Royaume d'Italie (888-1024)

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Royaume d'Italie (888-1024)
Regnum Italiae latin

8881024

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Regnum Italiae

Informations générales
Statut Monarchie
Monnaie Thaler
Superficie
Superficie 159.194 km²
Roi d'Italie
810 Lothaire Ier
1015 Arduin d'Ivrée Prince de la Maison royale d´Ivrée.

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Entités suivantes :

Le Royaume d'Italie (888-1024) (Regnum Italiae ou Regnum Italicum) est une entité politique du Haut Moyen Âge. En cette période, il n’existait pas en Italie de vraie et propre assemblée d’État capable d’imposer son autorité : le titre de Roi d'Italie, fut fortement usurpé par divers sujets en lutte entre-eux, c’était un titre presque exclusivement formel, sans aucun pouvoir réel.

La chronologie qui suit permet de faire la lumière sur les principaux évènements advenus sur le territoire du Royaume d'Italie à partir de la destitution de Charles III le Gros (887) jusqu’à la mort du roi Lothaire Ier (1015) et la fin de ceux qui lui contestent la couronne, c’est-à-dire le roi de Germanie et l’empereur Henri II du Saint-Empire, en (1024).

Le royaume dans l'Empire carolingien[modifier | modifier le code]

La dénomination Regnum Italiae commence à apparaître pour la première fois après 781, pour indiquer les territoires de la fin du royaume lombard conquis par Charlemagne et attribué à ses trois fils : Pépin d'Italie, eu avec son épouse Hildegarde de Vintzgau (758-783). À la mort de Pépin, le 8 juillet 810, lui succède son fils Bernard d'Italie. Quand Charlemagne décède en 814, la charge impériale est transmise son deuxième fils Louis le Pieux, qui assigne le royaume d'Italie à son aîné Lothaire contre l’opposition de Bernard, lequel, après avoir été vaincu, fut emprisonné et mourut le 7 avril 818. La lutte pour la succession se termina en 843 par le traité de Verdun qui donna naissance à trois royaumes avec des connotations nationales successives :


Le premier, qui avait Pavie comme capitale, comprenait les ex-territoires lombards appelé au Nord Lombardie majeure, c’est-à-dire les territoires correspondants environ aux actuelles régions Piémont, Ligurie, Lombardie, Toscane, Trentin, Frioul et Vénétie (sauf la zone de Venise), et l'Émilie (alors que l'Exarchat de Ravenne restait à l’Église) et la Lombardie mineure sauf le Duché de Spoleto (partie du Patrimonium Sancti Petri) et le Duché de Bénévent au centre/sud.

L'anarchie féodale[modifier | modifier le code]

Avec la faiblesse de l’assemblée impériale les territoires du royaume d'Italie finirent en une sorte d’anarchie féodale, dominée par les seigneurs locaux dont certains se hissèrent sur le trône et se faisant même couronner par le pape.

Une exception relativement solide fut le gouvernement de Hugues d'Arles, qui entre 926 et 946 régna et chercha à résoudre les différents prétendants au titre, en l’attribuant à son fils Lothaire d'Arles ou (Lothaire II d'Italie). Mais, celui-ci disparaît déjà en 950, et lui succède le marquis d’Ivrée Bérenger II d'Italie, qui à son tour élit comme successeur son fils Adalbert. Bérenger, craignant luttes et intrigues pour le pouvoir, fit poursuivre la veuve de Lothaire II, Adélaïde de Bourgogne (ou Adélaïde du Saint-Empire), qui s’adresse à l’empereur allemand Otton Ier du Saint-Empire, pour lui demander aide sur l’usurpation de la couronne par Bérenger.

La reconquête d’Othon[modifier | modifier le code]

La persécution d’Adélaïde donna prétexte à Otton I pour descendre en Italie, sur laquelle il avait déjà des projets, une fois ses projets en Allemagne résolus. Son expédition avait trois principales raisons fondamentales :

  1. L'Italie était traversée par les principales voies de communication de l’époque;
  2. En Italie Otton pouvait même avoir une confrontation avec l’empereur byzantin, qui possédait encore de nombreux territoires, surtout sur la côte Adriatique et en Italie méridionale;
  3. En Italie résidait le pape, avec lequel Otton entendait instaurer un rapport direct.

Après voir vaincu Bérenger, il entra dans la capitale Pavie, épousa Adélaïde et se coiffa de la couronne italienne en 952, la comparant à celle de l’Empire romain-germanique. Otton aurait désiré poursuivre jusqu’à Rome, mais la pression des Magyars en Allemagne l’obligea à rentrer.

