Roland de La Poype

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Roland de La Poype
Roland de La Poype vers 1940.
Roland de La Poype vers 1940.

Surnom Le marquis
Pohype
Naissance 28 juillet 1920
Les Pradeaux (Puy-de-Dôme)
Décès 23 octobre 2012 (à 92 ans)
Saint-Tropez (Var)
Origine Française
Allégeance Drapeau de la France France
Années de service 19391947
Conflits Seconde Guerre mondiale
Distinctions Grand Croix de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération
Croix de Guerre 39/45 (12 citations)
Croix de Guerre Tchécoslovaque
Héros de l'Union soviétique
Ordre du Drapeau Rouge
Ordre de Lénine
Mérite de la Guerre pour la Patrie
Médaille de la Victoire
Hommages La promotion 2012 de l'École de l'air porte son nom : colonel Roland de La Poype[1].
Autres fonctions Industriel
Fondateur du Marineland d'Antibes
Maire de Champigné
Le Neu Neu. Roland de La Poype est le deuxième en partant de la droite.
Yakovlev Yak-3, du groupe de chasse Normandie-Niemen, au musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.

Roland Paulze d'Ivoy de La Poype, né le 28 juillet 1920 aux Pradeaux et mort le 23 octobre 2012 à Saint-Tropez[2], est un des pilotes de chasse français les plus fameux et héroïques de la Seconde Guerre mondiale. Il est également un industriel pionnier de la plasturgie et fondateur du Marineland d'Antibes en 1970[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, le comte Xavier Paulze d'Ivoy de La Poype[4], était ingénieur agronome. Colonel de réserve, il fut tué sur le front en mai 1940[5].

Pilote de chasse de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Âgé de 19 ans, il s'engage en décembre 1939 comme élève-pilote pour décrocher son brevet en février 1940[5], peu avant la ruée allemande de la campagne de France. Il réussit avec ses camarades de l'École principale d'aviation d'Étampes à rejoindre Saint-Jean-de-Luz au pays basque et il s'embarque pour l'Angleterre[5].

Après un passage en Afrique équatoriale française entre juillet 1940 et janvier 1941 avec les Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL), il intègre en Angleterre le squadron 602 « city of Glasgow » de Supermarine Spitfire de la Royal Air Force (RAF) avec le grade de sergent. Preuve de ses qualités, le chef du squadron britannique, l'as irlandais aux 23 victoires Paddy Finucane, le choisit comme équipier[5]. Il obtient sa première victoire le 22 août 1942 contre un Messerschmitt 109[5].

Apprenant la formation d'un groupe de volontaires français pour le front soviétique, le jeune pilote s'inscrit au G.C.3 du groupe de chasse Normandie-Niémen[5] et fait partie du premier contingent de pilotes qui débarquent à Ivanovo en Russie le 28 novembre 1942. Il obtient sa première victoire homologuée en Russie, sa deuxième de la guerre, le 31 août 1943 sur un Stuka. Son palmarès compte au total 16 victoires confirmées, obtenues pour beaucoup en tandem avec son camarade du groupe Normandie-Niémen, Marcel Albert. Début 1945, avec le grade de capitaine, il commande de la 1re escadrille du groupe de chasse[5].

Présent en Union soviétique jusqu'au 20 juin 1945, « le marquis », ou « Pohype » comme le surnommaient ses camarades, devient attaché de l'air en Belgique, puis en Yougoslavie avant de quitter l'armée en 1947, à seulement 27 ans, auréolé des titres de héros de l'Union soviétique et de compagnon de la Libération.

Industriel en plasturgie[modifier | modifier le code]

Visionnaire et inventeur, Roland de La Poype comprend que l'avenir appartient au plastique et aux emballages jetables. À la tête de la Société d'études et d'applications du plastique, il monte sa première usine dès le mois de mai 1947 et se lance, en 1952, dans la fabrication d'un produit novateur : le berlingot DOP pour le groupe L'Oréal[3]. Il développe une véritable industrie de l'emballage plastique, qui touche à tous les domaines, de l'agro-alimentaire au loisir. Il est également l'inventeur de la carrosserie de la Citroën Méhari[3].

Fondateur du Marineland d'Antibes[modifier | modifier le code]

En 1970, passionné du monde marin, il crée le Marineland d'Antibes sur la Côte d'Azur avec pour mission de faire connaître la vie du milieu difficilement accessible des grands animaux marins et de la mer à un large public[3]. Il prend sa retraite en 1985 et reste propriétaire du Marineland jusqu'en 2006.

