Rouge d'Ottrott

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Alsace
Ottrott depuis Mont Sainte-Odile.JPG
Le vignoble d'Ottrott vu depuis Mont Sainte-Odile.
Désignation(s) Alsace
Appellation(s) principale(s) alsace[1]
Type d'appellation(s) AOC-AOP
Reconnue depuis 1984
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble d'Alsace
Localisation Bas-Rhin
Climat tempéré continental
Superficie plantée 35 hectares
Cépages dominants pinot noir N[2]
Vins produits rouges
Pieds à l'hectare minimum 4 000 pieds par hectare
Rendement moyen à l'hectare 60 à 66 hectolitres par hectare[3]

Le rouge d'Ottrott est un vin rouge produit sur la commune d'Ottrott, dans le Bas-Rhin. Il s'agit d'une dénomination géographique au sein de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) alsace[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Des bénédictins venus de Bourgogne, en 1109, apportèrent avec eux des plants de ce cépage et s'installèrent à Ottrott. Ils aménagèrent en terrasses le versant sud de la colline du Steinberg et cette production de vin rouge resta attestée jusqu'en 1130. L'empereur Karl Friedrich fit don d'un vignoble de ce terroir à l'abbaye Saint-Pierre d'Étival en 1180. Un propriétaire laïc, Karl Hohenburg, fut désigné, pour la première fois, en 1257, dans un bref du pape Alexandre IV. Un acte du cite les vignobles d'Erlebach avec ceux du Hungensberg, Mittelbuhel et Wardwege[4].

Période moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Bouteille de rouge d'Ottrott

En 1899, la superficie du vignoble atteignait 46 hectares mais régressa ensuite au cours du XXe siècle pour plafonner à 40 hectares en 1955 avec une production de 2 550 hectolitres. Depuis le début du XXIe siècle la diminution du vignoble s'est accélérée puisqu'il ne compte plus que 35 hectares[4].

Après une demande de modification du cahier des charges de l'appellation alsace le , comprenant notamment la demande de reconnaissance de plusieurs dénominations géographiques, dont celle du rouge d'Ottrott qui s'étendrait aussi sur une partie de la commune d'Obernai[5], le décret du créé la dénomination géographique « Ottrott »[3].

Étymologie[modifier | modifier le code]

La première mention écrite du toponyme Ottrott date d'un document de l'an 1059, rédigé en latin, suite à l'ordonnance du roi Heinrich IV (roi et empereur germanique) envers l'évêque Hezel de Strasbourg, qui cite la villa Otonis, quae dicitur Ottenroden. Il semble donc qu'un certain chevalier Oton ou Otton s'était installé dans cette contrée alors sauvage et recouverte de forêts (Rode en langage haut allemand). D'autres estiment que ce nom vient de Ot-Trott (« cave ou cellier d'Oton »). Selon une autre hypothèse, Ottenroden signifierait auf der roten Erde (« sur la terre rouge »).

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Le rouge d'Ottrott est produit en France, dans la région Alsace, plus précisément dans le département du Bas-Rhin, sur les communes d'Ottrott et d'Obernai (la première à 4 kilomètres à l'ouest de la seconde), à 31 kilomètres au sud-ouest de Strasbourg.

Géologie[modifier | modifier le code]

Les vignes poussent essentiellement sur des dépôts récents du Quaternaire arrachés par l'érosion aux collines sous-vosgiennes se trouvant à l'ouest d'Ottrott. Il s'agit de dépôts de solifluxion datant du Pléistocène, ainsi que de dépôts encore plus récents de piedmont datant du Mindel ou du Riss, composés de débris et de blocs majoritairement du Buntsandstein emballés dans une matrice argilo-limoneuse[6],[7].

Article détaillé : échelle des temps géologiques.

Climatologie[modifier | modifier le code]

À l'ouest, les Vosges protègent le coteau du vent et de la pluie. Les vents d'ouest dominants perdent leur humidité sur le versant occidental des Vosges et parviennent en Alsace sous forme de foehn, secs et chauds. Les précipitations sont donc particulièrement faibles.

De ce fait, le climat est bien plus sec (Colmar, plus au sud, est la station la plus sèche de France) et un peu plus chaud (avec une température annuelle moyenne plus haute de 1,5 °C) que ce qui serait attendu à cette latitude. Le climat est continental et sec avec des printemps chauds, des étés secs et ensoleillés, de longs automnes et des hivers froids.

Article détaillé : climat du Bas-Rhin.

