Roscanvel

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Roscanvel
Roscanvel vu de la rade de Brest, en 2008
Roscanvel vu de la rade de Brest, en 2008
Blason de Roscanvel
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Crozon
Intercommunalité Communauté de communes de la presqu'île de Crozon
Maire
Mandat
Bernard Copin
2014-2020
Code postal 29570
Code commune 29238
Démographie
Gentilé Roscanvéliste
Population
municipale
890 hab. (2011)
Densité 98 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 19′ 02″ N 4° 32′ 50″ O / 48.317223, -4.547223 ()48° 19′ 02″ Nord 4° 32′ 50″ Ouest / 48.317223, -4.547223 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 78 m
Superficie 9,08 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune de Roscanvel

Roscanvel [ʁɔskɑ̃vɛl] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Ses habitants sont les Roscanvélistes. Sa population était de 1 016 habitants en 2005, mais augmente beaucoup en période estivale en raison des nombreuses résidences secondaires liées à sa situation littorale. Roscanvel fait partie du parc naturel régional d'Armorique.

La commune est située sur une presqu'île.

Géographie[modifier | modifier le code]

Roscanvel est une presqu'île étirée nord-sud dénommée presqu'île de Roscanvel qui est elle-même une subdivision de la presqu'île de Crozon ; la commune est entourée sur trois côtés par la mer : la mer d'Iroise (anse de Camaret à l'ouest, goulet de Brest au nord, rade de Brest à l'est. C'est cette situation géographique particulière qui explique les nombreux sites naturels de la commune (falaises et pointes, la plus connue étant la pointe des Espagnols), mais aussi la pointe de Tremet, la pointe des Capucins, la pointe de Cornouaille, la pointe Robert. Sa position géographique à l'entrée de la rade de Brest, face au goulet de Brest, explique l'importance et la diversité des fortifications d'époques variées.

En dépit, voire à cause, de sa situation triplement péninsulaire (en bout de presqu'île bretonne, de la presqu'île de Crozon et formant elle-même une presqu'île au sein de celle-ci), la commune est restée longtemps très isolée pour ses liaisons terrestres : la ville de Brest par exemple, toute proche à vol d'oiseau, est distante de plus de 60 km par la route. Peu de liaisons maritimes transrades existent, si l'on fait abstraction des liaisons internes à la Marine nationale[1] et aucune au départ de la commune : c'est le port du Fret qui accueille traditionnellement les quelques liaisons maritimes ouvertes au trafic civil.

Le bourg, étiré en longueur, s'est développé en site d'abri, face à l'est, protégé donc des vents dominants d'ouest, afin de bénéficier d'un microclimat moins humide et moins venté. La totalité de l'habitat est désormais concentré dans la partie orientale de la commune, les parties occidentale et septentrionale étant désormais totalement inhabitées depuis l'abandon des ouvrages militaires et même désormais déclarés zones inconstructibles.

Certains écarts disséminés dans la presqu'île ont été abandonnés à la suite de leur destruction en raison des nombreux bombardements survenus pendant la Deuxième Guerre mondiale. Actuellement encore, des centaines de trous de bombes restent visibles sur le territoire communal.

Si des activités agricoles avaient repris après la Seconde Guerre mondiale, un certain nombre de trous de bombe ayant été nivelés et un déminage effectué afin de le permettre, la commune est désormais totalement abandonnée par l'agriculture, l'intérieur de la presqu'île n'étant plus que landes et broussailles en raison de la friche sociale et celles des anciennes fermes qui avaient été épargnées par les bombardements ou restaurées depuis transformées en résidences secondaires ou de retraite.

La commune de Roscanvel est voisine de celle de Crozon située au sud.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom Roscanvel pourrait venir de deux traductions possibles du breton. Sur la première partie du nom, Ros, tout le monde semble être d’accord sur le fait que cela viendrait du breton Roz (le tertre, le mont ou la colline). Cela diverge pour la suite :

  1. canvel viendrait du nom de personne, Kadmael (Kad = combat ; Mael = prince). Kadmael est évoqué dans le Cartulaire de Landévennec (XIe siècle) sous la forme latine Catamugli.
  2. Il pourrait aussi venir du breton kant (cent) et avel (vent), pour donner le mont aux cent vents [réf. nécessaire].

