Rosace (architecture)

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de la Rose
Rosa single pale pink 3.jpg
et des fleurs d'
Anemone hupehensis4.jpg
- anémone
Églantier4.jpg
- églantier
Colchicum arenarium.jpg
- colchique
à la Rosace
Strasburg muenster rosette westfassade.jpg

En architecture et en décoration, une rosace est une ouverture (baie) en forme de Rose (fleur) dans un mur, dans une cloison, dans un garde-corps, dans une séparation bâtie qui délimite un espace. Ces ouvertures sont destinées à fournir le jour mais pas la vue. La rosace est préalablement aussi l'élément de décor sculpté, sans aucune ouverture. Ces éléments présentent une forme circulaire symétrique centrée avec des portions de courbes. Historiquement, le mot « rosace » a été réservé formellement au décor sculpté, au dessin ouvragé en ornement sur une paroi, et le mot « rose » à une baie en « forme de fleur »[1].

Mythologie de la rose traduite en architecture et décoration[modifier | modifier le code]

On établit le nom de rose dans l'Architecture des églises pour la baie en français, en anglais, en allemand, en espagnol, en portugais... Et tardivement au XVIe siècle le nom de cette baie dans le mur est remplacé par son nom vernaculaire de rosace. Mais si la culture locale du pays où cette architecture apparaît ensuite est basée sur des conceptions différentes de base de l'architecture, le terme initialement retenu est plutôt le terme tardif de rosace[2] à la place de rose, y compris en Italie qui avait rejeté l'art gothique. Une des raisons de l'abandon du terme de rose est que la rosace est issue de la représentation de plusieurs fleurs d'un point de vue de la science botanique: rose d'israël, églantier, anémone, colchique... Elle se diversifie donc aussi en formes.

En France, pays d'invention de la « rose » gothique, cette baie verticale originale au Moyen-Âge (probablement partie de la reformulation de l'oculus selon une tournure nouvelle inspirée par l'architecture du sud de la Méditerranée avec un remplage amorcé), la dénomination au XIXe siècle devient malgré tout la rosace. Y compris dans le milieu architectural qui encore la met en place dans des ouvrages modernes. Dans cette période récente d'expression culturelle généralisée en Occident où on accumule des éléments culturels historiquement voire géographiquement séparés, l'élément style néo-gothique de fenêtre dépasse en importance dans l'Architecture l'ornement sur une paroi de séparation ou un garde-corps. Car on préfère partout en Occident alors mais en suivant l'architecture locale sa juxtaposition avec l'expression d'un style de colonage classique, néo-classique etc. On délaisse désormais la différenciation d'origine : rose pour la fenêtre symétrique particulière et rosace pour l'ornement sculpté sans ou avec jour.

Avec sa symbolique portée, initialement cette architecture formulée sur la rose [note 1] est traditionnellement porteuse du mystère de la vie et de la mort et de l'amour. Elle est une traduction transculturelle de l'observation de la vie. Par exemple en Égypte antique les stèles et les signes astraux lune et soleil sont parfois entrecroisés sur un motif de « rose », ou dans la Civilisation carthaginoise les dessins présents sur les stèles ont cette formulation en « rose » (Tophet de Carthage). Ce sont des symboles d’éternité.
L'architecture des églises chrétiennes porte de son côté ses symboles transcendantaux avec la Rosa Mystica. La rosace constitue le support en pierre (remplage) d'un grand vitrail, ou est une ouverture de forme circulaire mise en ensemble pour le décor dans une église. L'ancienne appellation de cette formule de la baie dans le mur d'architecture, jusqu'au XIXe siècle, est tout simplement rose [note 2]. La rosace est présente dans les styles roman tardif en fond de nef et d'abord (c'en est une des inventions avec l'arc en ogive) en style gothique - dans son sens actuel qui dépasse la simple ouverture impérativement ronde mais plutôt l'ouverture à broderie de pierre ou de métal - aux extrémités du vaisseau central ou de bras du transept. La rosace est aussi présente dans les styles modernes (style néogothique) et contemporains non historicistes d'église, y compris en béton brut (brutalisme).
Les exemples les plus connus en France sont les rosaces de la cathédrale de Chartres et de la Notre-Dame de Paris au-dessus du portail.

Rosace en céramique ornant le plafond de la salle des prières de la mosquée Nasir-ol-Molk.