Depuis cet instant la couronne d'Italie fut institutionnalisée et connexe à l’impériale, et fut automatiquement héritée par les successeurs de Otton I jusqu’en 1002.

La révolte des féodaux italiens[modifier | modifier le code]

En 1002, les feudataires italiens réunis à Pavie, décidèrent d’assigner la couronne d’Italie à un des leurs, fatigués du vide de pouvoir causé par le manque d’autorité du souverain allemand et insatisfaits de son alliance avec la hiérarchie ecclésiastique. Arduin d’Ivrée fut choisi, mais il rencontra une âpre résistance, en particulier chez les feudataires ecclésiastiques de la plaine du Pô. Vaincu, il fut contraint à se retirer dans l’ abbaye de Fruttuaria, mourut au château de Valperga en 1018. Otton III du Saint-Empire, l'empereur antagoniste de Arduin, avait entre temps disparu en 1002 alors qui tentait de rentrer à Rome, où il avait été expulsé par la noblesse ennemie.

Le Regnum Italiae cesse de fait d’exister avec l’avènement de l’autonomie communale. Avant tout, les ambitions d’autonomie et d’indépendance des feudataires italiens, ne permirent jamais au royaume d’assumer une force et un poids politique.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Bérenger du Frioul et Guy de Spolète[modifier | modifier le code]

  • 888: couronnement, à Pavie, de Bérenger Ier de Frioul, fils du marquis Eberardo et de Gisèle fille de Louis le Pieux, immédiatement contré par le marquisat d'Ivrée, par le marquisat de Tuscie et par le duc de Spolète. Le 7 mai, pacte étroit entre Bérenger et Venise visant à stabiliser la neutralité de celui-ci. Guy II de Spolète, fils de Guy Ier de Spolète et de Itana (fille du duc Sicone de Salerno), après avoir tenté en vain de prendre la couronne de France sur invitation de l’archevêque de Reims Foulques le Vénérable, se présenta en Italie comme unique et véritable héritier du trône : en octobre, premier heurt entre Guy et Bérenger près de Brescia où fut fixée une trêve jusqu’à l'épiphanie de l’année suivante.
  • 889: en janvier, victoire de Guy II sur Bérenger sur le fleuve Trebbia. Le 16 février à Pavie Guy est couronné roi d'Italie et devant les évêques qui l'ont soutenu, s’engage à reconnaître l'autorité de l'Église romaine et à garantir aux évêques le libre exercice de leurs fonctions, à confirmer les possessions ecclésiastiques, de ne pas augmenter les impôts pour les nouveaux évêchés et abbayes, enfin, de protéger la propriété et le sujet de l'insolence des nobles et des troupes françaises appelées en aide. Bérenger se retira à Vérone. Guy II donna le duché de Spolète à son neveu Guy IV.
  • 890: le pape Stéphane V invita Arnulf de Carinthie à intervenir en Italie après l’aggravation des rapports avec Guy II : Arnulf, en dépit d'être un prétendant légitime au trône, refusa pour le moment..
  • 891: le 22 (11?) février, le pape Stéphane V rencontre Guy, empereur romain germanique : sur son sceau apparaît la formule Renovatio regni Francorum. Il est immédiatement mis en place une série de dons et de privilèges envers l'Église. Dans un capitulaire du 1º mai, Guy pensait, entre autres choses, à des actions pour maintenir d’ordre public et pour la répression du trop grand nombre de mercenaires francs qui entraient en Italie. Le même mois, Lambert, le fils de Guy, est associé au trône. Le 20 juin, signature d’un praeceptum entre Guy et Venise confirmant la neutralité de celle-ci. Le 14 septembre, mort du pape Stéphane V. Le 19, élection du nouveau pape Formose ; Guy connaissant l’hostilité que celui-ci avait à son égard, n’hésita pas à se rendre à Rome pour lui rendre hommage.
  • 892: Le 30 avril (Paques), Lambert est couronné empereur à Ravenne par le pape Formose.
  • 893: en automne, le pape Formose demande à Arnulf de Carinthie, roi de Germanie, d’intervenir contre Guy (dans la missive envoyée à Ratisbonne, le pape souligne l’urgence de sa libération a Widone tyranno): Arnulf accepta la proposition et Bérenger s’empresse de se déclarer son vassal en lui cédant deux cours en Val d'Adige; Zwentibold, fils d’Arnulf, est envoyé pour assiéger Pavie où Guy y résista trois mois avant que ses assaillants ne lève le siège.

