Route de la Baie-James

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53° 47′ 11.2″ N 77° 37′ 02.3″ O / 53.786444, -77.617306 ()

Route de la Baie-James
image

Autres noms James Bay Road (en)
Longueur 620 km
Direction Nord / Sud
Extrémité Nord Radisson (km 617)
Intersections Voir ci-dessous
Extrémité Sud Matagami (km 0)

La Route de la Baie-James est une route isolée longue de 620 km qui traverse la région de la Jamésie dans le nord-ouest de la province de Québec. Elle constitue le prolongement nordique de la route 109 et relie les villes de Matagami et de Radisson. La route est pavée du début à la fin, entretenue et déneigée en hiver. Depuis 2002, elle n’a plus le statut de route provinciale et est maintenant administrée par la gouvernement régional d'Eeyou Istchee Baie-James. La route attire de nombreux touristes désirant se rendre jusqu’à la baie James.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction de la route de la Baie-James, en 1972

La route de la Baie James a été conçue dans le but premier de permettre à la machinerie et aux travailleurs d’accéder par voie terrestre aux grands chantiers des projets hydroélectriques entrepris au cours des années 1970. La construction de la route a débuté en 1971 et a été complétée en octobre 1974, ce qui a constitué une durée particulièrement courte compte tenu de l’ampleur des travaux à réaliser. La route, qui possède un empattement plus large qu'à l'ordinaire, a été conçue de manière à pouvoir supporter des poids aussi lourds que 500 tonnes.

Le premier jalon de sa construction a été posé en juin 1971 dans la petite ville minière de Matagami, située à 630 km au sud de la Grande Rivière. La firme d'ingénieurs Desjardins, Sauriol et Associés reçoit le mandat de construire une route carrossable vers La Grande Rivière et ensuite vers le village de Fort George, sur la côte de la baie James. Le délai imparti est particulièrement court : 450 milles (750 km) en 450 jours[1].

Le maître d'œuvre doit d'abord déployer des équipes d'arpenteurs et de bûcherons afin de délimiter le tracé de la route permanente. Ces quelques centaines d'hommes seront déployés au milieu de la forêt boréale en hydravion ou en hélicoptère. Ils devront d'abord aménager des campements de fortune avant de se mettre au travail. Les conditions de vie des travailleurs, qui passent des périodes de 45 à 60 jours dans le bois, sont difficiles. Selon la saison, ils doivent affronter la présence des mouches noires ou le froid intense selon les saisons. Malgré les salaires, « il faut engager en gros 1 500 hommes pour en avoir 500 sur le terrain »[2].

Parallèlement à ce tracé, une route de glace est construite pour déplacer les équipements et le matériel nécessaire vers le nord. Le projet atteint son premier objectif avec la mise en service, le 11 février 1972, d'un pont de glace de 555 m[3] qui traverse la rivière Rupert[4],[5]. La route temporaire atteint la Grande Rivière en décembre 1972 et permet de répondre aux besoins logistiques minimaux nécessaires pour débuter les travaux ainsi que la construction des infrastructures nécessaires afin de loger et de nourrir les milliers de travailleurs qui se succéderont au cours des dix prochaines années.

La route permanente, temporairement recouverte de gravier, sera officiellement ouverte le 20 octobre 1974. Elle sera complètement asphaltée au cours des deux années suivantes. L'ensemble des travaux a coûté 348 millions $[6].

Description de la route[modifier | modifier le code]

Quelques tronçons reliant la route de la Baie James à certaines installations d’Hydro-Québec ou à certains villages cris ont également été construits depuis son inauguration. Ainsi, les communautés cries de Waskaganish, Eastmain, Wemindji et Chisasibi sont maintenant accessibles par la route. Par ailleurs, la route Transtaïga, construite en 1979 et qui peut être empruntée à la jonction du kilomètre 544 de la route de la Baie James, permet d’atteindre Caniapiscau et donne accès à plusieurs installations du complexe hydroélectrique La Grande. La route du Nord relie quant à elle la ville de Chibougamau au kilomètre 275 de la route de la Baie James.

À l’exception de quelques campements cris, il n’y aucun territoire habité le long de la route de la Baie James et il n’y a qu’un seul relais routier, situé au kilomètre 381 à partir de Matagami. Il s'agit du seul endroit aux abords de la route où se trouve une station-service.

Puisque la route traverse un territoire isolé et éloigné, pour leur sécurité, les voyageurs sont invités à s’inscrire à un kiosque d’enregistrement situé à 6 kilomètres au nord de Matagami. Par ailleurs, six téléphones d’urgence sont installés le long de la route de la Baie James pour des raisons de sécurité.

Intersection Numéro du kilomètre
Matagami km 0
Rivière Bell km 2
Kiosque d'enregistrement km 6
Rivière Waswanipi km 38
Rivière Canet km 49
Rivière Muskeg km 99
Téléphone d'urgence Pictograms-nps-telephone.svg km 135
Téléphone d'urgence Pictograms-nps-telephone.svg km 201
Rivière Broadback km 232
Jonction avec la route vers Waskaganish102 km) km 237
Téléphone d'urgence Pictograms-nps-telephone.svg km 247
Rivière Rupert km 257
Jonction avec la route du Nord, vers Nemaska117 km) et Chibougamau440 km) km 275
Rivière Pontax III km 294
Téléphone d'urgence Pictograms-nps-telephone.svg km 301
Rivière Pontax I km 307
Rivière Pontax II km 312
Rivière Jolicoeur km 326
Jonction avec la route vers Eastmain103 km) km 351
Relais routier Pictograms-nps-telephone.svg km 381
Rivière Eastmain km 395
Rivière Opinaca km 411
Téléphone d'urgence Pictograms-nps-telephone.svg km 444
Téléphone d'urgence Pictograms-nps-telephone.svg km 504
Jonction avec la route vers Wemindji96 km) km 518
Jonction avec la route Transtaïga km 544
Aéroport de Radisson Grande-Rivière km 589
Jonction avec la route vers Chisasibi90 km) km 600
Jonction avec la route vers Radisson5 km) km 617
Fin de la route. Un chemin se poursuit jusqu'à l'aménagement Robert-Bourassa km 620

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lacasse 1983, p. 242-246
  2. Lacasse 1983, p. 247-253
  3. Société d'énergie de la Baie James 1987, p. 58
  4. Lacasse 1983, p. 257
  5. Société Radio-Canada, « La grande aventure de la baie James : Construire la route de la baie James », sur Les Archives de Radio-Canada,‎ 6 mars 2007 (consulté le 3 août 2008)
  6. Lacasse 1983, p. 273-274

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Bolduc, Du génie au pouvoir : Robert A. Boyd, à la gouverne d'Hydro-Québec aux années glorieuses, Montréal, Libre Expression,‎ 2000, 259 p. (ISBN 2-89111-829-4).
  • Roger Lacasse, Baie James, une épopée, Montréal, Libre Expression,‎ 1983, 653 p. (ISBN 2-89111-109-5).
  • (en) Walter Muma, « Travelling the James Bay Road : Join a remote-road explorer as he drives the lonely James Bay and Trans-Taiga Roads », Canadian Geographic,‎ Novembre-décembre 2005 (lire en ligne)
  • Pierre Turgeon, La Radissonie, le pays de la baie James, Montréal, Libre expression,‎ 1992, 191 p. (ISBN 2-89111-502-3).