Roque (échecs)
Le roque est un déplacement spécial du roi au jeu d'échecs. Introduit au XVIIIe siècle pour accélérer le jeu, le roque permet, en un seul coup, de mettre le roi à l'abri tout en centralisant une tour, ce qui permet de mobiliser rapidement cette dernière.
Sommaire |
Principe [modifier]
Il s'agit de déplacer horizontalement le roi de deux cases vers l'une des deux tours du même camp et de placer la tour dont le roi s'est approché sur la dernière case que le roi a traversée[1]. On parle de petit roque lorsque le roi et la tour (colonne h) ne sont séparés que par deux cases (sur l'aile roi), et de grand roque, lorsque les deux pièces sont séparées par trois cases (sur l'aile dame - tour sur la colonne a).
En notation algébrique, le petit roque se note 0-0 et le grand roque se note 0-0-0.
Petit roque [modifier]
Le roi blanc se déplace de deux cases en direction de la tour, et la tour se place immédiatement à gauche (ou à droite) du roi. Dans cette situation, le roque noir est provisoirement interdit car il y a une pièce (le cavalier g8) entre le roi (e8) et la tour (h8).
![]() Coups précédents : |
![]() Positions initiale et finale |
Grand roque [modifier]
Le grand roque s'effectue de la même manière que le petit roque : le roi fait deux pas en direction de la tour, et cette dernière se place de l'autre côté du roi. (Cet exemple permet deux roques : un grand roque blanc et un petit roque noir.)
![]() Coups précédents : |
![]() Positions initiale et finale |
Conditions pour roquer [modifier]
Le roque nécessite plusieurs conditions :
- toutes les cases qui séparent le roi de la tour doivent être inoccupées[2]. Il n'est pas permis de prendre une pièce adverse en roquant ;
- ni le roi, ni la tour ne doivent avoir quitté leur position initiale : chaque camp ne peut donc roquer qu'une seule fois par partie[3] ;
- aucune des trois cases (de départ, de passage ou d'arrivée) par lesquelles transite le roi lors du roque ne doit être contrôlée par une pièce adverse[4]. Le roque ne permet donc pas d'esquiver un échec. Mais si l'échec a été paré sans déplacer le roi, le roque reste autorisé.
Dans la situation ci-à droite, les Blancs ne peuvent pas roquer puisque le fou noir en a6 (voir notation algébrique) menace la case f1 (symbolisée par la croix rouge) par laquelle le roi devrait transiter pour faire son roque.
Exécution [modifier]
Comme tous les coups, le roque doit s'effectuer avec une seule main. Pour éviter toute contestation, le roque s'exécute en déplaçant d'abord le roi, et seulement ensuite la tour. Si un joueur roque en déplaçant la tour en premier, son adversaire peut considérer que ce dernier déplace la tour et est en droit d'invoquer la règle « pièce touchée, pièce jouée » et de l'obliger à déplacer uniquement cette dernière, lui interdisant alors de roquer de ce côté[5].
Si un joueur touche volontairement son roi puis sa tour mais n'a pas le droit de roquer de ce côté, il doit jouer un coup de roi (il peut s'il en a le droit roquer de l'autre côté). S'il n'a aucun coup de roi légal à sa disposition, il est libre d'éffectuer tout autre coup légal[6].
Utilité du roque [modifier]
Dans son livre Murir son style par l'exemple, Jeremy Silman rappelle vigoureusement l'utilité du roque[7]. Il compare le roi à des présidents américains (Bush, Johnson ou Nixon) qui n'ont pas combattu eux-même durant les guerres qu'ils ont menées en Irak ou au Viêt-Nam : « Tout dirigeant avisé se terre dans un abri sûr pendant que ses loyaux sujets se font massacrer pour lui. »
Il en est selon Silman de même aux échecs : en restant à leur place d'origine, les rois restreignent la circulation des tours et font une cible facile en cas d'ouverture des colonnes centrales, il est donc plus prudent de mettre cette pièce essentielle en sécurité jusqu'à ce que les risques soient réduits.
Notes et références [modifier]
- Règles du jeu d'échecs de la Fédération internationale des échecs, article 3.8.a (3.8.ii dans les règles originales en anglais)
- Règles du jeu d'échecs de la Fédération internationale des échecs, article 3.8.b.2.b (3.8.2.b dans les règles originales en anglais)
- Règles du jeu d'échecs de la Fédération internationale des échecs, article 3.8.b.1 (3.8.2.a dans les règles originales en anglais)
- Règles du jeu d'échecs de la Fédération internationale des échecs, article 3.8.b.2.a (3.8.2.a dans les règles originales en anglais)
- Règles du jeu d'échecs de la Fédération internationale des échecs, article 4.4.b (même article dans les règles originales en anglais)
- Règles du jeu d'échecs de la Fédération internationale des échecs, article 4.4.c (même article dans les règles originales en anglais)
- Jeremy Silman, Murir son style par l'exemple : ou comment tirer parti des déséquilibres aux échecs, Echecs et Maths, 2001, 433 p. (ISBN 1-895525-07-1), p. 402-403




