Rouvres (Calvados)

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Rouvres
L'église Notre-Dame.
L'église Notre-Dame.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Calvados
Arrondissement Caen
Canton Bretteville-sur-Laize
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Falaise
Maire
Mandat
Marie-Noëlle Marc
2014-2020
Code postal 14190
Code commune 14546
Démographie
Population
municipale
221 hab. (2011)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 00′ 16″ N 0° 10′ 19″ O / 49.004444, -0.171944 ()49° 00′ 16″ Nord 0° 10′ 19″ Ouest / 49.004444, -0.171944 ()  
Altitude Min. 54 m – Max. 135 m
Superficie 8,87 km2
Localisation

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Rouvres est une commune française, située dans le département du Calvados en région Basse-Normandie, peuplée de 221 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Laizon, 39 km de long, prenant sa source à Saint-Pierre-Canivet, est un affluent de la Dives dans laquelle il se jette à Cléville. Autrefois son lit était large et son débit important. Sa traversée ne pouvait se faire que par des gués. Ce n'est que vers 1850 que le pont actuel a été construit à l'emplacement de l'ancien gué (époque de la construction de la route Falaise/Argences [1] Autrefois, le Laizon faisait mouvoir de nombreux moulins qui produisaient de l'huile de colza, dont deux à Rouvres (le petit et le grand moulin)[1].

Au cours des bombardements de 1944, le pont du Laizon ayant sauté, les Alliés établiront immédiatement trois ponts de fer. Le premier dans la propriété Charpentier vers le Logis, le second sur l'emplacement de l'ancien et le troisième vers les propriétés Latour et Hervieu. Sur ces ponts passaient chaque jour des milliers de véhicules qui montaient et descendaient du front[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Robur, Roverium, ou Rovérix, c'est-à-dire lieu couvert de chênes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans les temps primitifs, le village de Rouvres se composait de quelques huttes ou cabanes en bois et en terre, bâties sur les deux rives du Laizon à proximité du gué permettant le passage de la rivière. Cette petite agglomération était perdue au milieu des bois où dominait le chêne ; c'est sans doute son ancienne situation agreste qui l'a fait dénommer ainsi. À cette époque, les chemins n'existaient pas, à peine quelques sentiers mal frayés permettaient-ils de se rendre d'un lieu à un autre. Les terres arables peu nombreuses et mal cultivées ne produisaient presque rien et les récoltes très médiocres ne suffisaient pas à la nourriture de ses habitants. Cependant l'orge, le blé et l'avoine croissaient presque sans soin, au bord de la rivière, mais nos ancêtres préféraient à toute autre chose la chasse et la pêche et se souciaient fort peu de l'agriculture. Avec la peau des animaux qu'ils aient tués ils se confectionnaient des couvertures, des vêtements, des chaussures dont ils s'entouraient les pieds et les jambes et qu'ils serraient avec deux bandelettes croisées. Comme religion, ils avaient adopté le culte des druides[1].

De l'an 58 à 50 avant J.-C, Jules César, conquit la Gaule malgré la résistance de Vercingétorix. Dans cette région, les romains établirent de nombreux camps, celui de Soumont-Saint-Quentin est le plus proche (il était situé prés du tombeau de Marie Joly). D'autres camps furent créés à Escures-sur-Favières, à Bissières, à La Hoguette, à Montviette, etc. De nombreuses voies les relièrent et deux au moins passaient par Rouvres. La première reliait le camp de Saint-Quentin à ceux d'Escures-sur-Favières et de Bissières en passant au chevet de l'église de Percy . Une autre traversait la commune sur sa plus grande longueur, il en reste encore aujourd'hui un tronçon qui se dirige en ligne droit sur l'église de Cauvicourt et est connue sous le nom de Chemin Haussé. C'est même cette voie qui donne son nom à l'église d'Estrées-la-Campagne dont elle traverse le territoire (Strata In Campana, c'est-à-dire « voie stratégique à travers la campagne »)[1].

Puis vint la grande invasion du commencement du Ve siècle, les Francs, les Burgondes, les Wisigoths, chassèrent les romains de la Gaule et s'y établirent enfin, les premiers en restèrent définitivement maîtres[1].