La descente d’Arnulf en Italie[modifier | modifier le code]

  • 894 : en janvier, Arnulf passe les Alpes par le col du Brenner : Brescia tombe immédiatement entre ses mains. Le 2 février, après un long siège, Arnulf prend et dévaste Bergame ; Milan et Pavie ouvrent leurs portes à l’empereur. Guy se réfugie dans Spolète. Arnulf envahit le duché de Lombardie en le confiant à Manfredo (Maginfredo) II, comte de Lodi. À Plaisance Arnulf, abandonné par quelques feudataires, dont Adalbert de Tuscie et, conscient de l’état de fatigue de ses troupes, se replie sur Pavie où il se fait couronner roi d’Italie, laissant le vicariat à Bérenger. Arnulf se replie en Allemagne à travers le col du Grand-Saint-Bernard mais avant de passer les Alpes, il doit subir près d’Ivrée, les attaques des troupes du duc de Bourgogne Raoul de France et du marquis Anscario. Une fois Arnulf éloigné, Guy repousse Bérenger à Vérone, expulse les Byzantins de Bénévent et Lambert occupe Milan en mai. À la fin de l’automne sur le fleuve Taro entre Plaisance et Parme, Guy meurt d’une hémorragie ; Lambert et Bérenger se partagent la péninsule.
  • 895 : grâce à l’intervention de Foulques de Reims, le pape prend en grâce Lambert de Spolète; Pourtant en septembre, Formose retire son amitié et redemande l’intervention d’Arnulf, qui déclenche une nouvelle expédition en Italie et, début décembre, il se trouve à Pavie dont le premier acte politique est de toucher Bérenger en lui prenant la marche du Frioul, son duché. L’Italie cisalpine est divisée en deux parties : la partie à l’Est de l'Adda au comte Valfredo de Vérone et la partie à l’Ouest au comte Manfredo de Milan.
  • 896 : Arnulf assiège Rome, où le parti de Spolète connaissait encore une forte l’adhésion menée par Ageltrude, veuve de Guy et fille du duc Adelchi de Bénévent. Le 22 février, Arnulf est couronné empereur par le pape Formose mais, en mars, il est contraint d’organiser une campagne contre les forces encore fidèles à la famille du roi Guy dans le centre de l’Italie. Le 4 avril, mort du pape Formose remplacé par Boniface VI en présence de Faroldo, représentant d’Arnulf. Lambert et Bérenger s’emploient à remettre la situation en Italie du Nord comme elle était avant l’expédition d’Arnulf : le secteur ouest à Amedeo et la Marche de Vérone retourne à Bérenger. De nouvelles juridictions sont fixées à Pavie : Bérenger reçoit l’Italie supérieure entre le Pô et l'Adda et le reste à Lambert, dont la souveraineté s’étendait sur la Marche de Tuscie, de Camerino et de Spolète. Après 15 jours de pontificat, le pape Boniface VI meurt et remplacé par Stéphane VI.
  • 897 : en février a eu lieu à Rome le jugement posthume de Formose dont les restes seront horriblement mutilés et ridiculisés : à cette triste cérémonie prennent part Lambert et la mère Ageltrude. Le retour en Allemagne d’Arnulf voit croître le prestige de Lambert. Les marquis de Tuscie, d'Ivrée et le comte de Plaisance souhaitent l’intervention de Louis III l'Aveugle. Au printemps, Ageltrude défait les Napolitains. En juillet, après une révolte, le pape Stéphane est étranglé et est succédé, à peu de distance l’un de l’autre, par les papes Romain (août à novembre) et Théodore II (20 jours).
  • 898 : En janvier, élection du pape Jean IX qui, dans un synode spécial, réhabilite la personne du pape Formose. En mai, pendant un synode tenu à Ravenne, Jean IX confirme le couronnement de Lambert, annulant le couronnement extorqué et barbare d’Arnulf : en échange, Lambert, qui est présent, garantit au pape les possessions et les privilèges du Saint-siège, ordonnant au même moment, qu’aucun romain, laïc et ecclésiastique fusse interdit de recourir à l’empereur pour faire valoir ses droits, affirmant en définitive la souveraineté du pape sur Rome et sur l’état pontifical. En juillet, se trouvant à Marengo, Lambert est averti que son cousin, le marquis Adalbert II de Toscane, à la tête d’une grosse armée est en marche vers Pavie : sans perdre de temps, l’empereur va à sa rencontre avec une bande armée, l’attaque par surprise à Borgo San Donnino, le défait et le conduit prisonnier à Pavie. Le 15 octobre, l’empereur Lambert meurt brusquement, suite à un accident de chasse dans les bois du Tessin, près de Marengo. Bérenger reste le maître absolu du royaume, libère de sa prison Adalbert de Tuscie qui retrouve ses biens. De nombreux partisans de Lambert reconnaissent la primauté de Bérenger, ainsi qu'Ageltrude qui reçoit en échange la confirmation de la donation faite par son mari et son fils.
  • 899 : mort d’Arnulf de Carinthie. Affaiblissement des Magyars qui ont pillé diverses localités : après une rapide campagne, Bérenger arrive à battre les envahisseurs, mais le 24 septembre à Cartigliano sul Brenta, ceux-ci battent complètement l’armée du roi et saccagent l’Italie du Nord, une ville après l’autre, Trévise, Vicence, Bergame, Vercelli allant jusqu’au Grand Saint-Bernard puis, sur la chemin du retour, en passant le long de la via Emilia, mettent à sac Modène, Reggio, incendiant Nonantola et endommageant Bologne. Les Magyars, voulant tenter un coup de main contre le duché de Rialto, sont anéantis par la flotte vénitienne à Albiola (ou hameau de San Pietro della Volta). Les féodaux italiens, suite aux récents succès militaires de Bérenger, invitent Louis III à prendre la couronne du royaume.
  • 900 : Bérenger, abandonné par ses alliés, se réfugie à Vérone et, en octobre, Louis III reçoit la couronne d’Italie.

