Rosalie Filleul

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Rosalie Filleul

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Autoportrait, vers 1780

Nom de naissance Anne-Rosalie Boquet
Naissance 1753
Paris
Décès 24 juin 1794
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Peintre, pastelliste
Maîtres Briard

Rosalie Filleul, née Anne-Rosalie Boquet, en 1753 à Paris et morte guillotinée le 24 juillet 1794 (6 thermidor an II), est une peintre et pastelliste française, membre de l'Académie de Saint-Luc à Paris. Elle fut aussi concierge du château de la Muette.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et mariage[modifier | modifier le code]

C'était la fille de Blaise Boquet, peintre ornemaniste et marchand d’éventails installé rue Saint-Denis à Paris, et de Marie-Rosalie Hallé, peintre de miniatures[1]. Elle avait pour oncles Louis-René Boquet, dessinateur de costumes de l'Opéra et inspecteur des Menus Plaisirs dont elle a fait le portrait, et Antoine Deville, receveur au bureau de la marque d'or et d'argent.

Amie d’Élisabeth Vigée-Le Brun qui évoque sa beauté dans ses Mémoires, elle suivit avec elle les leçons de Gabriel Briard, et se spécialisa dans le portrait et les natures mortes.

En 1773, elle est reçue « par mérite » à l’Académie de Saint-Luc avec un portrait d’Eisen et elle exposa ses œuvres aux salons de 1774 à 1777, bénéficiant d’une critique assez favorable. Le portrait de sa mère, encore en possession de ses descendants au XXIe siècle, avait été très remarqué. Si son dessin avait beaucoup de correction, on trouvait toutefois de la « dureté » à son coloris.

Le 8 septembre 1777, elle épousa Louis Filleul de Besne, écuyer du roi, qui possédait le charge lucrative de concierge du château royal de la Muette.

Portraitiste de cour et concierge[modifier | modifier le code]

Après son mariage, elle vécut avec son mari à l’hôtel dit de Travers, situé rue Bois-le-vent, à Passy, non loin du parc de la Muette. Houdon avait sculpté son visage au moment de son mariage. Ayant été remarquée de la reine, qui venait à la Muette, elle fut appelée à portraiturer plusieurs membres de la famille royale. La plupart de ces portraits, placés au Garde Meuble, ont disparu avec la Révolution, et on ne conserve aujourd’hui que ceux des enfants de la comtesse d’Artois.

À cette époque, elle cultivait des relations brillantes et recevait des commandes de portraits. Le marquis de Cubières, Mme de Bonneuil, la famille Sorin de Bonne, Benjamin Franklin, posèrent tour à tour pour elle. Quand son mari tomba gravement malade en 1786, d'une maladie qui devait l'emporter deux ans plus tard, elle obtint de la reine de pouvoir le remplacer dans l’exercice de la charge de concierge de la Muette, une activité qui devait cesser en 1787.

Rosalie Filleul qui obtint de conserver son logement de fonction, continua néanmoins de peindre tant à l’huile qu’au pastel, et elle a également réalisé quelques miniatures dont un portrait de son amie Marguerite-Émilie Chalgrin, fille de Joseph Vernet qui vint habiter à l’hôtel de Travers.

La Terreur[modifier | modifier le code]

Favorable à la Révolution dans sa version constitutionnelle, Rosalie Filleul pensait n’avoir rien à redouter des événements. Elle prit des risques en décidant de porter le deuil le jour des rois (1794). Elle disposait, selon un usage consacré, de meubles de rebut qui provenaient du château de la Muette. Or ces meubles étaient revêtus de la marque royale, et elle commit l’imprudence, au plus fort de la Terreur, de confier à un brocanteur certains d’entre eux à la vente. Dénoncée au Comité de sûreté générale, elle fit l’objet d’une surveillance spéciale par le policier Blache qui chercha à la prendre en flagrant délit chez son brocanteur. Les fais avérés, des perquisitions suivirent, et Rosalie Filleul, entraînant son amie Marguerite-Émilie Chalgrin, fut, pour cause de vol et recel d’objets appartenant à la République, condamnée à la peine de mort par le Tribunal révolutionnaire. Malgré l’intervention de Carle Vernet en faveur de Mme Chalgrin sa sœur, celle-ci fut également reconnue coupable et condamnée, et les deux femmes furent guillotinées avec leurs complices place du Trône-Renversé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Contrairement à ce que suggère l'homonymie, Marie-Rosalie Hallé n'était pas apparentée au peintre Noël Hallé. Cf www.pastellists.com/Genealogies/Halle.pdf et la biographie de Mme Vigée-Lebrun par G. Haroche-Bouzinac, p540, note 19.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Blanc, Portraits de femmes, artistes et modèles à l’époque de Marie-Antoinette, Paris, Carpentier, 2006.