Au IXe siècle, une autre invasion vint ruiner la contrée. Les hommes du nord ou Normands arrivèrent par l’embouchure de la Dives jusqu’au cœur du pays qu'ils ravagèrent et mirent à feu et à sang jusqu'au jour où ils s'y établirent définitivement[1].

Bataille de Normandie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Opération Totalize.

Souhaitant avancer vers les Américains qui s'approchaient du Mans, l'objectif de Montgomery est d’atteindre Falaise par une puissante poussée en colonnes avec Caen comme tremplin. L'opération porte le nom de Totalize et est confiée au jeune (40 ans) Lieutenant-Général Guy Simonds commandant le IIe Canadien Corps. L'opération fut déclenchée dans la nuit du 7 au 8 août. La 51e DI avançait rapidement vers le sud, et la deuxième DI canadienne dépassa ses objectifs, prit Rocquancourt et Bretteville-sur-Laize au prix de pertes « raisonnables ». Les lignes allemandes étaient alors enfoncées et les deux divisions pouvaient entrer en piste.

Néanmoins, à midi du 8 août, la situation avait évolué très défavorablement. La nuit qui permettait de réduire l'avantage des blindés allemands s'était estompée, offrant les troupes alliées comme sur un plateau aux observateurs ennemis. Sur le front, les DI allemandes sont renforcées par l'arrivée de la Hitlerjugend. L'effort canadien avait essentiellement porté sur le flanc droit, à l'ouest de la route Caen-Falaise, négligeant les hauteurs à l'est, et enfin le bombardement aérien qui devait précéder l'assaut fut très peu réussi occasionnant quelques dizaines de pertes à l’arriére de la division. Aussi, lorsque les chars d'assaut se mirent en marche dans la plaine, ils furent rapidement pris à partie par les canons des chars et des Flak allemands.