L'empereur Louis III[modifier | modifier le code]

  • 901: Louis est couronné empereur à Rome par le nouveau pape Benoît IV entre le 15 et le 22 février.
  • 902: la première aventure de Louis survient fin mars, par le rapide abandon du seigneur féodal Adalbert de Tuscie qui se tourne une fois de plus vers Bérenger. Au début juillet, Bérenger arrive à se remettre sur le trône d’Italie, prenant en otage Louis III qui, en novembre, se voir offrire la vie sauve en échange d’un exil en Provence sans possibilité de retour. Suite à cela, Bérenger cherche à renforcer sa position par des concessions et privilèges en faveurs des églises et des monastères.
  • 903: en juillet, Benoît IV meurt et s’ensuit deux successions rapides et violemment terminées : celle du pape Léon V (30 jours) et Christophore (antipape) (août à janvier).
  • 904: le 4 janvier, Bérenger, fait don du mont Crovara à l’église de Reggio. Toujours en janvier, élection du pape Serge III, pour 7 années sous la protection du marquis Adalbert. Le 23 juin, Bérenger confirme ses donations à l’église de Bergame, lui concède l’immunité et permet à l’évêque de réparer les murs de la cité détruits par Arnulf.
  • 905: Le retour en Italie de Louis III, invité par les seigneurs féodaux et dirigés par Adalbert de la Tuscie, provoque la fuite en Bavière de Bérenger. À la fin juillet, lors de la préparation des travaux de défense à Vérone, Louis III est attaqué par Bérenger qui lui arrache les yeux et le renvoie en Provence d’où il ne reviendra jamais.
  • 914: Bérenger empoisonne son épouse Bertilla, fille du comte Suppone II de Parme.

Bérenger empereur et roi d'Italie[modifier | modifier le code]

