Roger de Hoveden

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Roger de Hoveden, ou Roger de Howden, est un chroniqueur anglais vivant entre la seconde moitié du XIIe siècle et le début du XIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

On pense qu'il est originaire de Howden, à l'Est Yorkshire. On ne sait rien de lui avant l'année 1174. Il était alors au service du roi Henri II, par qui il a été envoyé en France pour une mission secrète des lords de Galloway. En 1175, il apparaît de nouveau comme un négociateur entre le roi et un certain nombre de maisons religieuses anglaises. L'intérêt que porte Hoveden aux affaires ecclésiastiques et les miracles peuvent justifier la supposition qu'il était un clerc. Cela, cependant, ne l'a pas empêché, en 1189, de rendre la justice des forêts dans les comtés d'Yorkshire, Cumberland et Northumberland.

Pendant cette période, on pense qu'il a travaillé sur son ouvrage Gesta Henrici II et Gesta Regis Ricardi. Cette chronique a été autrefois attribuée à Benoît de Peterborough, qui a fait copier le manuscrit pour sa bibliothèque. Le Gesta Regis Henrici II et Gesta Regis Ricardi est le travail d'un homme bien informé, en contact avec la cour et proche d'Henri II. Il se pose lui-même des limites à l'histoire externe d'événements et son ton est strictement impersonnel. Il incorpore quelques documents officiels et de nombreuses fois tire évidemment ses informations d'autres personnes qu'il ne cite pas. Il fait une pause sur son travail en 1177, où son premier manuscrit est achevé. Le travail commence à Noël 1169 et se conclut en 1192; il met ainsi en forme un fragment, couvrant les parties du règne d'Henri II et Richard Ier.

Hoveden participa à la Troisième croisade aux côtés du roi Richard Ier, le rejoignant à Marseille en août 1190. Il partit pour l'Europe en août 1191, dans l'entourage de Philippe II de France. À son retour, environ en 1192, il a commencé à écrire sa Chronica, une histoire générale de l'Angleterre de 732 à son temps. Pour la période 732-1148, il s'est profondément inspiré d'une chronique existante, mais non publiée, Historia Saxonum sive Anglorum post obitum Bedae (le manuscrit est aujourd'hui au British Museum), qui a été composé vers 1150. De 1148 à 1170 il a utilisé les Chroniques de Melrose (édité pour le Bannatyne Club en 1835 par Joseph Stevenson) et une collection de lettres concernant la controverse de Thomas Becket. De 1170 à 1192 il écrit Gesta Regis Henrici II et Gesta Regis Ricardi, révisant le texte et insérant quelques documents supplémentaires.

Il écrit toujours impersonnellement, cite des documents et adhère à la méthode annalistique. Sa chronologie est exacte, mais il y a assez d'erreurs pour prouver qu'il a enregistré des événements à certain écart de temps. Tant sur des affaires étrangères que sur les questions de la politique intérieure, il est très bien informé. Son expérience et ses contacts officiels lui ont permis d'être très bon. Son travail cesse brusquement en 1201, quoiqu'il ait certainement eu l'intention de le porter plus loin. Il est probablement mort cette année.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Gesta Regis Henrici Secundi et Gesta Regis Ricardi Benedicti abbatis (ed. William Stubbs) (2 vols., Rolls series, 1867
  • Chronica (ed. William Stubbs) (4 vols., Rolls series, 1868-71)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frank Barlow, "Roger of Howden", English Historical Review, vol. 65 (1950).
  • David Corner, "The Earliest Surviving Manuscripts of Roger of Howden's Chronica", English Historical Review, vol. 98 (1983).
  • David Corner, "The Gesta Regis Henrici Secundi and Chronica of Roger, Parson of Howden", Bulletin of the Institute of Historical research, vol. 56 (1983).
  • John Gillingham, "Roger of Howden on Crusade", in Richard Cœur de Lion: Kingship, Chivalry and War in the Twelfth Century (London, 1994).
  • D. M. Stenton, "Roger of Howden and Benedict", English Historical Review, vol. 68 (1958).

Notes et références[modifier | modifier le code]