Rudolf Schmundt

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Rudolf Schmundt
Image illustrative de l'article Rudolf Schmundt

Naissance
Metz, Reichsland Elsaß-Lothringen
Décès
Rastenburg, Allemagne
Origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand (jusqu'en 1918),
Flag of Germany (3-2 aspect ratio).svg République de Weimar (jusqu'en 1933),
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Grade General der Infanterie
Années de service 1914 – 1944
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement Chefadjutant der Wehrmacht
Chef des Heerespersonalamtes (1938-1944)
Distinctions Ordre allemand
Hommages Victime de l'attentat du 20 juillet 1944

Rudolf Schmundt () est un général de corps d'armée allemand de la Seconde Guerre mondiale. Officier d'état-major, le général Schmundt est l’une des victimes collatérales de l’attentat du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler. Il a reçu la très rare Croix en or de l'Ordre allemand[note 1], à titre posthume, le 7 octobre 1944.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille de militaires de carrière, Rudolf Schmundt naît le 13 août 1896, à Metz, une ville de garnison animée du Reichsland Elsaß-Lothringen[1]. Avec sa ceinture fortifiée, Metz est alors la première place forte du Reich allemand[2], constituant une pépinière de militaires d'exception[note 2]. Le jeune Rudolf fait ses études dans le Brandebourg. Comme son compatriote Erich von Brückner, Rudolf Schmundt se tourne ensuite naturellement vers le métier des armes.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Quand la Première Guerre mondiale est déclarée, Rudolf Schmundt sert dans le régiment de son père, Richard Schmundt, comme Fahnenjunker, puis comme officier subalterne. Schmundt est promu Leutnant, sous-lieutenant, le 22 mars 1915. Rudolf Schmundt est blessé au combat le 20 mai 1915, et reçoit peu après la Croix de fer, IIe classe. Nommé Bataillons-Adjutant le 15 mars 1916, il recevra un peu plus tard la Croix de fer Ire classe. En juillet 1917, Schmundt est nommé aide de camp à l'état major de sa division[3]. Le sous-lieutenant Schmundt participe aux combats sur la Somme, sur la Marne et en Champagne.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Après l'Armistice de 1918, le jeune officier s'engage dans le Detachement Graf Stillfried, une unité des Corps franc, formée à Berlin pour contrer la Révolte spartakiste de Berlin. En 1919, l'unité est intégrée au 35e Füsilierregiment du Reichswehr-Infanterie-Regiment 5. Rudolf Schmundt sert comme officier d'ordonnance. Son régiment étant réorganisé en 1921, Schmundt rejoint le 9e Infanterie-Regiment prussien, stationné à Potsdam. Officier de compagnie en 1924, il suit une formation en 1925. Promu Oberleutnant, lieutenant le 1er mai 1926, il est nommé un mois plus tard officier dans le 1er bataillon du 9e Infanterie-Regiment. Le 14 octobre 1926, Rudolf Schmundt se marie à l'église de garnison de Potsdam, où il connaît des jours sereins. En mars 1929, le lieutenant Schmundt suit une formation pour les officiers d'état-major. Le 1er octobre, il est affecté à l'état-major de la 1re division affecté au Wehrkreis I, près de Königsberg. Schmundt est promu Hauptmann, capitaine, le 1er 1931. Après une nouvelle formation, Rudolf Schmundt est affecté, en octobre 1932, dans la Heeres-Organisations-Abteilung, le département chargé de l'organisation de l'armée de terre à l'état-major général. Il travaille avec Wilhelm Keitel et Alfred Jodl, qui feront plus tard partie du cercle restreint de Hitler[4]. Le capitaine Schmundt est nommé chef de compagnie le 1er juin 1935 au 3e Infanterie-Regiment à Allenstein. Dans cette unité, Schmundt est promu Major, commandant, le 1er janvier 1936. En octobre 1936, le commandant Schmundt est affecté à l'état-major de la 18e division d'infanterie, une division d'infanterie motorisée de la nouvelle Wehrmacht. Après l'Affaire Blomberg-Fritsch, le commandant Schmundt est nommé Chefadjutanten der Wehrmacht à l'OKW. Promu Oberstleutnant, le 1er octobre 1938, Rudolf Schmundt est promu Oberst le 4 août 1939. À ce poste, Rudolf Schmundt servira d'intermédiaire entre les officiers supérieurs d'une part, et le chancelier Hitler, d'autre part, essayant souvent de concilier des points de vues opposés[5].