Primitivement le territoire de Roscanvel faisait partie de la paroisse de Plougrozon (Crozon). Au Ve siècle, le territoire de Roscanvel est la propriété du chef breton Catmaël. Ce territoire est cédé à l’abbaye de Landévennec. Puis en 1173, Roscanvel (les dunes de Roscoatmaël) est légué par les comtes de Léon à l’abbaye de Daoulas qui y installe un prieuré-cure. La paroisse de Roscanvel dépendait autrefois de l’ancien évêché de Cornouaille.

On rencontre les appellations suivantes : Roscatmagli (vers 1050), Roscanvel (en 1173, en 1218, et en 1535).

La devise latine de la commune "Par Rosa" résulte d'un jeu de mots en breton entre "Rozkañvel" et "Roz heñvel" ("semblable à la rose").

Histoire[modifier | modifier le code]

L'importance des préoccupations militaires[modifier | modifier le code]

Carte de la presqu'île de Quélern (Roscanvel) par Charles-François Beautemps-Beaupré (1817)

L'histoire de la commune, essentiellement liée aux évènements militaires et aux préoccupations défensives liées à la défense du port de Brest se confond avec celle de la presqu'île de Roscanvel et même plus largement de la presqu'île de Crozon.

Article détaillé : Presqu'île de Roscanvel.
Article détaillé : Presqu'île de Crozon.

Emmanuel Le Gentil, baron de Quélern[modifier | modifier le code]

Roscanvel est le berceau de la branche des seigneurs de Quélern, de la famille Le Gentil, à laquelle appartenait Emmanuel-Marie-Jean l’Évangéliste Le Gentil, baron de Quélern, chevalier de l'Empire (1773-1843) qui accompagna le général Bonaparte lors de sa campagne d'Égypte. Membre de la commission d’Égypte, le baron Le Gentil de Quélern contribua à la rédaction de « La description de l’Égypte », ouvrage monumental, publié de 1809 à 1828, composé de 9 volumes de texte et de 10 volumes de planches accompagnés d’un atlas et d'une carte topographique.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
630 662 671 875 865 918 788 852 894
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 090 1 046 1 057 1 942 967 1 000 1 101 1 170 1 068
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 469 1 263 1 383 999 968 938 840 879 681
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
629 613 574 697 740 787 983 1 036 919
2011 - - - - - - - -
890 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique
Commentaires

La population communale a régulièrement augmenté pendant la première moitié du XIXe siècle, gagnant 460 habitants en 63 ans (+73 %) entre 1793 et 1856. Elle stagne par contre pendant la seconde moitié du XIXe siècle, sa population de 1896 étant quasi identique à celle de 1856 si l'on excepte le chiffre suspect de 1872 qui montre un nombre aberrant lié peut-être à une erreur de transcription (1042 habitants semble un nombre d'habitants plus cohérent que les 1 942 habitants indiqués par la source statistique). Si l'on néglige donc ce résultat suspect de 1872, le maximum démographique est atteint en 1901 avec 1 469 habitants, la commune voyant pendant les trois premiers quarts du XXe siècle sa population décliner de manière presque continue, frappée par un important exode rural aggravé par l'isolement terrestre de la commune triplement péninsulaire (péninsules bretonne, de Crozon, de Roscanvel), perdant 895 habitants entre 1901 et 1975, perdant donc 61 % de sa population en 74 ans. Depuis 1975, la commune connaît toutefois un regain démographique lié à sa situation littorale attractive pour les retraités et les résidents secondaires, même si ces derniers ne sont pas comptabilisés dans la population communale. La densité de population est assez forte : 110 habitants au km2, exactement la moyenne française, en raison de son attractivité littorale et de l'importance de la présence militaire encore aujourd'hui[4].

