Rose d'or

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Rose d'or de Minucchio da Siena (1330), Musée national du Moyen Âge

La Rose d'or est un ornement béni par le pape, destiné à honorer des souverains ou des sanctuaires catholiques. Comme son nom l'indique, il représente une rose, un bouquet de roses ou un petit rosier en or massif.

Histoire[modifier | modifier le code]

La rose d'or apparaît dès le début du Moyen Âge. La première mention attestée est une bulle de 1049, dans laquelle Léon IX exempte le couvent de Sainte-Croix de Woffenheim (Alsace) à condition que l'abbesse envoie annuellement une rose d'or au Saint-Siège. La chronique de Saint-Martin de Tours mentionne le plus ancien don connu d'une rose d'or par le pape : don d'Urbain II au comte Foulque IV d'Anjou, en 1096. Dès le bas Moyen Âge, le don d'une rose d'or pour honorer un souverain supplante le don des clefs de Pierre, institué au VIIIe siècle.

La rose est traditionnellement portée en procession, de la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem jusqu'au palais du Latran, lors du dimanche de Lætare (quatrième dimanche de Carême), également appelé dimanche de la Rose pour cette raison. Elle est d'abord portée par le pape lui-même. Par la suite, quand le poids de la rose augmente, un clerc est chargé de cette tâche. C'est à cette occasion que le pape bénit, dans la sacristie de Sainte-Croix, le baume et le musc destinés à la rose, avant que celle-ci ne soit portée par un ablégat à son destinataire, ou remise à un ambassadeur résident. En 1895, la charge de porter la rose d'or est confiée à un camérier secret de cape et d'épée.

À l'époque contemporaine, Jean-Paul II a remis des roses d'or à de nombreux sanctuaires dédiés à la Vierge Marie, comme celui de Lourdes en France, d'Aparecida au Brésil ou de Guadalupe au Mexique. En l'année 2006, le pape Benoît XVI a donné la Rose d'Or au Sanctuaire de Jasna Góra (Pologne). En 2007 il a donné la Rose à la basilique d'Aparecida, au Brésil.

La dernière rose d'or jusqu'ici a été remise au Sanctuaire de Notre-Dame de Montaigu (Scherpenheuvel), en Belgique, par Benoît XVI, le 2 février 2011.

Représentation et symbolique[modifier | modifier le code]

La plus ancienne représentation de la rose d'or (XIIIe siècle) est une rose seule portant en son cœur une petite coupe ajourée contenant du baume et du musc. Avec Sixte IV, le dessin se complique : la rose d'or représente également des tiges épineuses, des feuilles ou encore des bourgeons ; des pierres précieuses sont serties dans le bijou. Par la suite, on y ajoute un piédestal et un vase. Ainsi, en 1668, la rose d'or envoyée par Clément IX à Marie-Thérèse d'Autriche, épouse de Louis XIV, pèse 4 kilos.

La rose d'or, si elle est un présent coûteux, revêt également une importance symbolique : la rose symbolise le Christ — la rose rouge en particulier symbolisant sa Passion. On interprète en ce sens un verset du Cantique des cantiques : « Je suis la fleur des champs et le lis des vallées » (2-1), ou encore un verset du livre d'Isaïe : « et il sortira un rejeton de la souche de Jésée , et une branche de ses racines fructifiera ». Cette signification mystique est présente dans les lettres accompagnant la rose, ou encore dans les sermons prononcés le dimanche de Lætare.

Exemplaires connus[modifier | modifier le code]

La plupart des roses d'or ont été fondues par leur destinataire, afin de récupérer l'or à des fins monétaires. Les exemplaires subsistant sont donc peu nombreux :

Les destinataires de roses d'or[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) « Golden Rose », dans Catholic Encyclopedia, 1913 ;
  • C. Burns, Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard,‎ 2003 (ISBN 2-213-618577) ;
  • E. Müntz, « Les Roses d'or pontificales », Revue de l'art chrétien, no 44 (1901).

Lien externe[modifier | modifier le code]