  • 915: Berthe (Berta), veuve d’Adalbert II marquis de Tuscie, à la tête du parti hostile à Bérenger est emprisonnée à Mantoue avec son fils Guido. En août, Jean X, avec l’appui de Bérenger et d’Albéric Ier de Spolète, de Camerino et des princes de la basse Italie, chasse les Sarrasins de la région du fleuve Farfa et Garigliano. Le premier décembre, le pape Jean X couronne l’empereur Bérenger ; Berthe et son fils Guido sont remis en liberté.
  • 916: le 2 janvier, Bérenger, de retour à Rome, fait étape dans le Mugello sans doute pour rendre visite à Guido, le jeune fils d’Adalbert qui s’était rallié à sa cause.
  • 921: Le comte palatin (comes palatii en latin) Olderico qui se rebelle contre Bérenger est arrêté et mis sous la garde de l’archevêque de Milan Lambert qui a l’idée de faire intervenir, contre le tyran, encore une fois Rodolphe II de Bourgogne et, avec le marquis d’Ivrée et le comte Gilbert Samson de Côme, décide de lui offrir la couronne d’Italie. Devant ces préparatifs de résistance des rebelles, Bérenger utilise quelques bandes de Magyars récemment surpris alors qu’ils tentaient d’entrer sur le territoire du royaume : ceux-ci ont vite raison de cette escouade de rebelles et de leurs chefs qui, tous trois sont faits prisonniers : Olderico est exécuté, le marquis d'Ivrée parvient à s'échapper et le comte de Côme qui, pardonné et sans hésitation, il se rendit en Bourgogne pour offrir le sceptre à Rodolphe.
  • 922: Rodolphe entre en Italie.
  • 923: accompagné du vassal rebelle et suivi par une forte armée, le souverain bourguignon descend en Italie et occupe Pavie sans rencontrer de résistance, où en février, il se fait proclamer roi par une assemblée. Bérenger se retire, pour le moment, dans Vérone. En juillet, à Fiorenzuola, Rodolphe bat Bérenger grâce à l’intervention de son beau-frère, le comte Boniface et son autorité s’étend maintenant à la marche de Spolète, où le comte Boniface avait remplacé Alberico, et sur tout le Nord de l'Italie, à l'exception de la marche du Frioul qui avec la Toscane et peut-être même avec Rome reconnaissait Bérenger. Invasion des Magyars stoppés par Rodolphe avec la participation de Hugues d'Arles. En décembre, Rodolphe retourne momentanément en Bourgogne.
  • 924: Hugues d'Arles, fils de Berthe de Toscane et de son premier mari le duc Théobald d'Arles, arrivant en Italie avec un groupe de miliciens provençaux, trouve une forte opposition à son projet d’usurpation du trône de Bérenger, lequel, ne se fait pas surprendre et l’oblige à repasser les Alpes : cette victoire et les mercenaires magyars à sa disposition firent miroiter à Bérenger la possibilité de prendre à Rodolphe les territoires usurpés. Sur la fin de l’hiver, alors que le monarque bourguignon se trouve encore hors d’Italie, une grande bande de Magyars, commandés par le voïvode Salard va mettre le siège de Pavie.
  • 925: le 12 mars, les barbares prennent et mettent à sac Pavie. De nombreuses maisons sont incendiées et une partie des habitants massacrés, dont les évêques de Pavie et de Vercelle. Les citadins survivants réussissent à payer à Salard la rançon de huit boisseaux d’argent récupérés dans les décombres de la cité. Le 7 avril à Vérone, Bérenger est assassiné par un vassal en accord avec la faction guidée par le prévôt Flamberto. Rodolphe, croyant rester le seigneur incontesté du royaume d’Italie, dans le but de s’attirer les bonnes grâces des notables, inaugure une politique de conciliation pour espérer consolider son règne. Mort de Berthe, marquise de Tuscie.

La succession de Bérenger: Hugues d’Arles[modifier | modifier le code]

