Roger Auque

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Roger Auque

Naissance 11 janvier 1956
Roubaix (Nord)
Décès 8 septembre 2014 (à 58 ans)
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
Autres activités

Roger Henri Auque est un journaliste et diplomate français, né le 11 janvier 1956 à Roubaix et mort le 8 septembre 2014. Il fut détenu comme otage au Liban pendant près d'un an en 1987. Il a été ambassadeur de France en Érythrée du 23 décembre 2009 au 22 août 2012.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un père assureur de Roubaix gaulliste de gauche et ancien d'Indochine et d'une mère communiste, il s'inscrit à Paris en faculté d'anglais et de langues orientales, pour apprendre l'arabe. Il se rend au Liban où il se rapproche des chrétiens et des phalangistes[1] : « Je me suis retrouvé à combattre du côté chrétien, avec une myriade de jeunes de mon âge, dit-il, des Libanais mais aussi des Américains et des Français un peu fascisants qui combattaient les musulmans progressistes »[2].

Correspondant de guerre au Liban, il est enlevé « en pleine lumière en sortant de son immeuble sous les yeux de son confrère Paul Marchandîs »[3] par le Hezbollah en janvier 1987. La Résistance libanaise voit en lui un agent de la DGSE, ce qui est dénié à l'époque mais sera admis par l'intéressé dans un livre posthume. Il reste otage pendant près d'une année[4]. Il est libéré le 27 novembre 1987, en même temps que Jean-Louis Normandin, pris dans l'Affaire des otages du Liban, à la suite de la négociation du ministre Charles Pasqua et sur place de Jean-Charles Marchiani[5].

Journaliste, grand reporter à RTL, La Croix, et à Paris Match, puis au Figaro Magazine, Sipa Press, Gamma Photo, Radio-Canada, de 1982 à 2002, il est correspondant permanent à Bagdad, puis à Beyrouth de 2003 à 2007 et couvre l'assassinat de Pierre Amine Gemayel[6],[7] pour TF1-LCI, Radio-Canada, TSR, RTBF.

Raphaëlle Bacqué déclare à son propos : « La presse se méfie parfois de ce reporter qui, en 1992, fut épinglé par le Canard enchaîné pour avoir plagié des passages entiers du reportage d’un de ses confrères. Mais il a gardé le goût de l’aventure, du Paris-Dakar, de la guerre en Irak, pour laquelle il a dégoté le dernier passage en avion pour Bagdad, dont il fera profiter quelques confrères. Il n’est pas sûr que la politique lui apporte les mêmes satisfactions[8]. »

En 2008, il est élu conseiller municipal du IXe arrondissement de Paris sur la liste UMP.

En 2008-2009, il devient rédacteur en chef à la chaîne TV franco-marocaine Medi 1 Sat à Tanger.

En décembre 2009, il est nommé ambassadeur de France à Asmara en Érythrée par le président Nicolas Sarkozy[9]. Accusé par le magazine Bakchich d'avoir « laissé une dette de 65 000 euros aux impôts l'année de sa nomination », il dépose une plainte contre le magazine pour diffamation[10].

En 2012, il est obligé de quitter son poste et est rapatrié en France après qu'on lui a diagnostiqué une tumeur du cerveau[11],[12]. En 2013, il compare l'Érythrée à la Corée du Nord ou à la Birmanie[13] soutenu par le Qatar et la Chine[14].

Il meurt le 8 septembre 2014, des suites de son cancer, à l'âge de 58 ans[15],[16].

Dans ses Mémoires posthumes entamés quelques mois avant sa mort, Au service secret de la République (chez Fayard), il déclare notamment : « J'ai été rémunéré par les services secrets israéliens pour effectuer des opérations en Syrie, sous couvert de reportage ». Il a également offert ses services à la DGSE française, avant de devenir un objet d'intérêt pour la CIA[17].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est le père de Vladimir Auque, né de Rosaria Spika, et de Carla Auque.

En 2013, le magazine L'Express révèle qu'il est le père biologique de la députée Marion Maréchal-Le Pen, née en 1989, qu'il a eu avec Yann Le Pen, fille de l'homme politique Jean-Marie Le Pen. Marion a été reconnue après sa naissance par le conjoint de Yann Le Pen, Samuel Maréchal[18],[19].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Un otage à Beyrouth de Roger Auque et Patrick Forestier, éd. Filipacchi, Prix Vérité 1988 de la ville du Cannet
  • Journal de Bagdad de Roger Auque, éditions Anne Carrière, 2005.
  • Au service secret de la République de Roger Auque et Jean-Michel Verne, Fayard, 2015

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Hors la vie de Maroun Bagdadi. Inspiré d'Un otage à Beyrouth, Prix spécial du Jury au festival de Cannes en 1991.

Articles connexes[modifier | modifier le code]