Shell (entreprise)

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Shell

Description de l'image  Shell logo.svg.
Création 1890
Forme juridique société anonyme
Action Euronext : RDSA, LSE : RDSA
Siège social Drapeau des Pays-Bas La Haye (Pays-Bas)
Direction Peter Voser
Activité pétrole
Produits pétrole, raffinage
Société mère Royal Dutch Shell Plc
Effectif ~101000
Site web www.shell.com
Capitalisation USD 227,32 milliards (8 septembre 2012)
Chiffre d’affaires en augmentation 484,489 milliards de dollars US (2011)[1]
Résultat net 30,918 milliards de dollars US (2011)[1]
Évolution du logo

Shell (également appelée Royal Dutch Petroleum, Royal Dutch Shell, Koninklijke Nederlandse Shell N.V et Shell Oil en Amérique du Nord) est une compagnie pétrolière anglo-hollandaise. La société fut fondée en 1890 par Jean Kessler, Henri Deterding et Hugo Loudon, qui obtinrent de la reine Wilhelmine des Pays-Bas une concession d'exploration pétrolière pour une société nommée Koninklijke Nederlandsche Petroleum Maatschappij.

Royal Dutch fusionne en 1907 avec la Shell Transport and Trading Company britannique. Les lois de l'époque ne goûtant guère le concept d'entités transnationales, les deux compagnies ont donc gardé leurs deux identités distinctes : les actions Royal Dutch sont cotées à la bourse d'Amsterdam tandis que Shell est au London Stock Exchange. Le groupe a la particularité d'avoir son quartier général établi à la fois à Londres et à La Haye. Deux conseils d'administration sont également présents dans les deux sièges sociaux, ce qui pose certains problèmes de coordination et d'indépendance de l'un par rapport à l'autre. La compagnie fonctionne par le biais d'un certain nombre d'accords d'actionnariat croisé.

Ce n'est qu'en octobre 2004 que le groupe annonça vouloir se regrouper sous une seule structure dénommée Royal Dutch Shell plc., cotée principalement à la Bourse de Londres mais dont le siège administratif et financier est aux Pays-Bas.

Le chiffre d'affaires de cette entreprise était de plus de 484 milliards de dollars US en 2011, la classant au premier rang des plus grandes entreprises mondiales classées en fonction de leur chiffre d'affaires.

Sommaire

Histoire [modifier]

Siège social de Shell à La Haye aux Pays-Bas au 23, rue Carel van Bylandtlaan.

Le nom (« coquillage » en français) et le logo Shell sont étroitement liés aux origines de la compagnie Shell Transport and Trading Company, fondée en 1833 par Marcus Samuel, spécialisée dans le commerce des coquillages destinés aux collectionneurs londoniens de l'époque victorienne. Avec le développement du commerce en Extrême-Orient, la compagnie étend ses activités au transport et négoce des matières premières[2].

En 1892, il fait construire le premier bateau pétrolier au monde et livre près de 4 000 tonnes de kérosène russe à Singapour et Bangkok. En 1907, lors de la fusion avec la Royal Dutch, la compagnie possède déjà sa propre flotte de tankers.

Dans les années 1970 suite la fermeture du Canal de Suez, Shell commande quatre pétroliers géants construit aux Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire[3]. Ces quatre plus grands pétroliers du monde jamais construit (Batillus, Prairial, Bellamya, Pierre Guillaumat) sont livrés entre 1976 et 1979[3].

Lors de la polémique des années 2000 sur les stock-options, Shell fut la première société britannique importante à renoncer à ce mode de rémunération.

Activités [modifier]

Reservoirs de pétrole de Shell à Kowloon, Hong Kong.

Le groupe est impliqué dans tous les aspects de la filière énergétique: prospection de gisements et à extraction de pétrole et de gaz naturel, raffinage, vente (B2B et détail), le tout dans plus de 90 pays. Ces activités traditionnelles représentent, avec 3,1 millions d'équivalents baril extraits chaque jour en 2009[4], l'activité principale du groupe. En 2010, ses réserves prouvées se montent à 11,9 années d'exploitation[5].

Il disposait également d'une branche dédiée aux énergies renouvelables, essentiellement énergie solaire et éolienne, cédée en 2009. Il se concentre depuis sur les biocarburants et la séquestration du dioxyde de carbone[6].

En 2008, le logo Shell était classé 97e au rang des marques les plus connues au monde selon Business Week[7].

Polémiques autour de Shell [modifier]

Shell a été la cible de nombreux boycotts en Europe et en Amérique du Nord suite à certaines actions commises par l'entreprise dans plusieurs régions du monde.

Nigeria [modifier]

Les plus fortes critiques proviennent d'actions effectuées au Nigeria, où les activités de la compagnie sont en bute à des rébellions armées (notamment du MEND [8]), et où elle est fréquemment accusée de collusion avec les différents régimes dictatoriaux au pouvoir entre 1960 et la fin des années 1990. L'écrivain Ken Saro-Wiwa a ainsi passé la dernière partie de sa vie à combattre la compagnie en dénonçant les abus commis sur les terres du peuple Ogoni. Il finira condamné et exécuté en 1995 par le régime de Sani Abacha.

En mai 1994, il fut arrêté et accusé d’incitation au meurtre après la mort de quatre Ogonis. Saro-Wiwa a toujours refusé les charges retenues contre lui, mais après un an d’emprisonnement, il a été déclaré coupable et condamné à mort par un tribunal spécial. Ce procès a été très largement critiqué par les associations internationales de défense des droits de l’homme comme Amnesty International.

