Rouleau de cuivre

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Partie du rouleau
Partie du rouleau
Parties du rouleau de cuivre

Le rouleau de cuivre est un des manuscrits de Qumrân trouvé à Khirbet Qumrân. Il diffère sensiblement des autres qui ont été écrits sur du cuir ou des papyrus. Celui-ci a été écrit sur du cuivre très pur, mélangé à environ 1 % d’étain. Le rouleau de cuivre est exposé au musée archéologique d'Amman en Jordanie.

Histoire et origine[modifier | modifier le code]

Le rouleau a été trouvé le 20 mars 1952 dans la grotte 3 de Qumrân avec l'équipe d'Henri de Contenson, la première à avoir été fouillée par les archéologues (référence 3Q15). Le rouleau était cassé en deux parties roulées séparément et disposées l'une sur l'autre contre la paroi rocheuse du fond de la grotte. Leur oxydation ne permettait pas qu'ils soient simplement déroulés. En octobre 1955, le professeur H. Wright Baker, du College of Technology de Manchester (Angleterre), a scié les deux volumes en lamelles pour obtenir 23 bandes incurvées ainsi que de nombreux éclats qui s'étaient détachés au cours du découpage. On découvrit alors que le rouleau, haut de 30 cm, avait une longueur totale de 2,28 mètres et une épaisseur inférieure à 1 mm et qu'il avait été fabriqué avec trois feuilles de cuivre rivées les unes aux autres.

Joseph Milik étudia le texte réparti en 12 colonnes en hébreu carré et en donna la première traduction. Le contenu était étonnant : contrairement aux autres manuscrits, il ne s'agit pas d'une œuvre littéraire mais d'une liste de 64 lieux où sont enfouis des trésors en Israël : or et argent comptés en milliers de talents, objets cultuels, vêtements sacerdotaux, encens et essences précieuses avec des indications de directions ou de lieux très précises. Pourtant aucun trésor n'a jamais été retrouvé.

Les dernières lignes du texte indiquent une cachette où a été enfouie une copie de la liste. Elle n'a jamais été retrouvée sans doute parce qu'elle était rédigée sur une peau ou du papyrus, plus fragiles que le métal. La plupart des caches semblent être situées autour de Qumrân, de Jéricho et de Jérusalem, certaines aussi dans la vallée du Cédron et les trois dernières en Samarie.

En 1993, le rouleau a été confié à EDF afin d'être restauré. Une copie conforme a été réalisée par galvanoplastie. Un nouveau déchiffrement a permis de réduire de 64 à 60 le nombre de cachettes listées.

Style d'écriture[modifier | modifier le code]

Le style est différent de celui des autres rouleaux découverts à Qûmran. Il est écrit dans un hébreu proche de celui de la Mishnah. L'orthographe est inhabituelle et l'écriture révèle l'utilisation d'un style. Une anomalie réside aussi dans le fait que sept des noms de lieux sont précédés d'un groupe de deux ou trois lettres grecques.

Hypothèses[modifier | modifier le code]

On a supposé que le trésor mentionné dans le rouleau était celui du temple juif de Jérusalem, probablement le second. Le professeur McCarter a réalisé une tentative d'identification d'un emplacement, sur la propriété de la « Maison de Hakkoz », avec la famille de Hakkoz à laquelle auraient appartenu les trésoriers du temple reconstruit, après le retour de Babylone, comme indiqué dans les Livres de Esdras et Néhémie. Ces théories sur l'origine du trésor ont été remises en cause par Theodor H. Gaster :

  • Tout d'abord, le trésor pourrait être celui de la communauté de Qumran. La difficulté ici est que la communauté est supposée appartenir à un mouvement ascétique, ce qui parait peu compatible avec la possession d'un important trésor.
  • Deuxièmement, le trésor pourrait être celui du Second Temple de Jérusalem. Toutefois, Gaster cite Flavius Josèphe, indiquant que le principal trésor du Temple était encore dans l'immeuble quand il est tombé sous la domination romaine ; de plus d'autres textes de Qumran semblent être trop critiques à l'égard du sacerdoce du Temple pour que leurs auteurs aient pu emporter leurs trésors et en assurer la garde.
  • Troisièmement, le trésor pourrait être celui du Premier Temple de Jérusalem, détruit par Nabuchodonosor II, le roi de Babylone, en -586. Cela ne semble pas cadrer avec le caractère des autres parchemins, sauf si le rouleau a été laissé dans une grotte pendant l'exil babylonien, éventuellement avec une petite communauté de gardiens qui auraient été des précurseurs de la communauté de la mer Morte.
  • Quatrièmement, Gaster expose sa propre théorie selon laquelle le trésor serait un canular. Si tel est le cas, la motivation de ce canular nous est inconnue.

L'idée de trésors antiques perdus, cachés en Terre sainte n'est pas sans fasciner. Le Second Livre de Macchabées décrit le prophète Jérémie portant l'Arche d'alliance et d'autres éléments pour les cacher sur le mont Nébo. Le rouleau de cuivre semble indiquer qu'il pourrait subsister un trésor quelque part dans les parages d'Hébron, du mont Garizim, s'il n'a pas déjà été découvert au cours des derniers 2000 ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Farha Mékarbi et Émile Puech, Les Manuscrits de la mer Morte, Éditions du Rouergue, 2002

Roman[modifier | modifier le code]

  • Marek Halter, Les Mystères de Jérusalem, Éditions Pocket Robert Laffont, 1999