  • 926: Hugues d’Arles, sur invitation de son demi-frère Guy (Guido), de Lambert de Tuscie, de l’archevêque de Milan Lamberto, du marquis d'Ivrée (mari d’Ermengarda fille de Berthe) et de son père, débarque en Toscane avec un contingent. Rodolphe s’apprête à descendre en Italie en passant par le col du Grand Saint-bernard avec son beau-frère Burcardo di Svevia, lui-même rejoint à Novare par les troupes de Hugues de retour de Milan où l'archevêque Lamberto l’avait volontairement retenu. Au cours de cette rencontre, du 28 et 29 avril, Burcardo est vaincu et tué ; Rodolphe, déconcerté, décide de rentrer en Bourgogne. Le 6 juillet à Pavie, Hugues reçoit la couronne des mains de l’archevêque Lamberto et le pape Jean X ressert les liens avec lui à Mantoue, dans le but de s’émanciper de l’aristocratie romaine. Hugues, pour se créer une solide position, mettra en œuvre un remplacement systématique dans les plus hautes fonctions, par des personnes de confiance appartenant à son propre entourage.
  • 927: mort de Louis III de Basse-Bourgogne, qui jusqu’à la fin garda son titre d’empereur.
  • 928: Guy de Tuscie et son épouse Marozia parviennent à faire entrer dans Rome un groupe de soldats qui assiègent le lieu où se trouve le pape Jean : Le frère Pietro consul Romanorum cherche à lui porter aide mais est contraint à se réfugier à Orte. Les Magyars dévastent la Tuscie et Spolète : Pietro obtient leur collaboration et, après être rentré dans la cité, libère le pape. Le peuple romain, excité par Marozia, tue Pietro et le pape Jean est enfermé dans le château Saint-Ange (la Mole Adriana). Election du nouveau pape Léon VI qui, décédé en décembre, est remplacé par Stéphane VII.
  • 929: Hugues évente un complot de palais organisé par les juges Valperto et Everardo. En mai, l’ex-pape Jean X meurt en captivité.
  • 930: Lothaire, fils de Hugues, survit miraculeusement d’une forte fièvre.
  • 931: En avril (mai) Hugues d’Arles s’associe le fils Lothaire II.
  • 932: Hugues épouse Marozia à Rome. Alberico II de Camerino, fils de Marozia, chasse Hugues de Rome et se fait proclamer seigneur par les Romains (princeps atque senator omnium Romanorum). Venise s’allie avec Capodistria pour combattre les pirates Narentins et les sarrasins.
  • 933: Hugues cède ses droits sur la Provence à Rodolphe. Alberico empêche Hugues de rentrer à Rome. Venise élargit son alliance avec toute l'Istrie dans la guerre contre les pirates.
  • 935: Raterio, évêque de Vérone, aide Arnulf de Bavière à prendre possession de la cité, mais Hugues le fait enfermer dans la tour de Walberto à Pavie.
  • 936: Échec à la tentative d’Hugues de prendre Rome. Mariage d’Alberico avec Alda, fille de Hugues. Hugues investit Anscario, frère de Bérenger, dans les marches de Spolète et de Camerino pour l’éloigner de la dangereuse marche d’Ivrée.
  • 940: Anscario est vaincu et tué dans la bataille par le comte du palazzo Sarlione, envoyé contre Hugues.
  • 941: Échec à la prise de Rome par Hugues et celui-ci attaque Frassineto Po par la terre et la flotte byzantine de Romain I par la mer. Les musulmans se retirent sur le Mont La Moure où ils sont encerclés. À ce point le roi Hugues, pour affronter une armée rassemblée en Allemagne par Bérenger, marquis d'Ivrée, s’en fait des alliés et les répartit dans les Alpes valaisannes.
  • 944: Bérenger marquis d'Ivrée, aligné contre Hugues, est contraint de fuire en Allemagne avec son épouse Willa (au 9e mois de grossesse), auprès de Ermanno, duc de Souabe, et obtiennent la protection de Otton Ier.
  • 945: Bérenger rentre en Italie, accueilli comme un libérateur. Hugues est poussé à abdiquer en faveur de Lothaire et Bérenger est nommé conseillé du roi.
  • 946: Hugues et Alberico font la paix. Hugues est vaincu par Bérenger et fuit à Arles. Lothaire est seul sur le trône mais cède à Bérenger le titre de summus consors regni.
  • 947: Le 10 avril, mort de Hugues. Lothaire épouse Adélaïde, fille de Rodolphe..

Bérenger et Otton[modifier | modifier le code]

