Roure

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Roure
Le clocher de l'église Saint-Laurent et le village dominant la vallée de la Tinée
Le clocher de l'église Saint-Laurent et le village dominant la vallée de la Tinée
Blason de Roure
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Arrondissement de Nice
Canton Canton de Saint-Sauveur-sur-Tinée
Intercommunalité Métropole Nice Côte d'Azur
Maire
Mandat
René Clinchard
2014-2020
Code postal 06420
Code commune 06111
Démographie
Gentilé Rourois
Population
municipale
206 hab. (2011)
Densité 5,1 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 05′ 28″ N 7° 05′ 20″ E / 44.0911111111, 7.08888888889 ()44° 05′ 28″ Nord 7° 05′ 20″ Est / 44.0911111111, 7.08888888889 ()  
Altitude Min. 500 m – Max. 2 339 m
Superficie 40,3 km2
Localisation

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Roure est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Rourois.

C'est un village médiéval à l'architecture agro-pastorale.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village est situé à 1 100 m à l'entrée de la vallée de la Tinée, en lisière du Parc national du Mercantour.

Entre en 1859 et 1926, de nombreuses mines de cuivre ont été exploitées. Les difficultés d'extraction ont entraîné leur arrêt. On procède encore à des recherches géologiques sur le site de Pitaffe.

Roure est un site géologiquement intéressant car il se trouve à la limite entre le permien et le trias. Sur le territoire de la commune, on trouve :

La commune est accessible depuis Nice par la RN 202 (route nationale 202) en direction de Digne, au pont de la Mescla, puis la RD 2205, la RD 30 et la RD 130.

Outre le chef-lieu, la commune contient cinq hameaux : Rougios, perdu dans la montagne, Tiecs, la Cerise, Puch et Valabres, accessible par le GR 5 où il y avait un curé et une école jusqu'en 1904.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La première indication du village date de 1067 sous le nom de « Rora », mot dérivé du latin « robur » qui signifie « chêne ». Le village accueillait et élevait des troupeaux de vaches et de chèvres pour le compte de propriétaires et ceux-ci réglaient leurs affaires sous un grand chêne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le fief appartient à la famille de Thorame-Glandèves.

Le fief est ensuite acheté, vers 1340, par François Caïs, jurisconsulte à Nice. Le fief et son château sont convoités par Barnabé Grimaldi de Bueil car ils sont une enclave dans ses terres. Guillaume et Barnabé Grimaldi, fils d'Andaron Grimaldi devenu seigneur de Beuil par son mariage avec Astruge Rostang, demandent alors l'hommage à François Caïs. Barnabé n'ayant pas obtenu cet hommage, il attaque le château, mais est blessé par le fils de François Caïs, Bertrand. Remis de ses blessures, Barnabé Grimaldi réussit à prendre le château avec l'aide de sa parentèle, des habitants de Roure. Pour se venger, il tranche le poignée droit de Bertrand Caïs et lui crève les deux yeux avant de le laisser mourir, en 1353[1]. La reine Jeanne condamne Barnabé de Grimaldi et les habitants à payer 2 000 florins d'or. Mais le fief reste aux mains des Grimaldi de Bueil. Les autres parts du fief qui appartenaient à Pierre Balbi, seigneur de Valdeblore, de Marie, de Rimplas, de Saint-Sauveur, ont été confisquées et données à Jean Grimaldi de Bueil, en 1384. Les deux fils de Barnabé, Jean et Louis, ont été les acteurs principaux de la dédition de Nice à la Savoie, en 1388. Auparavant, le village est confisqué en juin 1385 aux Grimaldi pour être donné à un fidèle de la cause angevine, Pierre Balbi, seigneur de Tende[2].

Le fief a appartenu aux Grimaldi de Bueil jusqu'à l'exécution d'Annibal Grimaldi, en 1621. Le château est alors détruit et le fief donné à la famille piémontaise Allbrione.

Depuis toujours, l'isolement du village obligea ses habitants à vivre en autarcie ne descendant de la montagne qu'à pied ou à dos de mulet. La route ne fut créée qu'après la Seconde Guerre mondiale, cependant en 1927 les habitants mettent en place un câble de 1 850 m de long porteur de wagonnets en bois et actionné par un moteur électrique. Il fonctionna jusqu'en 1962 permettant d'assurer la descente de la production (lait, fromages et farine) et de remonter les provisions et le courrier. Dans le village même, des brouettes à moteur montées sur chenilles permettent le transport des objets lourds le long des ruelles en pente et des escaliers.