Souhaitant retrouver l'initiative après cette après-midi décevante du 8 août, Kitching, commandant la 4e DB canadienne, prépara une attaque nocturne. Pour cela, il forma deux groupes : la force Halpenny devait attaquer Bretteville-le-Rabet, la force Worthington] visait la cote 195 (vers Fontaine-le-Pin). Progressant dans l'obscurité, Worthington n'atteignit pas la cote 195 mais la cote 140 (entre Rouvres et Estrées-la-Campagne) en plein milieu des lignes de la Hitlerjugen. Au matin du 9 août, les Canadiens furent encerclés par les Panzer et les Tiger allemands, puis bombardés par erreur par leur propre aviation. Ce n'est qu'au soir qu'une charge du 1er Régiment polonais atteignit les survivants canadiens et leur permit de revenir vers les troupes alliées. Ils laissaient sur la cote 140 47 chars et 240 hommes[2]. Une croix érigée à cet endroit rappelle ces durs combats accompagnés de lourdes pertes humaines.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[4]
Période Identité Étiquette Qualité
  mai 1892 M. Noël    
mai 1892 mars 1895 M. Hervieu    
janvier 1896   M. Miette    
mai 1896 1953 Marc-Émile Robine    
mai 1953 1973 Louis Charpentier    
décembre 1973  ? Georges Thuret    
 ?  ? Odette Charpentier    
1983[5] avril 2014 Claudine Ragot SE Enseignante
avril 2014[6] en cours Marie-Noëlle Marc SE Agricultrice
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 221 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2008, 2013, 2018, etc. pour Rouvres[7]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
318 298 335 319 333 312 334 319 327
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
292 308 302 282 281 274 270 255 245
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
210 216 200 174 168 185 166 126 170
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
218 215 194 173 179 197 212 216 221
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le Chemin Haussé, voie romaine appelée également « Chemin du Duc Guillaume » qui fait l'objet d'un recensement à l'inventaire général du patrimoine culturel[10].
  • L'ancien château, connu sous le nom du logis de Rouvres (ou la Grande Ferme de Rouvres), est une construction qui peut remonter de la première moitié du XVIIe. Il forme un carré avec une cour au centre. Deux grandes portes surmontées de pavillons carrés se correspondent aux deux extrémités de la cour. Au dessous du rez-de-chaussée, des galeries voûtées font le tour du château, l'enceinte était entourée de larges douves[3].
  • L'église Notre-Dame est classée Monument historique par arrêté du 7 avril 1879[11]. L'église de Rouvres est plus grande que ne le sont habituellement les églises de campagne. Il n'est pas facile de se rendre compte de toutes les particularités qu'elle représente dans sa construction, car elle offre deux transepts séparés par un très petit espace, une déviation considérable dans l'axe du chœur et d'autres irrégularités bien singulières. Le chœur et le transept oriental datent du XIIIe siècle. La construction de la nef, d'un deuxième transept inachevé et de la tour de la lanterne du premier transept remonte quant à elle au XIVe siècle. La porte est décorée d'archivoltes remarquablement sculptées, portant de chaque côté sur trois colonnes en claire-voie. L'archivolte extérieure est ornée de deux rangs de feuilles de vigne qui se réunissent par leurs extrémités et forment ainsi une guirlande. Derrière ces bouquets, formés par la réunion des feuilles on voit la tête d'un personnage figurant un génie. La guirlande repose à gauche sur un clerc avec une crosse et chasuble, la main droite levée. Des tores garnissent la deuxième archivolte et les détachent de la troisième qui est ornée d'une guirlande d'artichaut disposés comme les premières. derrière chaque bouquet sont des personnages ailés. La flèche est une des plus caractérisées du XIVe siècle que l'on puisse citer : les arcatures, simulées par les arcades des la tour carrée montrent le style de la deuxième moitié ce siècle tel qu'on le trouve en Normandie dans les monuments les plus élégants. La pyramide, si légère et percée d'un très grand nombre de trèfles et de rosaces, parait un peu grêle pour la base, mais il faut remarquer que les quatre angles portaient des clochetons dont les amorces prouvent l’existence. On avait avec ces clochetons voulu imiter la tour de Saint-Pierre de Caen. Un retable très curieux du XIVe siècle ou de la fin du XIIIe offre dans une suite de tableaux séparés les uns des autres par des colonnettes, l'histoire du Christ[12]. Au cours des bombardements de juin 1944, le clocher de l'église s'effondra.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, afin de permettre les comparaisons entre communes selon une périodicité de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999, de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, outre les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement, que les années 2006, 2011, 2016, etc. et la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

      • Recherches personnelles Jean-François Thuret
    • F. Caleron, Statistique de l'arrondissement de Falaise, t. 3, 1829, p. 52-58
    • Arcisse de Caumont, Statistiques monumentales du Calvados, t. 2, 1850, p. 304-313
    • R. Quenedey, Recueil de documents d'architectures civile, 3e série, Calvados, 1929. pl. 19
    • Annuaire association normande (Congrès de Falaise, 1936) p. 170-171
    • Lucien Musset, Manoirs et fermes du pays de Falaise, dans Art de Basse Normandie, n° 19, 1960, p. 14-19
    • J. Esterle, L'Église de Rouvres, dans congrès archéologique, 132 ° session (1974), P. 215-220, Bessin et Pays d'Auge, 1978
    • Itinéraire générale de Normandie par Adolphe Joanne (1866)
  • Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2012 (site de l'IGN, téléchargement du 24 octobre 2013)
  1. a, b, c, d, e, f et g Recherches historiques sur la Commune de Rouvres par Emile ROBINE
  2. Mémorial de Montormel "La dernière bataille de Normandie, août 1944"
  3. a et b Rouvres par la Société archéologique de la Manche (1983)
  4. Archives départementales du Calvados (Délibérations du Conseil municipal de Rouvres).
  5. « Hommage du conseil municipal à Claudine Ragot », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 15 août 2014)
  6. « Rouvres (14190) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 23 juin 2014)
  7. Date du prochain recensement à Rouvres, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  10. Ministère de la Culture, Notice n° IA00000228
  11. « Église », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  12. Patrimoine de France

Liens externes[modifier | modifier le code]

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