  • 950: le 22 novembre, mort de Lothaire II d'Italie à Turin (présomption d’empoisonnement). Adélaïde, à la tête du parti bourguignon, est isolée à Côme. Le 15 décembre, Bérenger II est couronné à Pavie avec son fils Adalbert.
  • 951: Adélaïde, enfermée dans une tour de la forteresse de Garda, réussit à fuir et à se réfugier auprès du comte Attone à Canossa. Bérenger met le siège devant la forteresse de Canossa. Otton Ier du Saint-Empire descend en Italie à l’appel de Adélaïde et met Bérenger en fuite. Mariage de Otton et d’Adélaïde. En septembre, Otton est couronné roi d’Italie à Pavie. L’évêque de Magonza, Guglielmo, est envoyé à Rome pour conclure une alliance avec le pape Agapet II, mais l’accès à la capitale lui est refusé.
  • 952: Otton rentre en Allemagne et laisse comme vicaire en Italie Conrad le Roux, duc de Lotharingie, à qui Bérenger se soumet, mais les conditions ne sont pas ratifiées en Allemagne. Durant la Diète d'Empire à Augsbourg, Bérenger obtient d’Otton la couronne d'Italie, comme vassal du royaume d’Allemagne. Otton, pour ne pas la séparer géographiquement du royaume d’Italie, met la marche du frioul sous la juridiction de son frère Enrico, duc de Bavière, dans le but de contrôler les points de passages.
  • 954: Le 31 août, mort d’Alberico (de dysenterie). Ottaviano, fils d’Alberico le remplace dans la charge de princeps atque senator omnium Romanorum.
  • 955: le 16 décembre, Ottaviano est élu pape sous le nom de Jean XII.
  • 957: les continuelles vengeances et spoliations conduites par Bérenger, pousseront les feudataires à demander l’intervention de Otton qui envoie une expédition confiée à son fils Liudolfo qui, trouvera la mort le 6 septembre.
  • 958: Bérenger et son fils Aubert Ier d'Italie (Adalberto II d'Ivrea) confirment aux Génois leurs possessions propres.
  • 961: chute de Otton en Italie, Bérenger se réfugie dans la forteresse de San Leo. Bérenger évincé, Otton reçoit la couronne d’Italie à Milan.
  • 962: le 2 février à Rome, la pape Jean XII consacre Otton empereur.
  • 963: Bérenger se rend à Otton et est exilé à Bamberg. Jean XII prend le parti d’Aubert (Adalberto) qu’il accueille à Rome. Otton entre à Rome et dépose Jean XII qui, entre temps, avait réussi à s’enfuir à Tivoli, mettant à sa place le pape Léon VIII. Dans le château de Griffa (sur le Lac Majeur) Aubert et le frère Guy résistent à Otton.
  • 964: Le 3 janvier, les Romains se soulève contre Otton et, une semaine après, celui-ci se déplace vers Spolète où Adalberto recrute une nouvelle armée. Jean XII est rappelé à Rome mais, après s’être vengé de ses opposants, il meurt le 14 mai d’une apoplexie ; Le même jour, le pape Benoît V est élu et immédiatement substitué à Léon VIII, déposé par Otton.
  • 965: Le 25 juin, Guy, fils mineur de Bérenger, est vaincu dans une bataille. Adalberto, fils aîné, tente de récupérer le règne paternel et réussit à attirer de son côté quelques nobles et évêques anti-allemands. Parmi eux Bernard, comte de Pavie et mari de Rodelinda (fille du roi Hugues et cousine de Villa), Sigulfo (évêque de Plaisance), Guido (évêque de Modène, qui avait reçu d’Otton la charge de archi- chancelier et de l'abbaye de Nonantola) et Ugo (comte franc). À la mort de Léon VIII (survenue au cours de l’année), Otton fait élire pape Jean XIII, qui est emprisonné par les romains en décembre.
  • 966: mort de Bérenger. Otton redescend en Italie et met fin aux prétentions de Adalberto qui, après s’être enfui en Italie du Sud, fuit à Constantinople : dans la lutte contre le reste de la faction d’Adalberto, Sigulfo (évêque de Plaisance) est exilé en Allemagne et Bernardo (évêque de Pavie) se voit confisquer tous ses biens et donnés au comte Giselberto de Bergame. Guido (évêque de Modène) réussit à se maintenir à sa place. Otton entre à Rome à la fin novembre, fait arrêter les rebelles et rechercher Giovanni, noble qui avait conduit la révolte.

Otton II[modifier | modifier le code]

