Roger Trinquier
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| Roger Trinquier | |
| Naissance | 20 mars 1908 La Beaume |
|---|---|
| Décès | 11 janvier 1985 Vence |
| Origine | |
| Allégeance | Armée française |
| Grade | Colonel |
| Service | 1928 - |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale Guerre d’Indochine Guerre d’Algérie |
| Distinctions | Commandeur de la légion d’honneur |
Officier supérieur parachutiste, Roger Trinquier a participé à la guerre d'Indochine, à la crise de Suez et à la guerre d'Algérie. Commandant un des trois régiments de la 10e division parachutiste de Jacques Massu, il participa à la bataille d'Alger de 1957. Commandeur de la légion d’honneur, titulaire de 14 citations dont 10 à l’ordre de l’armée, le colonel Trinquier est l’auteur de plusieurs ouvrages
Auteur de La Guerre moderne (Editions de la Table Ronde, 1961), il est un des théoriciens de la « guerre subversive » et sera abondamment cité dans les écoles de guerre, en particulier à l'École militaire des Amériques, située au Panama ainsi qu'à Fort Benning en Georgie (États-Unis).
Sommaire |
[modifier] Origines familiales
Roger Trinquier est né le 20 mars 1908 dans une famille de paysans à La Beaume dans les Hautes-Alpes. Il fait ses études à l’école communale de son village natal où il obtient son certificat d’études en 1920. En 1925, il entre à l’école normale d’Aix en Provence.
[modifier] Carrière militaire
[modifier] Entre-deux-guerres
Élève-officier de réserve en 1928 lors de son service militaire, il prend le commandement d’une section de tirailleurs sénégalais à sa sortie de l'école à Fréjus dans le Var.
A la fin de son service, Roger Trinquier s'engage dans l’armée et intègre l’école des officiers d’active de Saint-Maixent d’où il sort sous-lieutenant en 1933. Affecté un temps à Toulon au 4e RTS, il embarque le 11 mai 1934 à destination de l’Indochine où il rejoint Kylua, au Tonkin, à proximité immédiate de Langson. Il prend ensuite le commandement du poste de Chi Ma, à la frontière de la Chine.
[modifier] Seconde Guerre mondiale
Pendant la seconde Guerre mondiale il est en poste en Chine dans la concession française de Chang-Haï. Cet état de fait lui vaudra d'être obligé de demander sa réintégration dans l'armée en 1946, épreuve qui le marquera moralement.
[modifier] Guerre d'Indochine
Dès la fin de la seconde Guerre mondiale il participe avec le grade de capitaine à la reconquête de l'Indochine au sein du groupement parachutiste Ponchardier. A la mi 1946, il est muté à Tarbes comme adjoint du commandant Dupuis pour former le Deuxième bataillon colonial de commandos parachutistes. Ce bataillon est engagé de 1947 à 1949 en Indochine dans des opérations de contre-guérilla. Le capitaine Trinquier en reçoit le commandement après la mort de Dupuis jusqu'à son retour en France et sa dissolution.
Il rentre en France en janvier 1955 après la défaite de Dien Bien Phu. Lieutenant-colonel, il est affecté à Paris à l’état-major du général Gilles, commandant les troupes aéroportées.
[modifier] Guerre d'Algérie
En août 1956, il rejoint l’Algérie et prend le commandement de la Base Aéroportée d’AFN, puis devient l'adjoint du général Massu, commandant la 10e division parachutiste (10e DP), lors de la bataille d’Alger. Il est à l’origine de la création du « dispositif de protection urbaine » (DPU).
Après un bref séjour en métropole à la tête de l’école des troupes aéroportées, il prend, en mars 1958, le commandement du 3e RPC sur la frontière tunisienne.
Membre du Comité de salut public d’Alger du 13 mai au 11 juin 1958, il reprend le combat à la tête de son régiment dans le sud et en Kabylie où il capture le commandant Azzedine. Le premier semestre 1959, il prend part aux opérations du plan Challe en Oranie et l’Ouarsenis.
En juillet 1959, il prend le commandement du secteur d’El Milia dans le Constantinois avec son chef d’état-major le capitaine Dabezies.
[modifier] Après 1960
En juillet 1960, Roger Trinquier est rappelé en métropole et est affecté en décembre à l’état-major du général commandant le groupe de subdivisions à Nice.
Il meurt de façon accidentelle le 11 janvier 1985 à Vence.
[modifier] Distinctions
[modifier] Citations
[modifier] Bibliographie
- La Guerre moderne, Editions de La Table ronde, Paris, 1961.
- Guerre, subversion, révolution, Robert Laffont, Paris, 1968.
- Le coup d’état du 13 mai, Esprit Nouveau, 1962
- Notre guerre au Katanga, La Pensée Moderne (en coll.)
- L’Etat Nouveau, Nouvelles Editions Latines
- Les Maquis d’Indochine, SPL Albatros
- La Bataille pour l’élection du président de la république, L'Indépendant, 1965
- La Guerre, Albin Michel
- Le 1er bataillon de bérets rouges, Indochine 1947-1949, Plon 1984
- Le Temps Perdu, Albin Michel, Paris, 1978
La Guerre moderne
La Guerre moderne de Trinquier a été considéré comme l'un des manuels de la guerre contre-insurrectionnelle, soulignant l'importance du renseignement, de la guerre psychologique et du volet politique des opérations armées [1]. Il a été abondamment cité par le général britannique Frank Kitson, qui a travaillé en Irlande du Nord et est l'auteur de Low Intensity Operations: Subversion, Insurgency and Peacekeeping (1971).
Selon un entretien du colonel américain Carl Bernard avec la journaliste Marie-Monique Robin, Paul Aussaresses, qui travaillait alors à Fort Bragg, centre d'entraînement des forces spéciales américaines, lui a montré un brouillon de ce livre [1]. Aussaresses et Bernard ont alors envoyé un résumé du livre à Robert Komer, un agent de la CIA qui deviendra l'un des conseillers du président Lyndon Johnson pour la guerre du Viêt-nam [1]. Selon C. Bernard, c'est « à partir de ce texte que Komer a conçu l'opération Phénix, qui est en fait une copie de la bataille d'Alger appliquée à tout le Viêt-nam du Sud. (...) Pour cela, on retournait des prisonniers, puis on les mettait dans des commandos, dirigés par des agents de la CIA ou par des bérets verts, qui agissaient exactement comme l'escadron de la mort de Paul Aussaresses. » [1].
[modifier] Citations
- « Les erreurs dues à la bonté d’âme sont (...) la pire des choses. Comme l’usage de la force physique n’exclut nullement la coopération de l’intelligence, celui qui en use sans pitié et ne recule devant aucune effusion de sang prendra l’avantage sur son adversaire. »[2].
- « Ces exactions systématiques sont l’expression d’une révolution dans l’art de la guerre censée répondre à la « guerre totale » menée par les rebelles par une politique de terreur dont l’enjeu est le ralliement des populations » [citation nécessaire]
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
- Jacques Massu
- Marcel Bigeard et son manuel de l'officier de renseignement
- Paul Aussaresses
- Pierre Chateau-Jobert
- Albert Fossey-François
[modifier] Liens externes
[modifier] Sources et bibliographie
[modifier] Notes et références
- ↑ a b c d Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p.254 (entretien de l'auteur avec Carl Bernard)
- ↑ Roger Trinquier, Guerre, subversion, révolution, Robert Laffont, Paris, 1968