Staff de Hitler en juin 1940. Schmundt, 2e rang, juste derrière le chancelier Hitler.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Rudolf Schmundt reste à son poste à l'Oberkommando der Wehrmacht. Chef du service du personnel de l’armée allemande, le colonel Schmundt est promu Generalmajor, général de brigade, le 1er janvier 1942. Signe du destin, le général Schmundt échappe une première fois, à son insu, à une tentative d'attentat contre Hitler, le 13 mars 1943[6]. Une bombe, placée dans l’avion qu’il prenait avec le Führer pour rentrer de Smolensk à Berlin, n’explosa pas, probablement à cause du froid en altitude[6]. Le 1er avril 1943, Schmundt est promu Generalleutnant, général de division.

Au faîte de sa carrière, le général Rudolf Schmundt est une victime collatérale de l’attentat du 20 juillet 1944, qui visait Adolf Hitler. Claus von Stauffenberg profite d’une réunion à la Wolfsschanze, la « tanière du loup », pour faire exploser une bombe en présence du Führer. La mallette, contenant les explosifs, explose près de Schmundt, faisant plusieurs autres victimes. Hitler en sort légèrement blessé. Le colonel von Stauffenberg avait bien placé la bombe à côté du dictateur, mais le colonel Heinz Brandt l’avait ensuite déplacée derrière un pied de table massif, sauvant involontairement la vie du chancelier allemand. Grièvement blessé dans l’attentat, le général Schmundt décède finalement de ses blessures, le 1er octobre 1944. Le 7 octobre 1944, Rudolf Schmundt est inhumé, avec les honneurs militaires, au cimetière des Invalides de Berlin. Prononçant son oraison funèbre, le général Heinz Guderian n'hésita pas à le qualifier de « compagnon de route indispensable » pour Hitler[7].

Plan de l'attentat du 20 juillet 1944, Schmundt (n°7) était face à la bombe.

Promu General der Infanterie, général de corps d'armée dans l'infanterie, avec effet rétroactif au 1er septembre 1944, Rudolf Schmundt reçut en outre, à titre posthume, la Croix de l'Ordre allemand en or, le 7 octobre 1944. En tant que chef d’état-major, il fut remplacé par le général Wilhelm Burgdorf, son adjoint.

Promotions[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Contrairement à la Croix allemande, la Croix en or de l'Ordre allemand n'a été décernée qu'à une poignée de personnalités politiques allemandes durant la Seconde Guerre mondiale, principalement à titre posthume.
  2. Plus d'une trentaine de généraux et des dizaines d'officiers supérieurs allemands, pour la plupart actifs durant la Seconde Guerre mondiale, verront le jour à Metz, avant 1918.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L’Express, n° 2937, du 18 au 24 octobre 2007, dossier « Metz en 1900 »
  2. François Roth : Metz annexée à l’Empire allemand, In François-Yves Le Moigne, Histoire de Metz, Privat, Toulouse, 1986, (p.350).
  3. Dermot Bradley; Richard Schulze-Kossens (dir.): Tätigkeitsbericht des Chefs des Heerespersonalamtes General der Infanterie Rudolf Schmundt, Osnabrück 1984 (p. 15).
  4. Reinhardt Stumpf: General der Infanterie Rudolf Schmundt. In: Gerd R. Ueberschär (dir.): Hitlers militärische Elite. Bd. 2, Darmstadt, 1998 (p. 228).
  5. Johannes Hürter: Schmundt, Rudolf, in: Neue Deutsche Biographie, Bd.23, Berlin, 2007 (p.267).
  6. a et b Claude Paul Pajard :La bouteille de Cognac qui faillit tuer Hitler, dans Les grandes énigmes de la Seconde Guerre mondiale, éd. de Saint-Clair, Paris, 1965 (p.10-36).
  7. Die Rede ist abgedruckt in: Dermot Bradley, Richard Schulze-Kossens (dir.): Tätigkeitsbericht des Chefs des Heerespersonalamtes General der Infanterie Rudolf Schmundt, Osnabrück, 1984 (p.61-62).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Hermann Weiß: Biographisches Lexikon zum Dritten Reich, Frankfurt, 2002, p. 411.
  • Johannes Hürter: Schmundt, Rudolf. In: Neue Deutsche Biographie (NDB). Band 23, Duncker & Humblot, Berlin 2007, p. 267.
  • Reinhard Stumpf: General der Infanterie Rudolf Schmundt; in: Gerd R. Ueberschär (Hrsg.): Hitlers militärische Elite. Vom Kriegsbeginn bis zum Weltkriegsende Bd. 2, Primus Verlag, Darmstadt 1998.

Liens externes[modifier | modifier le code]