Romuald Karmakar

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Romuald Karmakar, 2009

Romuald Karmakar, né le à Wiesbaden en Allemagne, est un réalisateur et scénariste de nationalité française travaillant et vivant en Allemagne

Biographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur autodidacte, il découvre le cinéma à Munich et réalise très jeune ses premiers courts métrages et son long métrage en super 8 Une amitié en Allemagne où il incarne un jeune Hitler dans de faux home-movies afin dénoncer l'amnésie de certains Allemands. Lors de la présentation de son court-métrage Coup de boule au Festival du film d'Amiens en 1988, il filme le cinéaste Monte Hellman pour Hellman Rider.

Ses films suivants sont consacrés à des combats de coqs dans le Nord de la France Gallodrome, aux propriétaires de chiens de combat en Allemagne Chiens de velours et d’acier, au producteur de John Cassavetes, Sam Shaw Sam Shaw à propos de John Cassavetes, et à une performance de l’artiste Flatz Demontage IX. Karmakar consacre ensuite un long métrage documentaire au goût de la guerre en filmant dans Warheads un ex-légionnaire, des mercenaires engagés dans les combats qui se déroulent en ex-Yougoslavie et un stage de combat organisé aux États-Unis. Son premier long métrage de fiction, L’Homme de la mort en 1995 est un huis-clos dont les dialogues sont basés sur les entretiens du psychiatre de la prison avec le serial killer Fritz Haarmann en 1924. Le film remporte un prix au Festival de Venise et un succès en salles en Allemagne, mais ne fut pas distribué en France.

Pour la série d’ARTE consacré au passage à l’an 2000, il réalise Chez Walter. Il met en scène ensuite Manille où un groupe de touristes est enfermé dans l’aéroport de Manille à la suite de l’avarie de leur avion, puis retourne au documentaire d’archives pour Le Projet Himmler où un acteur, Manfred Zapata, lit l’intégralité du discours qu’Himmler prononça en 1943 devant 92 généraux SS.

Durant les années 2000, il filme la « Club Land Trilogie » : trois œuvres consacrées à la scène techno 196 BPM, Between the Devil and the Wide Blue Sea et Villa-Lobos. Il consacre un film à un travail de repérage sur les lieux de l’exécution des Juifs par les Einsatzgruppen intitulé Pays d’extermination et un autre selon les principes du Projet Himmler aux prêches d’un imam salafiste Les Discours de Hambourg. Mais il continue de pratiquer la fiction et adapte en 2003 une pièce de Jon Fosse pour La nuit chante.

En 2009, il participe à deux œuvres collectives. Pour Allemagne 09 coordonné par Tom Tykwer, il réalise Ramsès sur le propriétaire d’un bar à prostituées de Berlin et, pour Les Fruits de la confiance d’Alexander Kluge, il interviewe un spécialiste du traitement de l’eau. La même année il est élu membre de l'Académie des arts de Berlin[1]

En septembre 2011, il présente au Festival de Venise Le Troupeau du Seigneur, issu du matériel filmé à Rome lors de la mort de Jean-Paul II et dans la ville natale du nouveau pape, Benoît XVI, lors de son élection.

Le Festival du cinéma du réel au Centre Pompidou a consacré une rétrospective à Karmakar en 2007. La Cinémathèque de Vienne a présenté l’ensemble de ses films en 2010.

Le travail de Romuald Karmakar se caractérise par la volonté de pratiquer le cinéma documentaire comme celui de fiction sans établir de césure entre les types d’œuvres et sa vision « politique » de l’acte de création cinématographique.

Filmographie[modifier | modifier le code]

En tant que réalisateur[modifier | modifier le code]

En tant que scénariste[modifier | modifier le code]

Pièce Radiophoniques[modifier | modifier le code]

  • 2008: "Hey, stop smirking!" - Fragments of the Stammheim Trial ("'Na, hören Sie doch mal auf zu grinsen!' – Fragmente des Stammheim-Prozesses"; 51 min; broadcast premiere: 11/23/2008, WDR (West German Public Radio, Cologne))
  • 1997: Das Warheads-Oratorium (66 min; broadcast premiere: 11/28/1997, BR 2 (Bavarian Public Radio, Munich))
  • 1993: Night over Gospič ("Nacht über Gospič"; 41 min; broadcast premiere: 07/02/1993, BR 2 (Bavarian Public Radio, Munich))

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Good Bye Fassbinder ! Le cinéma allemand depuis la réunification. Pierre Gras. Editions Jacqueline Chambon 2011
  • Allemagne 2009 : grand corps malade ? Le cinéma peut-il représenter la nation ? À propos du film collectif Allemagne 09 in Allemagne d'aujourd'hui n°195 janvier 2011 Presses du Septentrion. Martine Floch
  • Romuald Karmakar. Olaf Möller et Michael Omasta ed. Österreichisches Filmmuseum SYNEMA 2010
  • Bilder hinter den Worten. Über Romuald Karmakar Tobias Ebbrecht. Verbrecher Verlag 2010

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]