Roxelane

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Roxelane
Hürrem Sultan

alt=Description de l'image Khourrem.jpg.

Titre

Favorite puis épouse du Sultan ottoman

en 1521 (favorite) - Juin 1534 (épouse) — 18 avril 1558

Biographie
Dynastie ottomane
Nom de naissance Alexandra Lisovska
Naissance 1500 ?
Rohatyn
Décès 18 avril 1558
Palais de Topkapı, Istanbul
Conjoint Soliman le Magnifique
Enfants Mehmed
Mihrimah
Abdullah
Sélim II
Bayezid
Cihangir
Résidence Palais de Topkapı
Religion Orthodoxe
Islam

La sultane Hürrem[1] ou Roxelane (La Ruthénienne) (v. 1500 - 18 avril 1558) fut l'épouse du sultan Soliman le Magnifique après en avoir été l'esclave.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Si les sources du XVIe siècle sont muettes à ce sujet, la tradition ukrainienne lui donne comme nom de naissance Alexandra Lisovska, née à Rohatyn ; il pourrait cependant s'agir d'une création littéraire d'écrivains nationalistes ukrainiens du XIXe siècle[2]. Le poète Samuel Twardowski qui fit partie d'une ambassade dans l'Empire ottoman au tournant des XVIe et XVIIe siècles rapporte avoir appris à la cour d'Istanbul qu'Hürrem aurait été la fille d'un prêtre orthodoxe, probablement ukrainien, de Galicie, alors partie de la Pologne. Elle aurait été capturée par des Tatars lors d'un de leurs raids et est emmenée comme esclave, probablement d'abord à Kaffa, en Crimée, puis à Istanbul.

Entrée au harem[modifier | modifier le code]

La date précise de son entrée au harem de Soliman n'est pas connue mais se situe aux alentours de l'accession au trône du prince en septembre 1520 (il est possible qu'elle ait été un présent fait au souverain à cette occasion)[3]. Elle lui donne un premier fils en 1521, Mehmed. Elle devient rapidement la favorite (« Hasseki ») de Soliman, qui délaisse ses autres concubines (dont Mahidevran, mère de son fils aîné Mustafa) et entretient avec Hürrem une relation exclusive.

Probablement vers juin 1534, elle est affranchie et devient l'épouse légitime de Soliman, ce qui constitue une rupture avec la tradition ottomane[4]. Selon une anecdote répandue par des sources occidentales à partir de la seconde moitié du XVIe siècle, elle aurait obtenu le mariage grâce à une série de stratagèmes : après s'être convertie à l'islam et avoir été affranchie, elle se serait ainsi refusée à Soliman au motif qu'une femme libre ne pouvait avoir de relations avec un homme hors du mariage[5].

Au cours des années 1530, elle quitte l'« ancien palais », résidence habituelle de la famille du sultan, et s'installe dans le « nouveau palais » (Topkapı) où elle se retrouve plus proche du Sultan[6].

Roxelane est parfois considérée comme ayant joué un rôle plus ou moins actif dans l'élimination de Pargali Ibrahim Pacha, un favori de Soliman, en 1536.

Le principal prétendant à la succession au trône était alors Sehzade Mustafa (en), fils aîné de Soliman (d'une autre épouse). En 1553, une fausse lettre du prince héritier Mustafa au chah d’Iran lui demandant son aide pour renverser Soliman est interceptée. Mustafa se précipite chez son père pour se justifier, seul et sans arme. Soliman tue son fils le 6 novembre 1553, tout en le pleurant.

Mausolée de Roxelane, mosquée Süleymaniye, Istanbul.

À sa mort le 18 avril 1558, Roxelane est enterrée dans un mausolée décoré en tuiles d'İznik décrivant le jardin du paradis, en hommage à sa nature joyeuse et souriante. Son mausolée est adjacent à celui de Soliman, structure séparée et plus sombre située dans la mosquée Süleymaniye.