Entre 1999 et 2008, la commune a connu un léger déficit naturel (100 naissances et 111 décès en 10 ans), largement compensé par un solde migratoire régulièrement positif depuis 1975 (+3 % l'an entre 1999 et 2007). Mais la population est en moyenne assez âgée : 38,6 % de 60 ans et plus pour 14,2 % de moins de 15 ans par exemple en 2007. Si l'on comptabilise la population par tranches d'âge de 15 ans, la plus nombreuse et de loin est celle des 60-74 ans. Une surreprésentation masculine, rare en France (513 hommes pour 484 femmes en 2007) s'explique probablement par l'importance de la présence militaire dans la commune.

La composition de l'habitat montre bien l'importance de l'attractivité littorale désormais : en 2007, la commune comptabilisait 464 résidences principales et 384 résidences secondaires, 51 logements étant déclarés vacants. La prolifération de l'habitat est spectaculaire, tant pour les résidences principales (leur nombre est passé de 255 en 1968 à 464 en 2007 soit +82 % en 39 ans) que secondaires (leur nombre est passé de 194 en 1968 à 384 en 2007 soit +98 % en 39 ans). Un peu plus de la moitié (50,7 %) de l'habitat date d'après 1975. La prolifération anarchique de l'habitat avec un semis épars de maisons (mitage) dans la bande orientale de la presqu'île n'a été que partiellement maîtrisée dans les trois dernières décennies du XXe siècle, même si l'urbanisation est désormais étroitement réglementée[4].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Roscanvel

Blasonnement : D'azur à un pignon de quatre degrés d'or mouvant de la pointe et chargé d'une moucheture d'hermine de gueules.

Devise : Par Rosa (semblable à la rose)

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine militaire[modifier | modifier le code]

Réduit de Roscanvel[modifier | modifier le code]

Les ouvrages connus à Roscanvel sont[5] :

  • Batterie de 1696 - Disparue, vraisemblablement à l'emplacement actuel du réduit
  • Réduit modèle n° 3 type 1846 (1859) - voir Réduit type 1846

Le réduit est aujourd’hui occupé par le club de voile.

Autres fortifications dans la presqu’île de Roscanvel[modifier | modifier le code]

Beaucoup de ces fortifications sont sur un terrain militaire et sont propriété du ministère de la Défense. L’accès est donc interdit sans autorisation. Pour plus d’information, la Communauté de communes de la presqu'île de Crozon a publié une brochure gratuite "la Route des Fortifications" ; toutefois depuis le 21 juillet 2009 plusieurs monuments sont passés sous la responsabilité du Conservatoire du littoral[6].

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Éloy
La fontaine Saint-Éloy
Monument aux morts de 14-18

La commune de Roscanvel dispose de l’église Saint-Éloy, style XVIIe siècle. Elle subit un incendie en 1956, et fut remise en état. Le culte de saint Éloi s'explique par une confusion au Moyen Âge avec saint Alor, dont la vie est très peu connue.

Le monument aux morts de 14/18 se situe dans le cimetière.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Paul-Pierre Roux, dit Saint-Pol-Roux, né à Marseille dans le quartier de Saint-Henry le 15 janvier 1861 et mort à Brest le 18 octobre 1940, poète symboliste français, s'y installa quelque temps avec sa femme vers 1898 (?) lorsqu'il se décida à quitter Paris. Leur fille Divine, qui perpétua son œuvre, y naquit. Il alla vivre ensuite à Camaret.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Morlenn Express, l'express de la rade de Brest
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  4. a et b INSEE - Recensement de la population 2007 - Roscanvel
  5. Michel Dion, Batteries, réduits, tours, forts, casemates... de Camaret et Roscanvel, Brest, Association du Mémorial Montbarey,‎ 1996, 67 p.
  6. « Affection des terrains militaires au Conservatoire du littoral » (consulté le 23 février 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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