Ruža Tomašić

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Ruža Tomašić
Fonctions
Députée européenne
En fonction depuis le 1er juillet 2013
Élection 14 avril 2013
Réélection 25 mai 2014
Législature VIIe, VIIIe Parlement européen
Biographie
Date de naissance 10 mai 1958 (56 ans)
Lieu de naissance Mladoševica (Bosnie-Herzégovine)
Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie RFP Yougoslavie
Nationalité Yougoslave puis croate
Parti politique Parti du droit-Ante Starcevic
Profession Policière

Ruža Tomašić (née le 10 mai 1958 à Mladoševica en Bosnie-Herzégovine, Yougoslavie) est une personnalité politique croate, leader du Parti croate du Droit - Ante Starčević et membre du Sabor. Alliée au HDZ, elle est élue députée européenne le 14 avril 2013 avec plus de voix de préférence (64 758 voix) que tous ses alliés. Son mandat débute le 1er juillet 2013 avec l'adhésion de la Croatie à l'Union européenne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Née dans une famille de modestes paysans en Bosnie-Herzégovine, elle a cinq ans quand ses parents déménagent en Slavonie, région agricole située dans le nord de la Croatie (ces pays faisant alors partie de la Yougoslavie). Son père, anticommuniste, est plusieurs fois emprisonné. Ruža a sept frères et sœurs, dont cinq, comme elles, quittent le pays afin de trouver une vie meilleure : en 1974, à l'âge de 15 ans, elle rejoint l'une de ses sœurs vivant à Vancouver, au Canada et travaille pour la chaîne de restaurants KFC ; elle part ensuite pour Toronto, fâchée avec son aînée dont elle devait initialement garder les enfants. Elle travaille pour une société de gardiennage la nuit, reprenant ses études secondaires le jour. Elle obtient le baccalauréat puis intègre l'école de police de l'Ontario ; en 1984, à 25 ans, elle est la première policière du Canada à circuler dans une unité roulant en Harley-Davidson.

Elle reste liée avec la Croatie au travers de l'association des Croates de Toronto ; cette communauté, essentiellement de la droite nationaliste opposée au régime communiste de Tito, lève des fonds pour l'opposant Franjo Tudjman et se réunit à chaque fête nationale devant l'ambassade yougoslave. Lorsque celui-ci est élu président en 1989 et visite le Canada, Ruža Tomašić est chargée d'assurer sa sécurité ; en retour, il lui demande de revenir dans son pays et de s'occuper de sa protection rapprochée. Laissant son mari, également immigré croate épousé trois ans plus tôt et leurs deux enfants à Toronto, elle revient en Croatie : « J'ai découvert mon pays, arpenté ses lieux de mémoire. Lorsque j'étais enfin, nous étions trop pauvres pour voyager. Mêmes les visites organisées par l'école m'étaient interdites, faute d'argent ». En 1992, malade d'un cancer, elle revient se faire soigner à Toronto, n'étant totalement guérie qu'en 1996. Elle revient avec sa famille en 1998, à la fin des guerres des Balkans.

Députée nationale puis européennes[modifier | modifier le code]

Elle poursuit son militantisme au sein d'une formation ultranationaliste, le Parti du droit, héritier d'un mouvement du même nom de 1861, fondé contre l'empire austro-hongrois, par opposition au HDZ, parti conservateur de Tudjman puis repris par Ivo Sanader, devenu pro-européen. Elle est élue députée au Parlement croate (Sabor) en 2003 et mène une lutte efficace contre la mafia de sa circonscription, n'hésitant par exemple pas à dénoncer les coupables dans les médias et à faire enfermer certains trafiquants. Elle ne se représente pas en 2007, son parti ayant implosé, elle-même s'en étant fait exclure. Elle crée alors une nouvelle formation, le Parti du droit-Ante Starcevic et redevient députée à la faveur des élections législatives de 2011.

Ruža Tomašić vote en 2012 contre l'entrée de la Croatie dans l'UE mais est élue députée européenne en 2013 ; elle devient alors l'égérie du camp souverainiste et nationaliste, et est surnommée « hrvatska Ruza » (« la rose croate »). Elle refuse toutefois l'étiquette d'eurosceptique, considérant que si la Croatie doit rejoindre l'Europe, il est encore trop tôt et que le pays doit encore gagner sur le plan économique afin de ne pas être considéré comme « en position d'infériorité »[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Lagarde, « Ruža Tomašić - la Croatie d'abord », in L'Express n°3234, semaine du 26 juin 2013, pages 50-53.