Influence[modifier | modifier le code]

Elle est aussi la conseillère de Soliman et semble avoir eu une influence considérable sur la politique étrangère de ce dernier. Deux de ses lettres au roi de Pologne Sigismond II Auguste ont ainsi été conservées, et, de son vivant, l'empire Ottoman conserve des relations généralement pacifiques avec cet État. Les ambassadeurs de l'Europe entière s'adressent à elle et lui font parvenir des cadeaux. Certains historiens pensent aussi qu'elle est intervenue auprès de son époux pour contrôler le trafic d'esclaves organisé par les Criméens sur sa terre natale.

À côté des affaires politiques, Roxelane s'engage aussi dans un certain nombre de grands travaux, de La Mecque à Jérusalem, peut-être en s'inspirant du modèle des fondations caritatives créées par Zubaida, femme du calife Haroun ar-Rachid. Parmi ces premières fondations on trouve une mosquée, deux écoles coraniques, une fontaine et un hôpital pour femmes à côté du marché aux femmes esclaves d'Istanbul.

Descendance[modifier | modifier le code]

Roxelane aura cinq enfants :

  • Quatre fils :
    • le premier Mehmed (1521-1543) mourut jeune de mort naturelle ;
    • le second Abdullah (1523-1526)
    • Selim (le futur Selim II) (1524-1574) le troisième était son élu, car Roxelane pensait qu’il ne devrait pas assassiner ses frères, étant d'un naturel plutôt doux. Morte avant son époux, elle ne verra pas ses plans s'accomplir ;
    • le quatrième Bayezid (1525-1561) était intelligent et cruel ;
    • le cinquième Cihangir (1531-1553), bien que brillant était atteint d’épilepsie.
  • Une fille, Mihrimah (1522-1578), épouse du grand vizir Rüstem Pacha.

Bayezid et Selim s’affrontèrent contrairement à ce qu’avait supposé leur mère, ce qui amena Bayezid à se réfugier en Perse auprès du Chah. Selim parvient à le faire extrader pour l'assassiner rapidement.

Évocations artistiques[modifier | modifier le code]

Roxelane a inspiré aussi bien des peintures qu'une symphonie de Joseph Haydn, un opéra de Denys Sichynsky, un ballet, des pièces de théâtre, des romans, principalement en ukrainien, mais aussi en anglais, français ou allemand.

Littérature[modifier | modifier le code]

Fontenelle fait comparer par Roxelane et Agnès Sorel leurs stratégies sentimentales et maritales respectives[7] dans son Dialogue des morts publié en 1683.

Robert E. Howard se sert de Roxelane comme MacGuffin motivant le personnage de Sonya la Rousse dans sa nouvelle L'Ombre du Vautour[réf. nécessaire].

Romans[modifier | modifier le code]

  • Pavlo Zahrebelnyï : Roxelane, 1980.
  • Isaure de Saint Pierre : La Magnifique, Albin Michel, 2002, 357 pages. (ISBN 978-2226132529)
  • Vintila Corbul et Mircea Burada, Roxelane et Soliman, Olivier Orban, 1987, 431 pages. (ISBN 2.85565.375.4[à vérifier : ISBN invalide])

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Leslie Peirce, The Imperial Harem: Women and Sovereignty in the Ottoman Empire, Oxford University Press,‎ 1993 (ISBN 0-19-508677-5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. du perse خرم - Khurram, « La Joyeuse »
  2. Galina Yarmolenko, Roxolana in Europe, in Roxolana in European Literature, History and Culture, 2010, p. 49
  3. Peirce 1993, p. 58
  4. Peirce 1993, p. 61-62
  5. Galina Yarmolenko, Roxolana in Europe, in Roxolana in European Literature, History and Culture, 2010, p. 25
  6. Peirce 1993, p. 62
  7. Œuvres de Fontenelle: des Académies Française, des Sciences, des Belles-lettres, de Londres, de Nancy, de Berlin et de Rome, De Fontenelle (Bernard Le Bovier), publié par Jean-François Bastien, 1790, pages 180-185

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]