Il est également maire de Champigné (Maine-et-Loire) et est propriétaire d'un golf, qu'il a créé en 1989, près d'Angers.

Obsèques[modifier | modifier le code]

Ses obsèques ont eu lieu le 30 octobre 2012, en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, à Paris, en présence d’une délégation de l’armée de l’air et des Chœurs de l'Armée rouge[6], de ses anciens compagnons d’armes et de ses amis. Les honneurs militaires ont été rendus par un détachement de la base aérienne 123 d’Orléans et en présence d’une délégation du régiment de chasse 2/30 Normandie-Niemen[7].

Décorations[modifier | modifier le code]

Rubans[modifier | modifier le code]

Legion Honneur GC ribbon.svg Ordre de la Liberation 2nd ribbon.svg Croix de Guerre 1939-1945 ribbon.svg
Order of Red Banner ribbon bar.png Order of Lenin Ribbon Bar.svg Order gpw2 rib.png Orderglory rib.png Capturekoenigsberg rib.png
Czechoslovak War Cross 1939-1945 Ribbon.png

Intitulés des décorations françaises[modifier | modifier le code]

Intitulés des décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Au groupe de chasse Normandie-Niémen, le meilleur ami de Roland de La Poype était Marcel Albert, qui deviendra le 2ème plus grand as des Forces aériennes françaises libres. Tous deux feront partie du noyau des 14 premiers pilotes partis de Grande-Bretagne fin août 1942 pour aller se battre en Union soviétique. Ils feront également partie des rares survivants de ce groupe, et commanderont chacun une escadrille lors du retour du groupe en France le 20 juin 1945.

De caractère gouailleur, Marcel Albert avait donné un surnom à tous les pilotes du Normandie-Niémen. Mais Roland de la Poype bénéficiait d'un traitement spécial, recevant plusieurs surnoms : "Le marquis", "Le vicomte", "Pluto", "Pohype", "Polype" et, quand son camarade jouait de malchance, "La Poisse" :

Je sympathise rapidement avec Marcel Albert, de trois ans mon aîné, une garçon que j'aurais eu peu de chances de rencontrer s'il n'y avait eu la guerre. Authentique titi parisien, aussi brun que je suis roux, aussi trapu que je suis efflanqué, Marcel était tourneur-fraiseur chez Renault quand la guerre a éclaté. Bien loin de mon château de Mozé et de ses interminables couloirs décorés de portraits d'ancêtres. Entre nous deux, le courant passe tout de suite. Marcel apprécie mon insouciance, s'amuse de ma maladresse et de mon étourderie, et ne va pas tarder à me surnommer "le marquis", "le vicomte" ou "Pohype". Quant à moi, je suis séduit par la gouaille, le côté frondeur et l'humour ravageur de "Bébert", le métallo de l'île de la Jatte, comme moi passionné d'aviation depuis l'enfance.[8].

Roland de La Poype, également de tempérament blagueur, a même glissé un crocodile empaillé dans le lit de Marcel Albert alors qu'ils séjournaient à l'hôtel à Wadi-Alfa au Soudan Egyptien[9].

Ouvrage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Baptême des promotions EA et EMA 2012 », sur ecole-air.fr, École de l'air,‎ 5 juillet 2013 (consulté le 13 septembre 2013).
  2. AFP, « Décès de Roland La Poype, pilote du Normandie-Niémen et Compagnon de la Libération », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 24 octobre 2012 (consulté le 25 octobre 2012).
  3. a, b, c et d AFP, « Roland La Poype, pilote du Normandie-Niémen est mort », sur lemonde.fr, Le Monde,‎ 24 octobre 2012 (consulté le 25 octobre 2012).
  4. Roland de la Poype 2007, p. 22
  5. a, b, c, d, e, f et g « Roland de La Poype », sur .ordredelaliberation.fr, Ordre de la Libération,‎ 24 octobre 2012.
  6. Bernard Delfino, « Obsèques de Roland de La Poype », sur lecharpeblanche.fr,‎ 30 octobre 2012 (consulté le 1er novembre 2012).
  7. Christelle Hingan, « Une foule venue nombreuse pour rendre hommage à Roland de La Poype », sur defense.gouv.fr, Ministère de la Défense – Armée de l'air,‎ 30 octobre 2012 (consulté le 31 octobre 2012).
  8. Roland de la Poype, 2011, page 106
  9. Roland de la Poype, 2011, page 107

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]