La station météo de Strasbourg150 mètres d'altitude) est la plus proche de Wolxheim, mais la station se trouve au bord du Rhin, en plaine. Ses valeurs climatiques de 1961 à 1990 sont :

Relevés à Strasbourg 1961-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) -1,7 -0,9 1,6 4,6 8,6 11,7 13,4 13,1 10,3 6,5 2,1 -0,7 5,7
Température moyenne (°C) 0,9 2,5 6 9,6 13,8 17 19,1 18,6 15,5 10,6 5,2 1,9 10,1
Température maximale moyenne (°C) 3,5 5,8 10,4 14,6 19 22,2 24,7 24,2 20,8 14,7 8,2 4,5 14,4
Ensoleillement (h) 42 78 122 161 197 212 240 215 168 101 58 43 1 637
Précipitations (mm) 33,1 34,3 36,6 48 74,5 74,6 56,8 67,8 55,5 43 46,6 39,9 610,5
Source : www.infoclimat.fr : Strasbourg (1961-1990)[8]


Vignoble[modifier | modifier le code]

Le vignoble s'étend sur la seule commune d'Ottrott.

Encépagement[modifier | modifier le code]

Le seul cépage utilisé est le pinot noir N. Il s'agit d'un cépage capricieux, craignant nombre de maladies. Il débourre précocement, ce qui fait qu'il est sensible aux gelées printanières, notamment en plaine ou en bas des coteaux.

Article détaillé : pinot noir.

Méthodes culturales[modifier | modifier le code]

Rendements[modifier | modifier le code]

En 2009, les rendements autorisés étaient au maximum de 75 hectolitres par hectare pour les rosés et de 60 pour les rouges, sans plafond limite de classement[9].

Vins[modifier | modifier le code]

Vinification et élevage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : vinification du vin rouge.

Pour faire un vin rouge, il faut que la macération dure le temps de la fermentation alcoolique. Outre la couleur, elle permet de solubiliser les tanins. Le pressurage intervient à ce moment-là pour séparer le vin du marc de raisin. Le vin subit alors la fermentation malolactique. Elle transforme l'acide malique à deux groupes carboxyle, en acide lactique qui n'en comporte qu'un. L'opération conduit à une désacidification naturelle du vin ; elle arrondit le vin, le rend plus souple et moins âpre.

Terroir et vins[modifier | modifier le code]

Situé au pied du mont Sainte-Odile, le vignoble d'Ottrott possède un terroir viticole où se complaît le pinot noir, cépage à la base du vin rouge de cette commune[4].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Le rouge d'Ottrott est le plus souvent un vin à la robe d'un rouge léger voir d'un rose soutenu. Pour le nez et la bouche, c'est un vin léger (très peu tannique) et fruité (petits fruits rouges et noirs).

Les pinots noirs d'Alsace s'accordent avec la cuisine alsacienne, notamment avec les plat nécessitant un vin rouge.

Article détaillé : gastronomie en Alsace.

Économie[modifier | modifier le code]

Bouteilles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : flûte d'Alsace.

Les vins d'Alsace doivent être mis en bouteille uniquement dans des flûtes, c'est-à-dire des bouteilles du type « vin du Rhin » de 75 centilitres, règlementées par plusieurs décrets[10].

Structure des exploitations[modifier | modifier le code]

La superficie plantée correspond actuellement à 32 hectares[11].

Commercialisation[modifier | modifier le code]

Liste de producteurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  2. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  3. a et b [PDF] Direction générale des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires, « Cahier des charges de l'appellation », sur http://agriculture.gouv.fr/, homologué par le « décret no 2011-1373 du 25 octobre 2011 modifiant l'ordonnance n° 45-2675 du 2 novembre 1945 relative à la définition des appellations d'origine contrôlées des vins d'Alsace et homologuant les cahiers des charges des appellations d'origine contrôlées « Alsace » ou « Vin d'Alsace » et « Crémant d'Alsace » et des cinquante et une appellations « Alsace grand cru » », JORF, no 0251,‎ 28 octobre 2011, p. 18196.
  4. a, b et c Historique du Rouge d'Ottrott
  5. Demande de modification du cahier des charges de l'appellation, avis publié au JORF n° 0301 du 29 décembre 2010.
  6. Notice de la carte du BRGM [PDF]no 271 (Molsheim, disponible sur le site infoterre.brgm.fr.
  7. Carte géologique centrée sur Ottrott sur Géoportail.
  8. Archives climatologiques mensuelles de Strasbourg de 1961 à 1990, sur le site www.infoclimat.fr.
  9. Fiche sur l'appellation, sur le site www.vinsalsace.com.
  10. Décret no 55.673 du 20 mai 1955 sur l'emploi de la bouteille type vin du Rhin, arrêté du 13 mai 1959 et décret no 63-295 du 19 mars 1963 relatif aux caractéristiques des bouteilles susceptibles de servir de récipients mesures dans le commerce de certains liquides, consultables sur le site www.legifrance.gouv.fr.
  11. Site de la commune d'Ottrott
  12. Site du domaine Fritz-Schmitt.
  13. Site du domaine Jean-Charles Vonville & fils.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]