Rosabeth Moss Kanter

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Rosabeth Moss Kanter

Naissance 15 mars 1943 (71 ans)
Cleveland, Ohio, États-Unis
Nationalité Américaine
Diplôme
Profession

Rosabeth Moss Kanter (née le 15 mars 1943 à Cleveland, Ohio)[1] est professeur en management des entreprises à la Harvard Business School, où elle est titulaire de la chaire « Ernest L. Arbuckle »[2]. Elle est en outre directrice du programme Harvard University Advanced Leadership Initiative (en)[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Rosabeth M. Kanter est née aux États-Unis, à Cleveland, Ohio, de Helen Moss, née Smolen, une institutrice et de Nelson Nathan Moss, avocat et propriétaire d'une petite entreprise[4]. Elle a une sœur cadette, Myra[5]. Kanter décrit sa jeunesse comme « sans histoires » et se dépeint elle-même comme ambitieuse, ayant écrit un roman et participé à un concours de rédaction dès l'âge de 11 ans[5].

Elle est diplômée de la Cleveland Heights High School (en) en 1960 et poursuit en étudiant la sociologie et la littérature anglaise au Bryn Mawr College, obtenant ses grades universitaires avec la mention magna cum laude en 1964[6]. Par la suite, elle obtient un MA en sociologie et, en 1967, un PhD de l'Université du Michigan[1]. Sa thèse porte sur les communes uptopiques du XIXe siècle[7]. Quoiqu'elle décide par la suite de suivre une carrière dans le domaine de la recherche en économie des affaires[7], sa formation de sociologue influence sa pensée et ses travaux ultérieurs[8].

Son premier mari, Stuart A. Kanter, épousé durant sa première année au Bryn Mawr College[5], meurt en 1969[6]. Elle se marie avec le consultant Berry Stein en 1972. Ils ont ensemble un fils[6].

Carrière[modifier | modifier le code]

Avant de rejoindre la Harvard Business School, Kanter est professeur assistant de sociologie à l'Université Brandeis de 1967 à 1973 puis, de nouveau, de 1974 à 1977 ; elle est professeur associé en administration à l'Université Harvard, ainsi que professeur de sociologie à l'Université de Yale de 1977 à 1986[9]. Elle est rédacteur en chef de la Harvard Business Review de 1989 à 1992, la dernière universitaire à occuper le poste[10].

Kanter a écrit de nombreux ouvrage sur les techniques de management, particulièrement sur la conduite du changement ; elle tient aussi une chronique régulière dans le Miami Herald. Elle est connue pour son étude des minorités, datant de 1977, devenue un classique (comment le fait d'être une minorité parmi un groupe affecte les performances individuelles sous l'effet de la visibilité et de la pression pour la performance). Ce travail, intitulé Men and Women of the Corporation[11] est un classique en matière d'étude critique du management, d'analyse de la bureaucratie et d'étude de genre.

Elle est conseillère économique de Michael Dukakis lors de la candidature de ce dernier à l'élection présidentielle américaine de 1988[9]. Ensemble, ils écrivent un livre intitulé Creating the future: the Massachusetts comeback and its promise for America [« Créer l'avenir : le retour du Massachusetts et sa promesse pour l'Amérique »], une étude du « Miracle du Massachussets » (une période de forte croissance économique dans l'état du Massachussetts durant les années 1980)[9],[12].

Kanter cofonde le cabinet de conseil Goodmeasure Inc. et en occupe le poste de présidente depuis 1980. On compte de grandes entreprises parmi ses clients, telles qu'IBM, Gap, Monsanto, British Airways et Volvo[13].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Kanter bénéficie d'une bourse Guggenheim en 1975[14] et obtient le prix Mc Kinsey, décerné par la Harvard Business Review, en 1979[15]. Son livre Men and Women of the Corporation gagne en 1977 le prix C. Wright Mills du meilleur livre de l'année sur les questions sociales[16]. En 2001, elle reçoit le prix Scholarly Contributions to Management décerné par l'Academy of Management (en)[17] et, l'année suivante, le prix Intelligent Community Visionary of the Year décerné par l'Intelligent Community Forum (en)[18]. Elle détient vingt-trois doctorats honoris causa de plusieurs universités[2]. Sa première récompense honorifique lui a été décernée en 1978 par l'université de Yale[13] et la plus récente, son 23e doctorat honoris causa, lui vient de l'Université d'Aalborg au Danemark[19].

Le prix Rosabeth Moss Kanter est décerné à la meilleure étude concernant le rapport entre la famille et le travail. Il a été créé par le centre pour les familles de l'Université Purdue et le centre pour le travail et la famille du Boston College en son honneur[20],[21].

Elle est classée première femme (et onzième au classement global) dans une étude de 2002 réalisée par le cabinet Accenture concernant les 50 plus importants intellectuels dans le domaine du management d'entreprise, du fait qu'elle était citée par de nombreuses sources[22]. En 2011, elle est citée comme faisant partie des « 50 femmes les plus puissante de Boston » par le Boston Magazine[23] et est considérée comme l'une des « 125 femmes qui ont changé le monde » durant les 125 dernières années par le magazine Good Housekeeping en mai 2010[24].

