Rudolf Diels

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Portrait de Rudolf Diels, en 1934.

Rudolf Diels, né le 16 décembre 1900 et mort le 18 novembre 1957, homme politique allemand et protégé de Hermann Göring, dirigea la Gestapo de 1933 à 1934.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études, carrière et ascension dans la police[modifier | modifier le code]

Né à Berghaus dans le Taunus, il est le fils d’un fermier. Il sert dans l’armée pendant la Première Guerre mondiale après laquelle il suit des études de droit à l’université de Marbourg à partir de 1919. Il rejoint le ministère prussien de l’Intérieur en 1930. En 1932, il est promu comme conseiller dans la police politique prussienne (section IA) pour lutter à la fois contre les nazis et les communistes[1]. Quand Adolf Hitler arrive, Diels est à la tête de la police politique prussienne à Berlin.

Nommé ministre-président de Prusse en 1933, Hermann Göring est impressionné par le travail de Diels et par son récent engagement dans le parti nazi. En avril, il le nomme à la tête de la nouvelle section de la police prussienne, chargée des crimes politiques, le département 1A rapidement renommé Gestapo (Geheime Staatspolizei ou police secrète d’État). Diels est le principal interrogateur de Marinus van der Lubbe accusé de l’incendie du Reichstag du 27 février 1933.

Au milieu des jeux de pouvoirs[modifier | modifier le code]

Diels attire rapidement l’attention des rivaux politiques de Göring, Heinrich Himmler et Reinhard Heydrich qui veulent prendre le contrôle de l’appareil policier. À peine nommé à la tête de la Gestapo, Himmler révoque Diels le 1er avril 1934, qui est rapidement remplacé par Heinrich Müller. Himmler et Heydrich inscrivent Diels sur la liste des personnes à assassiner lors de la nuit des Longs Couteaux : il n’échappe à la mort que grâce à l’intervention de Göring[2].

Diels occupe ensuite brièvement la fonction de président suppléant de la police de Berlin avant de devenir Regierungspräsident du gouvernement régional de Cologne.

Ses relations restent étroites avec Göring, dont il épouse une cousine. Göring lui évite la prison à plusieurs reprises, notamment en 1940 lorsque Diels refuse d’arrêter des Juifs, puis lors de la vague de répression qui suit la tentative d’attentat contre Hitler du 20 juillet 1944. À cette occasion, il lui sauve la vie pour la seconde fois.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Lors du procès de Nuremberg, il présente un affidavit au ministère public. Il est appelé à témoigner par l’avocat de la défense de Göring.

Après la guerre, il travaille pour le gouvernement de Basse-Saxe à partir de 1950, puis au ministère de l’Intérieur jusqu’à sa retraite, en 1953. Il meurt le 8 novembre 1957 lors d’un accident de chasse.

Les Mémoires de Diels Lucifer Ante Portas: Von Severing bis Heydrich, sont publiées en 1950. Un ouvrage moins douteux est publié en 1954, après sa retraite, Der Fall Otto Johns.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ewan Butler & Gordon Young, Goering: Tel qu'il fut, Paris, Fayard, 1952, p. 143.
  2. M. Gallo, La Nuit des Longs Couteaux, p. 115

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :