Rose Caron

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Rose Caron

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Antoine François Dezarrois d'après Léon Bonnat

Nom de naissance Rose Lucile Meunier
Naissance 17 novembre 1857
Monnerville, Drapeau de la France France
Décès 9 avril 1930 (à 72 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale artiste lyrique
soprano
Style Opéra
Activités annexes professeur de chant
Lieux d'activité Opéra de Paris (1885 à 1887)
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Jules Massenet, Marie Sass
Enseignement Conservatoire de Paris
Conjoint Benoni Caron
maîtresse de Théophile Delcassé
Chère amie de Georges Clemenceau
Distinctions honorifiques chevalier de la Légion d'honneur (1905)

Répertoire

Rose Caron, née Rose Lucile Meunier le 17 novembre 1857 à Monnerville et morte le 9 avril 1930 à Paris, est une cantatrice française fameuse notamment pour ses interprétations du répertoire wagnérien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Rose Lucile Meunier est originaire de Monnerville dans l'Essonne, d'une famille modeste puisque ses deux parents sont maraîchers. Elle épouse très jeune Benoni Caron, un pianiste atteint d'une déformation dorsale, ce dernier lui donne l'occasion de monter à Paris mais elle restera attachée à son village d'origine alternant les séjours dans sa demeure familiale à Monnerville (l'ancienne Auberge du Cygne) et son appartement à Paris, 4 square du Roule.

Séparée depuis longtemps de son mari, elle divorce en 1886 tout en conservant son nom au théâtre.

Brune, jolie, élancée, elle exerce un certain envoûtement sur ses nombreux admirateurs et son succès lui permet de côtoyer les grands de ce monde. Son charme est grand et reste intact au fil des ans et c'est ainsi qu'autour de la cinquantaine[1] elle rencontre Georges Clemenceau dont elle sera la compagne, l'amie dévouée et fidèle, peut-être même la conseillère[2].

Elle a également été la maîtresse de Théophile Delcassé[3].

En 1878 – au cours de son mariage avec Benoni Caron - elle eut une fille, Pauline, laquelle lui donna en 1911 une petite-fille, Rose-Marie, qui mourut d’une péritonite à l’été 1929. De ce décès Rose Caron garda une grande douleur[4].

Rose Caron est faite chevalier de la Légion d'honneur en 1905 par le sous-secrétaire d'État aux Beaux-arts Étienne Dujardin-Beaumetz lors de la cérémonie de remise des prix au Conservatoire de Paris.

Elle meurt à Paris le 9 avril 1930 à 72 ans, quelques mois après Georges Clemenceau (24 novembre 1929), et est enterrée au cimetière de Monnerville dans le caveau familial.

Sur son acte de décès il est mentionné qu'elle est membre du Conseil Supérieur du Conservatoire de Paris et chevalier de la Légion d'honneur[5].

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Cantatrice classique douée d'une belle voix de soprano et d'un joli physique, elle entre au Conservatoire de Paris en 1875. Elle étudie aussi ensuite avec Jules Massenet puis avec Marie Sass[6], elle même grande tragédienne lyrique[7].

En 1878, elle termine sa scolarité au Conservatoire de Paris et obtient un deuxième prix en chant et un premier accessit en opéra.

Elle débute aux concerts Pasdeloup en 1879 ou elle chante le rôle d'Elsa dans Lohengrin de Wagner puis elle rejoint les chœurs du théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 1882 ou elle se fait remarquer dans "Marguerite" du Faust de Gounod, et "Valentine" des Huguenots de Meyerbeer[8].

En 1885 elle crée le rôle de "Brünnehilde" dans Sigurd d'Ernest Reyer et rencontre un très grand succès à tel point que l'auteur Ernest Reyer demanda spécifiquement que le rôle de Brünnehilde soit confié à Rose Caron lorsque le directeur de l’Académie nationale de musique de l'Opéra de Paris veut monter son œuvre à Paris[9].

Elle rejoint l'Opéra de Paris de 1885 à 1887 et participe à de nombreuses créations telle Salammbô[10], puis repart vers le Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en novembre 1887. En 1888, elle crée le rôle de Laurence dans l'opéra Jocelyn de Benjamin Godard, oeuvre tirée d'un poème de Lamartine refusée à l'Opéra de Paris et qui sera créée au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles.

Son départ de l'Opéra Garnier empêcha tout d'abord Verdi de faire représenter son Otello à Paris, car le maître ne pouvant imaginer d'autre cantatrice que Rose Caron pour le rôle de Desdémone, elle créera néanmoins le rôle le 12 octobre 1894[11].

Elle fait aussi un court séjour à l'Opéra-comique où elle rencontre le succès dans Iphigénie en Tauride[12] et Orphée de Gluck.

Elle quitte la scène en 1902 et se concentre ensuite sur l'enseignement du chant au Conservatoire National Supérieur de Paris[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://ilyaunsiecle.blog.lemonde.fr/2008/01/14/14-janvier-1908-restons-discrets-sur-la-vie-privee-de-clemenceau/
  2. Georges Gatineau-Clemenceau - Des pattes du Tigre aux griffes du destin - Paris - 1961 - 412 pages
  3. Delcassé Par Louis Claeys Publié par Acala, 2001 (ISBN 2914607601), (ISBN 9782914607605) 345 pages
  4. Correspondances de Clemenceau, coll. Bouquins, partie Dictionnaire - pages 973 & 974
  5. « Notice no 19800035/136/17166 », base Léonore, ministère français de la Culture
  6. « Ma cousine Rose Caron » (consulté le 4 septembre 2007)
  7. http://www.archive.org/stream/lecostumeauth42pariuoft/lecostumeauth42pariuoft_djvu.txt
  8. Le Palais Garnier dans la société parisienne: 1875-1914 Par Frédérique Patureau Publié par Editions Mardaga, 1991 (ISBN 2870094027), (ISBN 9782870094020) 489 pages
  9. Journal L'Illustration n° 2134 du 19/01/1884 : Sigurd à Bruxelles. L'œuvre de M. Reyer a trouvé à Bruxelles une interprétation digne d'elle : les rôles de Sigurd et de la Walkyrie, attribués à M. Jourdain et à Mme Caron, sont remarquablement tenus. Mme Caron a une voix chaude et bien timbrée, une prononciation d'une extrême pureté et elle donne à son rôle un cachet dramatique auquel sa jeunesse et sa beauté ajoutent un charme irrésistible. Sa place est marquée à l'Opéra de Paris).
  10. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/roman_0048-8593_1982_num_12_38_4579?_Prescripts_Search_tabs1=standard&
  11. http://www.bibliorare.com/cat-vent_rossini20-04-07-2.pdf
  12. Ces musiciens qui ont fait la musique: autographes et manuscrits musicaux du 16e au 20e siècle : Musée royal de Mariemont26 octobre 1985-31 mars 1986 Par Musée royal de Mariemont, Gérard Pinsart Publié par Le Musée, 1985
  13. Trente ans de théâtre, Par Adrien Bernheim Publié par Rueff, 1904