe, fit l'acquisition de cet hôtel en 1917 et y installa une maison de rendez-vous pour homosexuels surnommée le « Temple de l'Impudeur ». Lors d’une descente de police qui eut lieu après une dénonciation anonyme dans la nuit du 11 au 12 janvier 1918, plusieurs couples de majeur et de mineur furent surpris dans les chambres ainsi que Marcel Proust qui buvait du champagne dans le salon avec un caporal de vingt ans et neuf mois. L’écrivain fut fiché : « Proust, Marcel, 46 ans, rentier »[3]. L'établissement fut également fréquenté par l'infant Louis-Ferdinand d'Orléans[4].
  • no 14 : Le chanteur de tango Carlos Gardel (1890-1935) a vécu dans cet immeuble en 1933 (plaque commémorative).
  • no 17 : Hôtel Bedford : Hôtel de voyageurs fondé vers 1850 par une comtesse russe qui lui donna un nom anglais pour répondre à l'anglomanie de l'époque et attirer les touristes britanniques. Parmi les clients illustres de l'établissement figura l'empereur Pierre II du Brésil qui y vécut les dernières années de sa vie, jusqu'à sa mort en 1891. De nombreux musiciens ont aussi séjourné au Bedford, parmi lesquels le compositeur Camille Saint-Saëns en 1857, le compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos de 1952 à 1959 (plaque commémorative) ou, plus récemment, le violoniste Yehudi Menuhin. Depuis 1914, l'hôtel est resté dans la même famille suisse, les Berrut. En 1897, Sylvain Berrut, âgé de 19 ans, arriva à Paris de son village de Troistorrents, dans le canton du Valais et parvint à se faire engager comme groom avant de gravir tous les échelons jusqu'à devenir directeur, puis propriétaire de l'hôtel. L'établissement est aujourd'hui dirigé par ses petits-enfants.
  • no 34 : Immeuble datant de 1856, au décor de façade singulier.
  • no 38  : le vicomte d ' Arlincourt, poète royaliste, résidait à ce numéro en 1832 .
N°40 : décoration de l'immeuble d'angle.

Bâtiments détruits[modifier | modifier le code]

  • no 22 : Hôtel de Soyecourt[5] puis de Castellane puis de Lubersac : « Petite maison » construite par Pierre Contant d'Ivry pour le maréchal de Soubise et mise au goût du jour en 1780 par l'architecte Jacques Cellerier[6]. Le maréchal de Soubise y mourut en 1787[7]. Selon Charles Lefeuve écrivant en 1856 : « L'édifice est princier, malgré le peu d'étendue de ses proportions ; le corps de bâtiment du fond de la cour présente quatre colonnes doriques surmontées d'un frontispice sculpté avec goût et vigueur. Entrez, vous voilà l'hôte de M. le marquis de Lubersac dont la famille, bien connue, est originaire de la Bretagne. Avant les Lubersac, des Castellane y séjournaient. »[8] Détruit en 1825 par le percement de la rue de Castellane.
  • no 53[9] : Hôtel de Beauvoir : Construit pour Charles-Amable Hébert, marquis de Beauvoir (1740-1830), lieutenant général des armées du roi en 1816. Il fut également habité par la veuve de l'homme politique d'extrême-gauche Jacques-Antoine Manuel (1775-1827)[8].

Habitants célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Rochegude, Op. cit., p. 15
  2. Félix Lazare, Op. cit., p. 25
  3. suivant la fiche découverte par Laure Murat aux archives de la police dans le dossier de Le Cuziat : Laure Murat, « Proust, Marcel, 46 ans, rentier », La Revue littéraire, 2e année, no 14, mai 2005, p. 82-92.
  4. Christian Gury, Proust et le « très singulier » infant d’Espagne, Paris, Editions Kimé, collection « Détours littéraires », 2005
  5. prononcer Saucourt
  6. Michel Gallet, Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, Paris, Mengès, 1995, p. 108
  7. Rochegude, Op. cit., p. 16
  8. a et b Lefeuve, Op. cit., tome I, p. 157
  9. ou no 59 : donné par Lefeuve, Op. cit., tome I, p. 157 comme mitoyen de l'hôtel de Pancemont

Sources[modifier | modifier le code]

  • Félix Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Paris, Imprimerie de Vinchon, 1844-1849
  • Charles Lefeuve, Les anciennes maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Paris : C. Reinwald, 5e édition, 1875, 5 vol.
  • Félix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris. VIIIe arrondissement, Paris, Hachette, 1910