Rosalind Picard

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Rosalind Picard au Forum scientifique Veritas[1],[2]

Rosalind W. Picard, née le 17 mai 1962 dans le Massachusetts, est professeur d'Arts des médias et Sciences au MIT, directeur du Groupe de recherche en Informatique affective du MIT Media Lab, et codirecteur du Consortium Things That Think[3].

En 2005, elle est nommée membre du Institute of Electrical and Electronics Engineers[4].

Rosalind Picard est considérée comme étant la fondatrice de la branche de l'informatique appelée Informatique affective[5],[6] par la publication de son livre Affective Computing qui insiste sur l'importance qu'a la reconnaissance des émotions pour les relations interpersonnelles et les effets possibles de ce type de perception pour les robots[7]. Ses travaux dans ce domaine se sont étendus à la recherche sur l'autisme et au développement d'appareils qui pourraient aider les humains à reconnaître des nuances dans les émotions humaines[8].

Parcours et domaines de recherche[modifier | modifier le code]

En 1984 elle obtient un Baccalauréat en sciences en Génie électrique et un certificat en Informatique du Georgia Institute of Technology. Elle obtient au MIT un Master en 1986 et un Doctorat en 1991, en Génie électrique et Informatique. Sa thèse s'intitulait Texture Modeling: Temperature Effects on Markov/Gibbs Random Fields. Elle est membre du MIT Media Lab depuis 1991, avec un poste de Professeur depuis 2005[3],[9].

L'Informatique Affective[modifier | modifier le code]

Rosalind Picard est chercheur dans domaine de l'Informatique affective, elle a créé et dirige le Groupe de recherche en Informatique affective du MIT Media Lab. Ce groupe developpe des outils, des technologies et des appareils pour capter, interpréter et traiter les signaux des émotions qui pilotent des systèmes qui répondent intelligemment aux états émotionnel de l'être humain[10]. L'aspect principal sur lequel Rosalind centre sa recherche n'est pas la différence entre des états émotionnels "excité" ou "calme", mais sur la différence entre "excité-content" et "excité-contrarié-en colère" qui sont difficiles à reconnaitre pour un ordinateur.

Parmi les applications de ses recherches on peut citer les Environnements informatiques pour l'apprentissage humain et les technologies d'aide à la communication verbale pour les personnes éprouvant des difficultés de communication liées à l'autisme[11],[12]. Elle coopère aussi avec Sherry Turkle et Cynthia Breazeal dans le domaine des robots sociaux, du Traitement d'image, de la Reconnaissance de formes, et des Interfaces empathiques[13],[14]. Ses travaux ont influencé de nombreux domaines au delà de l'informatique, comme par exemple le domaine des jeux vidéo[15] ou le domaine juridique[16]. Le critique Aaron Sloman, la décrit comme ayant une "vision audacieuse" qui inspirera certains et irritera d'autres[17].

Recherche sur l'autisme[modifier | modifier le code]

Picard a étendu son domaine de recherche à l'autisme. Son équipe utilise une "ESP", pour Prothèse pour la compréhension socio-émotionnelle (en anglais : emotional-social intelligence prosthesis), qui est un outil permettant à une personne autiste de surveiller ses propres réactions faciales afin d'apprendre à les adapter pour qu'elles soient significatives pour d'autres personnes[8]. Cet appareil a une précision de 65 % pour lire l'état émotionnel d'un individu[18]. Rosalind a révélé des aspects de sa technologies lors du 11ème Symposium annuel sur les Interfaces empathiques (en anglais : 11th Annual International Symposium on Wearable Computers[19].

Religion et Science[modifier | modifier le code]

Picard dit qu'elle reçut une éducation athée mais qu'elle s'est convertie au christianisme en devenant adulte[20]. Elle ne croit pas qu'il existe une séparation entre le corps matériel et l' esprit immatériel mais qu'il y a quelque chose d'autre que nous n'avons pas encore découvert. Elle croit aussi que les scientifiques ne peuvent supposer que quelque chose existe au delà de ce qu'ils peuvent mesurer"[20]. Elle croit que la vie comporte "encore quelque chose en plus" , au delà de ce que nous avons découvert et pense que l'ADN est trop complexe pour avoir été généré par des "processus purement aléatoires"[20]. Pour elle, la complexité de l'ADN montre la "la marque d'une intervention," et "un plus grand esprit, un plus grand scientifique, un plus grand ingénieur derrière ce que nous sommes"[20].

À son avis, ses croyances religieuses tiennent un rôle dans ses travaux sur l'informatique affective[21], et elle explique qu'en "creusant dans les modèles de fonctionnement de l’émotion, je trouve que je ressens une plus grande admiration et j'apprécie encore plus la façon dont nous sommes fait, et en conséquence pour le Fabricant qui a réalisé tout cela"[21].