La route d'accès n'est arrivée à Roure qu'en 1933. Le tronçon menant à la chapelle Saint-Sébastien date de 1968.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Jean-Paul Blanc    
mars 2008 en cours René Clinchard[3]    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 206 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
652 434 540 577 646 692 572 592 570
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
440 478 558 504 502 535 517 510 507
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
263 222 203 194 167 247 145 148 71
1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011 - -
112 147 167 195 198 216 206 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Le village de Roure dispose d'une boulangerie qui est ouverte tout les samedis soirs (pour la traditionnelle pizza) et dimanches matins.

De plus, les rourois ont le bonheur de trouver dans leur village, le restaurant gastronomique Le Robur, qui s'est vu attribuer une étoile Michelin en Mars 2014.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune possède deux bâtiments classés à l'inventaire des monuments historiques.

L'église Saint-Laurent[6], de style romano-gothique, abrite un retable de François Bréa sur le thème de l'« Assomption de la Vierge » datant de 1560. Sa façade à niches est de style classique piémontais et son clocher est de style roman.

La chapelle Saint-Sébastien[7] a été construite pour conjurer le danger de la peste de 1510 à 400 m à la sortie du village. Elle est décorée de fresques naïves du peintre Andrea de Cella. Les fresques murales comprennent six panneaux consacrés à la vie de saint Bernard de Menthon et six autres, en vis-à-vis, racontant des épisodes de la vie de saint Sébastien. Sur le mur du fond, on peut voir, au sommet, le Christ sortant du tombeau, en dessous, au milieu, saint Bernard de Menthon tient le diable enchaîné. À sa gauche est représenté saint Sébastien percé de flèches et, côté opposé, saint Roch tenant un bourdon de pèlerin et montrant la plaie de sa cuisse qui est un stigmate de la peste pour la guérison de laquelle on l’invoquait.

Une des particularités de la chapelle est la fresque dite des « Vices ». Elle a été commandée par les villageois dans un but moralisateur pour rappeler le châtiment réservé aux personnes ayant fauté par la chair. Cette fresque a probablement été voulue par la communauté villageoise à la suite du péché de chair commis 83 ans plus tôt entre l’abbé Pierre Blanqui et Delphine, femme de Jean Bovis.

À l'extérieur un bénitier à tête sculptée.

Le patrimoine de la commune présente également plusieurs lieux et monuments :

  • la chapelle Saint-Pierre des Pénitents Blancs, construite au XVIIIe siècle, transformée en mairie ;
  • la chapelle Notre-Dame-des-Grâces, ou de la Madone, datant du XVe siècle située à l'entrée du village ;
  • le four communal, en service le week-end ;
  • le moulin à farine et à huile, unique en son genre[Pourquoi ?]dans les Alpes-Maritimes de par sa double utilisation.
  • le vieux lavoir à trois arches ;
  • le castel, ancienne maison forte démantelée en 1621 ;
  • l'arboretum Marcel Kroenlein sur quinze hectares entre 1 280 et 1 700 m d'altitude. On y trouve des collections de conifères, de joubarbes, d'érables, de genévriers et de rosiers. Des sculptures y sont présentées[8] ;
  • le plateau de Longon, par le GR 5 et son refuge : hameau de Vignols, mont Mounier, mont Gravières (2 331 m) ;
  • les blockhaus de Valabres principal et annexe, construits entre 1931 et 1935 face au centre de résistance de Rimplas[9] ;
  • au hameau de Tiecs : la chapelle Sainte-Anne du XVIIe siècle et le menhir ou Peira, monolithe en grès rose de 2,27 mètres de haut, découvert en 1969 par P. Bodard ;
  • au hameau de Valabres : l'église Notre-Dame-des-Neiges, du XVIe siècle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Roure Blason D’argent au chêne rouvre arraché de sinople, englanté d’or posé sur un mont escarpé de pourpre mouvant de la pointe.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Barbier, Châteaux et places fortes du comté de Beuil, p. 178, année 1994, no 11, Texte.
  2. G. Xhayet, op. cit., p. 421.
  3. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  6. « Église Saint-Laurent », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. « Chapelle Saint-Sébastien », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. Michèle Ramin, Arbres de la Tinée et du Comté. L'arboretum de Roure, conservatoire de nos fprêts, p. 156-159, Nice-Historique, année 1993, no 3-4, Texte.
  9. « blockhaus dit ouvrage d'avant-poste de Valabres principal », base Mérimée, ministère français de la Culture.