Bibliographie raisonnée[modifier | modifier le code]

  • (en) Rosabeth Moss Kanter, Commitment and community: communes and utopias in sociological perspective, Harvard University Press,‎ 1972 (ISBN 978-0-674-14576-4, lire en ligne)
  • (en) Rosabeth Moss Kanter, The change masters: innovation and entrepreneurship in the American corporation, Simon and Schuster,‎ 1984 (ISBN 978-0-671-52800-3, lire en ligne)
  • (en) Rosabeth Moss Kanter et Barry A. Stein, A tale of "O": on being different in an organization, Harper & Row,‎ juin 1986 (ISBN 978-0-06-132064-4, lire en ligne)
  • (en) Rosabeth Moss Kanter, Men and Women of the Corporation, PublicAffairs,‎ 4 août 2008 (ISBN 978-0-7867-2384-3)
  • (en) Rosabeth Moss Kanter, SuperCorp: How Vanguard Companies Create Innovation, Profits, Growth, and Social Good, Profile Books,‎ 1re octobre 2010 (ISBN 978-1-84765-229-4, lire en ligne)
  • (en) Rosabeth Moss Kanter, « Innovation: the classic traps », dans Harvard Business Review on Inspiring and Executing Innovation, Harvard Business Press,‎ 14 juin 2011, 149–181 p. (ISBN 978-1-4221-6261-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Jacqueline Jones Royster, Profiles of Ohio women, 1803-2003, Athens, OH, Ohio University Press,‎ 2003 (ISBN 978-0-8214-1508-5, lire en ligne), p. 9
  2. a et b (en) « Rosabeth M. Kanter », Harvard Business School (consulté le 11 avril 2012)
  3. (en) « Harvard University Advanced Leadership Initiative », Harvard University (consulté le 16 sept. 2013)
  4. (en) Judith Graham, Current biography yearbook, 1996, New York, H. W. Wilson Company,‎ 1996 (ISBN 978-0-8242-0908-7), p. 234
  5. a, b et c (en) Claudia H. Deutsch, « If at First You Don't Succeed, Believe Harder », The New York Times,‎ 19 sept. 2004 (lire en ligne)
  6. a, b et c (en) Carol H. Krismann, Encyclopedia of American women in business: from colonial times to the present, Westport, Conn., Greenwood Press,‎ 2005 (ISBN 978-0-313-32757-5, lire en ligne), p. 299-300
  7. a et b (en) Lawrence C. Soley, Leasing the ivory tower: the corporate takeover of academia, Boston, MA, South End Press,‎ 1995 (ISBN 978-0-89608-504-6, lire en ligne), p. 79
  8. (en) Mary O'Hara, « Prophet for a new age », The Guardian,‎ 12 novembre 2008 (lire en ligne)
  9. a, b et c (en) John Sheldrake, Management theory, Londres, Thomson Learning,‎ 2003 (ISBN 978-1-86152-963-3, lire en ligne), p. 231
  10. (en) Tim Hindle, Guide to management ideas and gurus, Londres, Profile Books,‎ 2008 (ISBN 978-1-84668-108-0, lire en ligne), p. 257-258
  11. (en) Rosabeth Moss Kanter, Men and Women of the Corporation, New York, Basic Books,‎ 2008 (1re éd. 1977) (ISBN 978-0-7867-2384-3)
  12. (en) Fox Butterfield, « What you see is what you get », The New York Times,‎ 1er mai 1988 (lire en ligne)
  13. a et b (en) Cary L. Cooper, Who's who in the management sciences, Cheltenham, UK ; Northampton, MA, Edward Elgar Publishing,‎ 2000 (ISBN 978-1-84064-237-7, lire en ligne), p. 234–237
  14. (en) « Rosabeth Moss Kanter », John Simon Guggenheim Memorial Foundation (consulté le 11 avril 2012)
  15. (en) Derek Salman Pugh et David John Hickson, Great writers on organizations, Aldershot, Ashgate Publishing,‎ 2007 (ISBN 978-0-7546-7056-8, lire en ligne), p. 177
  16. (en) « C. Wright Mills Award Past Winners », The Society for the Study of Social Problems (consulté le 12 avril 2012)
  17. (en) « Historical Scholarly Contributions to Management Award Winner (Irwin Award) », Academy of Management (consulté le 12 avril 2012)
  18. (en) « Intelligent Community Awards 2002 », Intelligent Community Forum (consulté le 27 avril 2012)
  19. (en) « Newsmakers », Harvard Gazette,‎ 24 décembre 2008 (consulté le 27 avril 2012)
  20. (en) « The Rosabeth Moss Kanter Award », Purdue University, Center for Families (consulté le 14 avril 2012)
  21. (en) « Rosabeth Moss Kanter Award », Boston College (consulté le 14 avril 2012)
  22. (en) « Accenture Study Yields Top 50 'Business Intellectuals' Ranking of Top Thinkers and Writers on Management Topics » (consulté le 12 avril 2012)
  23. (en) Alexandra Hall, « The 50 Most Powerful Women in Boston », Boston Magazine,‎ février 2011 (lire en ligne)
  24. (en) « 125 Women Who Changed Our World », Good Housekeeping (consulté le 27 avril 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]