  • 967: Otton II du Saint-Empire, appelé à Rome par son père, est couronné empereur. L’évêque Sigolfo est pardonné et rétabli sur son siège de Plaisance.
  • 972: Otton II, à Rome, célèbre ses noces avec la princesse grecque Teofanu et s’en retourne en Allemagne.
  • 973: mort de Otton I le 7 mai.
  • 980: Otton II descend en Italie et passe Noël à Ravenne.
  • 981: le jour de Pâques, Otton II est à Rome, appelé par le nouveau pape Benoît VII que les Romains veulent déposer : Otton a raison des auteurs de cette révolte mais, laisse échapper Crescenzio ( comte de Tuscolo), leur chef.
  • 982: le 3 juillet, Otton II est vaincu à Stilo par les Sarazins.
  • 983: en juin, Otton II abdique à Vérone en faveur de Otton III du Saint-Empire, puis descend à Rome rappelé par de nouveaux soulèvements qui font suite à la mort de Benoît VII : nomme son successeur, le pape Jean XIV, qui meurt quelques semaines après.
  • 985: Giovanni Crescenzio jusqu’à lors partisan du courant pro-bizantin, se tourne pro-allemand et élimine l'antipape Boniface VII, assume le patriciat et reçoit le titre de consul.
  • 988: Crescenzio obtient pour son frère, de l’impératrice Teofanu, la cité et le comité de Terracina.
  • 996: l’antipape Jean XVI (Giovanni Filagato), archevêque de Plaisance, de retour de Constantinople, sur invitation de Giovanni Crescenzio, se fait élire pape sous le nom de Jean XV. Giovanni, fils de Giovanni Crescenzio, est envoyé comme ambassadeur à Constantinople.
  • 998: Otton III vient à Rome avec le pape Grégoire V, déposé par Giovanni Crescenzio, et dépose Jean XV puis assiège, pendant deux mois, Giovanni Crescenzio (Crescentius Nomentanus) qui s’enferme dans le Château Saint-Ange. ; à la fin, Giovanni Crescenzio se rend à l’empereur qui le fait décapiter le 29 avril.
  • 1000: Arduin d'Ivrée, comte de Pombia et marquis d'Ivrée, est couronné roi d’Italie.
  • 1002: le 23 janvier, mort de l’empereur Otton II à Faleria, certainement de la main de Stefania, veuve de Giovanni Crescenzio . Le 15 février, Arduin est soutenu par les grands feudataires à Pavie. Le 22 août reconnaissance de l’autorité de Arduin d´Ivrée sur l’Italie centrale. Henri II du Saint-Empire roi d’Allemagne envoie Oddone, duc de Carinthie et comte de Vérone, pour arrêter Arduin. Bataille de Campo della Fabbrica en fin d’année.
  • 1003: Arduin d´Ivrée bat Oddone (Eudes en français) à Campo della Fabbrica et le contraint à repasser les Alpes.
  • 1004: au printemps, Henri II descend en Italie avec une forte armée et met en fuite les partisans de Arduin qui se retire dans sa marche (juridiction) et s’enferme dans la forteresse de Sparone qui sera assiégée durant toute l’année. le 14 mai, Henri II est couronné roi d’Italie par l’archevêque de Milan à Pavie où une révolte sanglante éclate immédiatement après la cérémonie.
  • 1005: Arduin d´Ivrée, au départ de Henri II pour l’Allemagne, reprend le contrôle de la situation.
  • 1013: Henri II se rendit à Rome pour résoudre le conflit impliquant deux papes
  • 1014: Une fois le conflit résolu, le 14 février, Henri II reçoit du pape Benoît VII la couronne impériale. Le 22 février, répression sanglante contre le parti pro-allemand, au motif, semble-t-il, du refus des conseillers du roi envers les accords de paix avancés par Arduin. Henri II en rentrant en Allemagne, subit des embuscades des partisans de Arduin d´Ivrée. Une fois Henri II hors de la scène, Arduin d´Ivrée commence à s’affirmer en haute Italie, réussissant à vaincre l’opposition de ses adversaires les plus coriaces, dont Geronimo, évêque de Vicence. Cette situation idyllique ne dura peu et ses opposants se regroupent, conduits par Boniface de Tuscie et Arnulf archevêque de Milan. Arduin d´Ivrée, déçu, dépose les insignes royaux et se retire dans le monastère de Fruttuaria, près de Turin.
  • 1018: le 14 décembre, Arduin meurt dans le château de Valperga et est enterré dans le monastère de Frutturia.
  • 1024: le 3 juillet, mort de Henri II.

Personnages présents de 888 à 1024[modifier | modifier le code]

  • Les papes : Stéphane V, Formose, Boniface VI, Stéphane VI, Romain, Théodore II, Jean IX, Benoît IV, Léon V, Christophore, Serge III, Jean X, Léon VI, Stéphane VII, Agapet III, Jean XII, Léon VIII, Benoît V, Jean XIII, Jean XIV, Boniface VII, Jean XV, Grégoire V, Benoît VII.
  • Les empereurs : Bérenger du Frioul, Lambert, Arnulf, Otton I, Otton II, Otton III.
  • Les rois d’Italie : Guy II, Adalbert de Toscie, Charlres le Chauve, Carloman de Bavière, Charles le gros, Bérenger I, Louis III, Rodolphe, Hugues, Lothaire I, Lothaire II, Béranger II, Arduin d'Ivrée.

Cartes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. A a mort de Lothaire en septembre 855, son fils aîné Louis II d'Italie n’hérita que des territoires d’Italie, alors que la Lotharingie alla à son oncle Lothaire II de Lotharingie

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Liutprando, Antapodoseos sive rerum per Europam gestarum libri VI.
  • Liutprando, Liber de rebus gestis Ottonis imperatoris.
  • Anonyme, Panegyricus Berengarii imperatoris (X cent.) [Mon.Germ.Hist., Script., V, p. 196].
  • Anonyme, Widonis regis electio [Mon.Germ.Hist., Script., III, p. 554].
  • Anonyme, Gesta Berengarii imperatoris [ed. Dumueler, Halle 1871].

Liens internes[modifier | modifier le code]