L'architecture des mosquées porte ce motif floral de rosace en décor de ses voûtes sphériques.

La synagogue Isaac M. Wise Temple de Cincinnati (Ohio).

L'architecture des synagogues contemporaines aux États-Unis est aussi porteuse la rosace comme baie (lorsqu'elle ne figure pas l' Étoile de David).

Coupole du temple de l'Amour avec (du centre vers l'extérieur) : le trophée, le tore de roses, les cinq rangs de rosaces, la corniche, la frise, l'architrave et les soffites.

La rosace est historiquement d'abord un ornement, ce décor se perpétue. La rosace est constituée en moulures affectant cette forme circulaire particulière, utilisée principalement en architecture. Elle avait embelli les fontaines de Pompéi en marbre. Elle a été utilisée pour décorer les caissons de plafond, entre autres dans les voûtes en berceau. Elle embellit l'architecture classique laïque comme la Coupole du Temple de l’Amour du Petit Trianon dans le parc du château de Versailles. Elle embellit les façades Art nouveau floral en Belgique.

La rose stylisée en rosace orne dans l'histoire en menuiserie les meubles[3]. et orne des objets courants en correspondance avec le modèle culturel, par exemple les ustensiles [note 3].

Architecture des rosaces[modifier | modifier le code]

Les roses d'église[modifier | modifier le code]

La rosace doit être plus proprement appelée "rose" lorsqu'elle désigne une ouverture ou une fenêtre. Les roses de l'art gothique sont fabriquées à partir d'un dessin de l'architecte médiéval qui fait fabriquer une série d'éléments qui seront assemblées jointivement. Les premières roses de façades sont celles de l'abbatiale de Saint-Denis et du transept de l'Église Saint-Étienne de Beauvais, au milieu du XIIe siècle. Ensuite viennent les grandes roses du premier art gothique faites d'oculi juxtaposés à Lausanne et au transept de Laon, puis vers 1200 les roses à rayons comme celle de la façade de Notre-Dame de Paris. Les roses de style gothique dit "rayonnant" sont les plus répandues et les plus connues ; elles sont constitués de remplages qui peuvent être retirés ou modifiés indépendamment de la structure du mur. Il convient de signaler que ces roses ont fait l'objet de profondes restaurations au XIXe siècle. Ainsi, les éléments originaux de celles du transept de Saint-Denis ont été déposés à l'intérieur de la basilique, ce qui permet de les observer de près. Les roses flamboyantes sont particulièrement complexes et riches et ont attiré très tôt l'intérêt des historiens d'art pour la fin du Moyen Âge[4]. Les architectes Martin Chambiges et Pierre Ier Chambiges en ont fait en quelque sorte leur marque de fabrique dans leurs cathédrales de Sens, Beauvais, Troyes et Senlis.
(Voir article : Vitrail).

Galerie de rosaces à vitraux d'églises[modifier | modifier le code]

Les rosaces de mosquées et autres espaces[modifier | modifier le code]

Galerie de rosaces[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

et

plus

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L' architecture par définition montre une traduction du monde réel conceptualisé. L' architecture dans son histoire est d'abord expression des mythes religieux. Elle est associée à la pratique quotidienne de la vie (le formalisme religieux s'applique aussi aux objets usuels fabriqués). Ces créations ont pour sources le monde tangible et constant et donnent une expression de ce qu'est la vie en prenant la perception de l'homme dans son environnement. L' architecture de rosace apparait lorsque la construction prend la forme montrée par la fleur du rosier.
  2. Le mot rosace dérive du latin rosacens de racine rosa dans le au XVIe siècle (Petit Robert1 1989 p 1113).
  3. .La rosace est aussi une rondelle de métal décorée, utilisée pour dissimuler la tête d'un clou apparent supportant un cadre, un miroir, etc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pérouse de Montclos, "Architecture : description et vocabulaire méthodique", Collection Vocabulaires, Paris, différentes éditions depuis 1972 (Imprimerie nationale puis Editions du patrimoine) [p192 ed.2007]
  2. F. Prina & E. Demartini, Petite encyclopédie de l'Architecture, éd. Solar, 2006, p. 416
  3. Les rosaces en ameublement
  4. François Cali, L'ordre flamboyant et son temps, essai sur le style gothique du XIVe au XVIe siècle, Paris, Arthaud, 1967, p. 18.

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