Royaume de Lorri

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Lorri
Լոռու Թագավորութուն (hy)

9721118

Description de cette image, également commentée ci-après

Le royaume de Lorri en 1017.


Informations générales
Capitale Loré
Histoire et événements
972 Fondation du royaume.
Début du XIe siècle Apogée du royaume.
1064 Soumission aux Seldjoukides.
1118 Intégration à l'Arménie zakaride.
Rois
972-989 Gourgen Ier
989-1048 David Ier
1048-1089 Gourgen II
1089-1113 David II et Abas Ier

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le royaume de Lorri ou Lôrê (en arménien Լոռու Թագավորութուն) ou royaume de Tachir-Dzoraget est un royaume arménien des Xe - XIIe siècles fondé par les Kiourikides, une branche cadette des Bagratides. Il correspond au nord-est de l'Arménie actuelle et comprenait des territoires aujourd'hui géorgiens et azerbaïdjanais. Jusqu'à sa chute en 1113, le royaume connaît une paix propice au développement de la vie culturelle, concrétisée notamment par la fondation et le développement de plusieurs monastères, dont Haghpat et Sanahin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le royaume de Lorri dans l'Arménie bagratide, vers l'an mil.

En 972, le roi d'Arménie Achot III donne à son fils cadet Gourgen la province de Lorri, ainsi que le titre princier. La même année, ou en 980 (voire en 982[1]), Gourgen prend le titre de roi, inaugurant la lignée des rois bagratides de Lorri[2]. Achot a établi ce royaume, probablement dans le but d'arméniser politiquement et culturellement les confins arméno-géorgiens[1].

Dès la fin du Xe siècle, alors que les royaumes bagratides et arçrouni de Grande-Arménie tombent les uns après les autres dans l'escarcelle byzantine (le Taron en 968[3], le Tayk en 1001[4], le Vaspourakan en 1021[5] ou 1022[6], Ani en 1045[7], Kars en 1065[8]), seul le Lorri échappe aux empereurs[8]. Le royaume, qui connaît son apogée sous le règne de David Ier Anholin, s'étend vers le nord-est et soumet l'émir de Tiflis ; David bâtit une nouvelle ville, Loré, que son fils Gourgen II prend pour capitale[2].

Le royaume se maintient mais doit également faire face à l'apparition des Seldjoukides, et Gourgen se soumet à Alp Arslan en 1064 ; sa capitale et les monastères de Haghpat et de Sanahin sont ravagés en 1105[9]. En 1113, ses fils se réfugient à Tavush (abandonnée en 1145) et à Matznaberd[9]. Ce n'est qu'à la fin de ce même siècle que, profitant du démembrement de l'Empire seldjoukide, les Bagratides de Géorgie, avec David IV le Reconstructeur et Georges III, aidés notamment de nakharark réfugiés en Géorgie[10], commencent à libérer l'Arménie septentrionale et donc l'ancien royaume[11]. En 1118, Lorri et Akhtala sont ainsi prises[12]. L'ancien royaume est alors intégré à l'Arménie zakaride des princes Zakarian[13].

Liste des rois de Lorri[modifier | modifier le code]

Les rois de ce royaume, puis, à partir de 1113, les seigneurs de Matznaberd, sont les suivants[14] :

Souverains Titre Dates Notes
Gourgen Ier, Cyriaque Ier ou Kiourikê Ier († 991) prince de Taschir 966-972 fils d'Achot III Olomadz.
roi d'Aghbanie 972-991
David Ier Anholin († 1048) roi de Lorri 991-1048 fils de Gourgen Ier.
Smbat Ier co-roi de Lorri
Gourgen II, Cyriaque II ou Kiourikê II († 1089) roi de Lorri 1048-1064 fils de David Ier.
curopalate de Lorri 1064-1089
Smbat II co-roi de Lorri 1063-?
David II et Abas Ier curopalates de Lorri 1089-1113 fils de Gourgen II.
David II seigneurs de Matznaberd 1113-v.1145
Abas Ier seigneurs de Tavouch
Gourgen III, Cyriaque III ou Kiourikê III seigneur de Tavouch et de Matznaberd v.1145-v.1185 fils de David II.
Abas II seigneur de Tavouch et de Matznaberd v.1185-v.1192 fils de Gourgen III.
Aghsartan Ier ou Alsartan Ier seigneur de Matznaberd v.1192-v.1236 fils naturel d'Abas II.
Gourgen IV, Cyriaque IV ou Kiourikê IV seigneur de Matznaberd v.1232-v.1236 fils d'Aghsartan Ier.
Pahlavan seigneur de Matznaberd v.1236-v.1256 fils de Gourgen IV
Taqiaddin seigneur de Matznaberd v.1256-v.1259

Le monastère de Haghpat abrite les tombes de plusieurs d'entre eux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Grousset 1947, p. 508.
  2. a et b Garsoïan 2007, p. 271.
  3. Cheynet 2006, p. 33.
  4. Cheynet 2006, p. 37.
  5. Cheynet 2006, p. 38.
  6. Cheynet et Dédéyan 2007, p. 312.
  7. Cheynet 2006, p. 41.
  8. a et b Cheynet et Dédéyan 2007, p. 313.
  9. a et b Garsoïan 2007, p. 272.
  10. Hacikyan 2002, p. 185.
  11. Dédéyan 2007, p. 329.
  12. Bedrosian 1979, p. 87-88.
  13. Dédéyan 2007, p. 330.
  14. Toumanoff 1990, p. 125-126 et 569.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]