Rudolf Nissen

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Rudolf Nissen, né le 5 septembre 1896 à Neisse, en Haute-Silésie et décédé le 22 janvier 1981 à Riehen, en Suisse était un chirurgien allemand.

En 1933, il était médecin-chef à l’hôpital Charité de Berlin et professeur à l’université de Berlin. Il avait décidé de quitter l’Allemagne si les nazis arrivaient au pouvoir. Le 31 janvier 1933, il refusa de rester et d’occuper une « position d’exception », à cause de l’influence de Göring parmi les universitaires persécutés en raison de leurs origines. Le 31 mars, un jour avant le « boycott des magasins juifs », Nissen quitta l’Allemagne et pria son chef Sauerbruch de le révoquer. Celui-ci espérait encore que les choses s’arrangeraient et il accorda à Nissen un « congé pour études ». Nissen revint brièvement en Allemagne, il épousa Ruth Becherer. Pendant le voyage de noces à Paris, il fut informé qu’il devait se rendre à Zurich et entamer des négociations avec l’Association d’aide aux scientifiques allemands à l’étranger à propos d’une chaire à Istanbul. Le 1er octobre, Nissen commença à travailler comme professeur de chirurgie et directeur de la clinique chirurgicale à l’université d’Istanbul. En 1969, Nissen écrivait dans ses mémoires à propos de ses étudiants : « Ils étaient intéressés, très intelligents pour la plupart et d’une politesse irréprochable. Environ la moitié étaient dans l’armée ; après l’examen final ils devenaient médecins militaires. Mais même la plus grande partie des étudiants civils voyait ses études payées par l’État, en contrepartie d’un engagement de dix ans comme médecins de la fonction publique en Asie Mineure. » En 1935, Nissen, qui avait été mis en disponibilité pour deux ans par l’université de Berlin, demanda à ce qu’elle soit prolongée, l’université refusa, son autorisation d’enseigner devint de fait caduque. Comme celui-ci s’était ­prononcé contre l’exclusion des avocats en raison de leurs origines juives ou de leurs convictions politiques, on le menaça de lui retirer son notariat, et il préféra se suicider³. Ruth Nissen en a probablement parlé à ses relations d’Istanbul. Scurla écrivit à son sujet : « Fait de la propagande contre le IIIe Reich ». En 1936, Ferdinand, le frère de Nissen, arriva en Turquie avec sa famille. En 1938, ils partirent pour les États-Unis. Rudolf Nissen ne travaillait pas seulement dans sa clinique à Istanbul mais « se déplaçait aussi dans les villes et les villages d’Anatolie où il opérait en général gratuitement ou formait du personnel médical. » En 1938, le contrat de Nissen expira. À la demande du recteur de l’université et du Premier ministre turc, il accepta de rester à Istanbul. Mais ayant attrapé la tuberculose, il fut obligé de se mettre en congé ; il se rendit aux États-Unis avec sa famille. Nissen accepta un poste au General Hospital à Boston. Après avoir occupé plusieurs postes dans différents hôpitaux et avoir été nommé professeur à l’université de Long Island à New York, il se décida à rentrer en Europe mais pas en Allemagne. En 1952, il obtint une chaire à l’université de Bâle où il enseigna jusqu’à son éméritat en 1967.


Il est connu pour avoir inventé la fundoplicature de Nissen (traitement chirurgical du reflux gastro-œsophagien) en 1955.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Dirk Halm et Faruk Sen (Dir.), Exil sous le croissant et l'étoile. Rapport d'Herbert Scurla sur l'activité des universitaires allemands en Turquie pendant le IIIe Reich, éditions Turquoise, 2009.