Rue de Siam

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Rue de Siam
Image illustrative de l'article Rue de Siam
La rue de Siam avec le tram brestois
Situation
Coordonnées 48° 23′ 14″ N 4° 29′ 24″ O / 48.387202, -4.49012548° 23′ 14″ Nord 4° 29′ 24″ Ouest / 48.387202, -4.490125  
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Ville Brest
Tenant Place de la Liberté
Aboutissant Place des Français Libres, pont de Recouvrance
Morphologie
Type Rue
Longueur 800 m
Histoire
Création XVIIe siècle
Anciens noms rue Saint-Pierre
Monuments Les fontaines contemporaines de Marta Pan, porte de l'ancien séminaire de Brest (XVIIIe siècle, Square du Commandant l'Herminier), Monument aux morts (XXe siècle, fermant la rue, place de la Liberté)

Géolocalisation sur la carte : Bretagne

(Voir situation sur carte : Bretagne)
Rue de Siam

Géolocalisation sur la carte : Brest

(Voir situation sur carte : Brest)
Rue de Siam

La rue de Siam est l’artère principale du centre-ville reconstruit de Brest. La rue Saint-Pierre, l'ancien nom de la rue, fut tracée par Vauban comme l'une des artères principales de la ville qu’était Brest, avec la Grand-rue (renommée rue Louis-Pasteur en 1907) plus importante. Elle doit son nom actuel au débarquement de trois ambassadeurs du roi de Siam Narai, menés par Kosa Pan, dans ce port, le 18 juin 1686. Accompagnés de six mandarins, trois interprètes, deux secrétaires et une vingtaine de domestiques, chargés de nombreux présents, ils venaient rendre visite au roi Louis XIV à Versailles. Venus par mer, ils avaient voyagé à bord des navires l’Oiseau et la Maligne.

Empruntant à pied la rue Saint-Pierre pour se rendre à l’hôtel du même nom, ils émerveillèrent les Brestois qui rebaptisèrent leur rue. La rue de Siam d’avant la Seconde Guerre mondiale était bien plus étroite que la rue de Siam actuelle, le centre-ville ayant été détruit quasiment en totalité par les bombardements alliés et les bulldozers de la Reconstruction.

Références culturelles[modifier | modifier le code]

La rue de Siam est connue pour avoir été citée par Jacques Prévert dans son poème Barbara. Dans un entretien télévisuel, le poète l'a décrite comme une rue chaude, dans tout le sens du terme, l'opposant au grand boulevard glacé qu'elle devint à la Reconstruction[1].

La rue de Siam d'avant-guerre fut aussi source d'inspiration de chants de marins, notamment la fameuse Complainte de Jean Quéméneur d’Henri Ansquer. Cette chanson, dont le nom originel est À Recouvrance[2], raconte l'histoire d’un pauvre Brestois qui n'eut pas de chance, qui vivait autour du port et de ses bistrots, et qui n'avait jamais navigué. Cette chanson est surtout l'occasion d'une promenade dans Recouvrance où les marins de la caserne du 2e dépôt venaient dépenser leur maigre solde dans les caboulots de la rue de Siam.

En 1941, dans son roman L'Ancre de Miséricorde, Pierre Mac Orlan situe dans cette rue la maison de son héros Yves-Marie Morgat, dit Petit Morgat. Son père, Jean-Sébastien Morgat (Grand Morgat) y tient uncommerce de fournitures maritimes (shipchandler).

Plus récemment, la rue a aussi été citée par Miossec dans sa chanson Brest, reprise par Nolwenn Leroy dans l'album Bretonne ; on peut aussi citer le groupe Marquis de Sade qui nomma un de leur album du nom de la rue[3].

On trouve également mention de la rue de Siam dans l'ouvrage semi-autobiographique de Jack Kerouac, Satori in Paris, lors de son arrivée à Brest en 1965.