Rosalind Picard est l'un des signataires du texte Une dissidence scientifique du Darwinisme qui est une pétition que le intelligent design movement utilise pour promouvoir le dessein intelligent en essayant de diffuser des doutes sur l'évolution[22]. Bien que sa vision concernant la complexité de l'ADN semble similaire à des arguments autour du dessein intelligent, le journaliste Mirko Petricevic écrit "Picard est réservée à propos du dessein intelligent, et elle dit qu'il n'est pas assez remis en question par les chrétiens et les autres porteur d'une foi"[20]. Elle dit que les médias ont créé un faux dilemme en séparant les personnes en deux groupes, celui des supporteurs du dessein intelligent et celui des supporteurs de l'évolution. Elle ajoute que "Le fait de simplement mettre la plupart d'entre nous dans un camp ou un autre rend dessert grandement la connaissance"[20].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • (en) R. W. Picard, Affective Computing, MIT Press, 1997.
  • (en) R. W. Picard, F. Liu, R. Zabih, G. Healey, and M. Swain (Eds.) “Content-Based Access of Image and Video Libraries,” Proceedings of IEEE Workshop, IEEE Computer Society, 1997.
  • (en) J. Tao, T. Tan, and R. W. Picard (Eds.), Affective Computing and Intelligent Interaction 2005, Lecture Notes in Computer Science 3784, 2005, Springer-Verlag, Berlin Heidelberg 2005.
  • (en) A. Paiva, R. Prada, and R. W. Picard (Eds.), Affective Computing and Intelligent Interaction 2007, Lecture Notes in Computer Science 4738, 2007. Springer-Verlag, Berlin Heidelberg 2007.

Articles importants[modifier | modifier le code]

  • (en)T.P. Minka and R.W. Picard (1997), "Interactive Learning Using a 'Society of Models,'" Pattern Recognition, Volume 30, No. 4, pp. 565–581, 1997. (Winner of 1997 Pattern Recognition Society Award)
  • (en) B. Kort, R. Reilly and R.W. Picard (2001), "An Affective Model of Interplay Between Emotions and Learning: Reengineering educational Pedagogy-Building a Learning Companion," In Proceedings of International Conference on Advanced Learning Technologies (ICALT 2001), August 2001, Madison, WI. (Winner of Best Paper Prize.)[23]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Veritas Forum
  2. (fr) Forum Veritas
  3. a et b (en)« Media Lab Faculty Biography », MIT Media Lab,‎ 5 mai 2008
  4. (en) « 2005 Fellows », IEEE Boston,‎ 2005
  5. (en) Christian Kleine-Cosack, « Recognition and Simulation of Emotions » [PDF],‎ octobre 2006 (consulté le 13 mai 2008) : « The introduction of emotion to computer science was done by Pickard (sic) who created the field of affective computing. »
  6. (en) David Diamond, « The Love Machine; Building computers that care. », Wired,‎ décembre 2003 (consulté le 13 mai 2008) : « Rosalind Picard, a genial MIT professor, is the field's godmother; her 1997 book, Affective Computing, triggered an explosion of interest in the emotional side of computers and their users. »
  7. (en) « Publication of Affective Computing », MIT Press (consulté le 5 mai 2008)
  8. a et b (en) Susan Nasr, « Aide pour l'Autisme: Un nouvel appareil enseigne l'interprétation des indices faciaux », MIT,‎ novembre 2006 (consulté le 5 mai 2008)
  9. (en) « Faculty members awarded tenure », MIT News Office,‎ 1 juin 2005 (consulté le 5 mai 2008)
  10. (en) « Research Projects of the Affective Computing Research Group », MIT (consulté le 5 mai 2008)
  11. (en) « Affective Computing Group web page », MIT (consulté le 5 mai 2008)
  12. (en) « Affective Computing Group - Current and Past Projects », MIT (consulté le 5 mai 2008)
  13. (en) Interfaces empathiques
  14. (fr) « Interfaces empathiques » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-09
  15. (en) Timothy Binkley, « Autonomous Creations: Birthing Intelligent Agents », Leonardo, The MIT Press, vol. 31, no 5,‎ 1998, p. 336 (DOI 10.2307/1576591, JSTOR 10.2307/1576591, lire en ligne)
  16. (en) Peter H. Huang, « International Environmental Law and Emotional Rational Choice », The Journal of Legal Studies, vol. 31, no 1,‎ January 2002, S245 (lire en ligne)
  17. (en) Aaron Sloman, Review of Affective Computing, éditeur Magazine, 1999
  18. (en) Jennifer Schuessler, « The Social-Cue Reader », The New York Times,‎ décembre 2006 (consulté le 5 mai 2008)
  19. (en) Linda Wertheimer, « Look out, Logan: Software is soft wear », The Boston Globe,‎ October 8, 2007 (consulté le 5 mai 2008)
  20. a, b, c, d, e et f (en) Mirko Petricevic, « A scientist who embraces God », The Record, Kitchener, Ontario, Metroland Media Group Ltd.,‎ 2007-11-03 (lire en ligne)
  21. a et b (en) Harvey Blume, « A Function Specific to Joy », The Atlantic Monthly,‎ 29 avril 1998 (consulté le 5 mai 2008)
  22. (en) Kenneth Chang, « Few Biologists but Many Evangelicals Sign Anti-Evolution Petition », The New York Times,‎ 21 février 2006 (consulté le 5 mai 2008)
  23. (en) « Publications in Affective Computing », MIT (consulté le 5 mai 2008)

Liens externes[modifier | modifier le code]