En 2010, des mémos de l'administration américaine publiés par WikiLeaks révèlent que, d'après un dirigeant de la branche compagnie au Nigeria, la compagnie disposait d'informateurs au sein de « tous les ministères importants » et savaient tout de leurs délibérations. La compagnie aurait également échangé des informations avec les représentants du gouvernement américain au sujet des politiciens nigérians qu'elle soupçonnait d'aider des militants armés, demandant en échange de savoir si ceux-ci avaient acquis des missiles anti-aériens[9],[10].

Le 3 août 2011, la société reconnait sa responsabilité dans les marées noires de 2008 dans le delta du Niger au Nigeria[11]. Les rejets de gaz naturel par torchage à ciel ouvert y est aussi le plus élevé au monde. La banque mondiale a déclaré dans un rapport de 2004 que le Nigeria rejette 75 % du gaz qu'il produit[12] pour réduire ses coûts, ce qui représente 70 millions de m3 par an. En novembre 2005, un arrêt de la cour de justice fédérale a ordonné à Shell l'arrêt des torchages dans le delta du Niger car cela violait les droits constitutionnels de vie et de dignité. Dans un jugement contre la Shell Petroleum Development Company of Nigeria, le juge C. V. Nwokorie a déclaré à Benin City que « le gaspillage nocif du torchage ne peut pas légalement se poursuivre »[13]. En mai 2011, Shell poursuivait ses activités de torchage[14],[15].

Irlande [modifier]

Article détaillé : Shell to Sea.

Shell to Sea est un collectif local et militant formé au début des années 2000 pour s'opposer à l'exploitation telle qu'elle était prévue d'un gisement d'hydrocarbure au large des côtes du comté de Mayo en Irlande et de son transport à terre par oléoduc. Le collectif, qui ne rejette pas l'exploitation du gisement, proteste contre ce qu'ils estiment être de graves dégâts environnementaux, des atteintes aux droits de l'homme pour les riverains et des conditions fiscales et de royalties qui sont dans les plus basses du monde : ils estiment que l'Irlande se fait exploiter par Shell qui amasse les bénéfices sans en rétribuer l'état et le peuple irlandais. Shell to Sea a développé des liens avec le peuple Ogoni du Nigeria.

Raffinerie de Pt Couronne - Seine Maritime/France [modifier]

Article détaillé : Petroplus.

Shell a cédé trois raffinerie en 2008 pour se défaire du raffinage en France. Les raffineries de Petit-Couronne et Reichstett ont été cédées au groupe financier Petroplus. Le site de Berre a été cédé au groupe américain Lyondell-Basell. À ce jour, la raffinerie de Reichstett est en cours de ferraillage, bien que construite en 1968. Le site de Berre est mis sous cocon jusqu'à la fin de l'année 2013, avec une fermeture prévue faute de repreneur. Le site de Petit-couronne est en redressement depuis janvier 2012 (et même en liquidation depuis octobre 2012) suite à la faillite du groupe de raffinage Petroplus. Le géant pétrolier, aux multiples codes d'éthiques, a ainsi cédé ses raffineries françaises dans le but de ne pas avoir à les fermer lui-même à moyen terme.

Shell ne reconnait pas ses responsabilités sociales et environnementales sur le site de Petit-Couronne, usine que Shell a exploité 83 ans et où les profits ont été très importants. Par ailleurs, l'outil a été abandonné dans la dernière décennie d'exploitation où aucun investissement à la hauteur n'a été réalisé. Shell qui connaissait son retrait dans ce secteur, a cassé l'outil couronnais afin de le céder à un groupe financier fragile sur un marché purement pétrolier dicté par les majors. Shell a ainsi prémédité la fermeture de ses sites en les cédant tout en essayant d'éviter les responsabilités sociales et environnementales légales. La dette environnementale du site normand est estimée à 500 millions d'euros en cas de fermeture du site, que Shell ne veut pas prendre à son compte.

Actionnariat (Royal Dutch Shell Plc) [modifier]

En 2013, les principaux actionnaires de Shell sont :[16]

Notes et références [modifier]

  1. a et b (en) Classement du fortune 500 pour l'année 2011.
  2. Shell, « The beginnings ». Consulté le 16 janvier 2011
  3. a et b Dans les années 70, sur stxeurope.com
  4. (en) Chiffres 2009 Shell, sur Web-Archive
  5. March 2010 strategy update. Consulté le 16 janvier 2011
  6. http://www.guardian.co.uk/business/2009/mar/17/royaldutchshell-energy
  7. (en) Top 100 Global Brands Scoreboard, Business Week, 2008
  8. Jeune Afrique, 18.6.2009
  9. Le Monde Diplomatique, Pourquoi les institutions peinent à conserver leurs secrets, Janvier 2011, p.6
  10. The Guardian, « WikiLeaks cables: Shell's grip on Nigerian state revealed », 8 décembre 2010. Consulté le 16 janvier 2011
  11. (fr) Nigeria: Shell reconnaît sa responsabilité dans des marées noires, 4 août 2011. Consulté le 4 août 2011
  12. [1]
  13. « the damaging and wasteful practice of flaring cannot lawfully continue. »
  14. radio netherlands worldwide
  15. Bloomberg.com
  16. http://www.zonebourse.com/ROYAL-DUTCH-SHELL-PLC-4005177/societe/

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]