Réputation[modifier | modifier le code]

La rue de Siam est connue des marins du monde entier. Ceux qui ont fait escale au moins une fois à Brest, se souviennent toute leur vie de cette rue au nom court, facile à retenir. Quand on fait du cabotage le long des côtes africaines, c'est très souvent que l'on rencontre des Bretons, cadres du port de commerce, employés locaux, parachutés loin de leur Brest natal, évoquant la rue de Siam comme d'autres la tour Eiffel ou l'Acropole.[réf. nécessaire]

Gravure française de l'ambassadeur siamois Kosa Pan, en 1686

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Histoire récente[modifier | modifier le code]

La rue de Siam commence d'un côté du pont de Recouvrance qui enjambe la Penfeld. Recouvrance est un quartier populaire, celui du vieux Brest qui contraste avec la rue de Siam où, dans les années 1950-1960, se trouvaient les boutiques et les cafés chics de la ville. Dans le bas de la rue de Siam, il y avait à droite le café de l'Épée et à gauche le restaurant Les Antilles. Les aspirants et officiers de toutes nationalités prenaient l'apéritif à l'Épée puis traversaient la rue de Siam pour aller dîner aux Antilles.

L'ancienne rue de Siam[modifier | modifier le code]

Le vieux Brest (sur rive gauche de la Penfeld) avait été organisé par Vauban autour de deux rues principales qui partaient de la porte Landerneau : La Grand-rue (renommée rue Louis-Pasteur en 1907), l’artère principale de la ville et la rue de Siam. La rue de Siam était étroite et se terminait pas un virage au niveau du pont National qui reliait les deux rives de la ville. Le péril jaune, surnom de l'ancien tram de Brest, y passait tout de même.

Article détaillé : Le vieux Brest.

Au milieu de la rue de Siam se trouvait l’Hôtel Saint-Pierre[4], siège de la préfecture maritime de Brest de de 1800 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale (la porte de l'ancien séminaire de Brest fut remonté à cette endroit à la Reconstruction). Dans les jardins de l’Hôtel Saint-Pierre, fut transféré en 1912, Le triomphe d'Amphitrite d'Antoine Coysevox, donné à la ville de Brest en 1801[5]. Après avoir été évacuée pendant la guerre, la statue ne fut étonnamment jamais ramenée à Brest mais transférée au musée du Louvre à la Libération, ainsi que les autres statues de Coysevox données à Brest en 1801[6], laissant le piédestal orphelin. Ce dernier fut remonté dans le Château de Brest, en face de la nouvelle Préfecture maritime.

Article détaillé : Le triomphe d'Amphitrite.

Rue de Siam et plan Mathon[modifier | modifier le code]

La rue de Siam avait été pensée comme l’axe majeur de la ville reconstruite par Jean-Baptiste Mathon. Elle poursuit la perceptive monumentale de la Place de la Liberté en une artère rectiligne qui n'a plus grand chose à voir avec la rue d'avant-guerre. La rue croise en son centre l'axe mineur de la ville, au niveau des fontaines de Marta Pan et de la librairie Dialogues[7]. La partie haute de la rue est l'un des rares espaces unis et cohérents architecturalement parlant, de style 1940 (façades monumentales d'inspiration classique et moderne) du centre-ville reconstruit, avec la place de la Liberté qu'elle prolonge. On remarquera que, contrairement à l'ancienne rue de Siam qui était coudée, la rue actuelle s'ouvre sur la rade de Brest, et est particulièrement exposée au vent.

Les fontaines de Marta Pan[modifier | modifier le code]

Les Lacs de Marta Pan

Les fontaines de Marta Pan (1988) en plein centre de la rue de Siam sont emblématiques de la volonté des municipalités successives de Brest d'embellir la ville par des œuvres contemporaines dans les années 1980. Elles sont situées à l’intersection des axes majeurs et mineurs du centre ville reconstruit. Ces fontaines en granite noir d'Afrique du Sud - dont le coût avait défrayé la chronique à l'époque, ainsi que le résultat -, Marta Pan les avaient appelé les Lacs et elles étaient le prélude à une tentative avortée de remodeler l'ensemble de la rue de Siam qui devaient former un parcours d'eau. Ce parcours devait prendre comme source la place de la Liberté, se continuer dans la partie existante, et se terminer en delta, dans la partie basse de la rue. Un changement de majorité à la mairie a eu raison de ce projet. À noter que Bernard Huet a en partie repris l'idée du parcours d'eau, ainsi que celle de fosse, lorsqu'il a rénové l'ensemble place de la Liberté et Square Mathon (terminé en 1999).

La rue de Siam au début des années 2010[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1990 et 2000, la rue de Siam perdit beaucoup de son attractivité au profit de la rue Jean-Jaurès. Néanmoins, on y trouve toujours la librairie Dialogues et le quartier a tout de même su conserver quelques boutiques les plus chics de la ville. La municipalité chercha donc à redynamiser la rue en profitant notamment de la construction du tramway. La rue est maintenant piétonne, si on exclue le passage du tram ; la morphologie de la rue a aussi beaucoup évolué, dont surtout la partie basse de la rue de Siam avec le réaménagement de la place des Français Libres en une esplanade surplombant la Penfeld. Toujours dans le cadre de ces travaux, une œuvre d'art contemporain mêlant métal et branchages, l'Arbre emphatique du sculpteur barcelonais Enric Ruiz Geli, est installée au bas de cette place[8].

Rue de Brest à Bangkok[modifier | modifier le code]

Le 15 février 2013, la rue Charoenkrung Soi 36 à Bangkok a été rebaptisée « Rue de Brest » en présence de M. François CUILLANDRE, Maire de Brest aux côtés de M. Thierry Viteau, l’Ambassadeur de France en Thaïlande ainsi que le Secrétaire permanent adjoint de la Ville de Bangkok et un représentant du ministère de la Culture du Royaume de Thaïlande[9]. Cette « Rue de Brest » est celle qui longe l’Ambassade de France à Bangkok.

Pour l'occasion, des musiciens du bagad Kerlenn-Pondi de Brest, ainsi qu'un cercle d’étudiants thaïlandais de l’Université Rangsit à Bangkok étaient présents pour un spectacle de danses bretonnes. Une exposition réalisée par les Archives municipales de la ville de Brest retraçant l’histoire de la rue de Siam à Brest du 17ème siècle à 2013 a également été présentée sur le mur extérieur de l’Ambassade de France à Bangkok.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Daniel Le Couédic, Carmen Popescu et Rachel Sattolo, Art public et projet urbain : Brest, 1970-2000, Rennes, PUR,‎ 2008 (ISBN 978-2-7535-0537-7)

  1. http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/RXF01008825/jacques-prevert-a-propos-de-brest.fr.html Site de l'INA: Jacques Prevert à propos de Brest
  2. Lettre d'Henri Ansquer à Pierre Péron :

    Mon cher Compatriote


    Oui, ce que vous appelez la Complainte de Jean Quéméneur est bien de ma composition, et fut créée, autant qu'il m'en souvient, en 1912, à Brest, au Théâtre-Municipal (direction Léon Dorfer) dans une revue à grand spectacle, également de moi : Encore des commérages, ma pauv’ fille ! mais le vrai titre de cette complainte est À Recouvrance.

    Tiré du livre : À Recouvrance (la complainte de Jean Quéméneur) Henri Ansquer – Dessins Pierre Péron – Éditions de la Cité, Brest, 1964

  3. http://www.dailymotion.com/video/x7bhib_rock-a-brest_creation?search_algo=1 Rock à Brest, extrait des vidéos de TchikiSteph
  4. Situé du côté sud de la rue de Siam (centre-ville) cet ancien hôtel particulier abrite la Préfecture maritime de 1800 à 1944.
  5. Dictionnaire biographique de Coysevox
  6. Fiche de la Statue Amphitrite sur le site du musée du Louvre
  7. Alain Boulaire et René Le Bihan, Brest, Éditions Palantines, juin 2004, Eurografica, Vicenza Italie, (ISBN 2-911434-38-2), pages 154 à 168
  8. A Brest, l’arbre emphatique s'installe en bas de la rue de Siam
  9. « Cérémonie de baptême de la « Rue de Brest » à Bangkok », sur Ambassade de France à Bangkok,‎ 25 avril 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]