Rodern

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Rodern
Le village vu depuis les vignes et, au fond, Saint-Hippolyte
Le village vu depuis les vignes et, au fond, Saint-Hippolyte
Blason de Rodern
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Haut-Rhin
Arrondissement Ribeauvillé
Canton Ribeauvillé
Intercommunalité C.C. du Pays de Ribeauvillé
Maire
Mandat
Robert Sprolewitz
2014-2020
Code postal 68590
Code commune 68280
Démographie
Gentilé Rodernois
Population
municipale
332 hab. (2011)
Densité 47 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 13′ 32″ N 7° 21′ 16″ E / 48.2256, 7.3544 ()48° 13′ 32″ Nord 7° 21′ 16″ Est / 48.2256, 7.3544 ()  
Altitude Min. 228 m – Max. 760 m
Superficie 7,05 km2
Localisation

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Rodern est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace.

Rodern est une commune du Parc naturel régional des Ballons des Vosges.

La commune a été récompensée de deux fleurs au concours des villes et villages fleuris.

Dans le jargon des cisteurs alsaciens, Rodern a reçu le surnom de Cistheim.

Géographie[modifier | modifier le code]

Rodern est un petit village viticole d'une superficie de 705 hectares située légèrement en retrait de la route des vins d'Alsace, au pied du Haut-Koenigsbourg, à flanc des collines ensoleillées près du ruisseau de l'Eckenbach qui séparait autrefois la haute et la basse-Alsace. Le village est situé dans le creux des collines vosgiennes dont les plus hautes parties se trouvent à 756 mètres d'altitude. La rue principale de l'agglomération d'est en ouest est longée par des maisons vigneronnes et à colombages formant un conglomérat très dense. L'église et la mairie-école, le presbytère se trouvent au centre du village à partir de l'unique croisement de la rue transversale. Rodern se trouve à 2 km de Saint-Hippolyte, autant de Rorschwihr et à 1,5 km de Bergheim. Rodern est réputé pour son grand cru gloeckelberg et de son pinot noir.

Écarts et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Cours d’eau[modifier | modifier le code]

  • Eckenbach

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et antiquité[modifier | modifier le code]

Le site de Rodern fut d'abord occupé pendant l'ère néolithique, donc avant l'avènement du christianisme. Il a même fait partie d'un territoire séparant les peuples celtes des Séquanes et des Triboques ; c'est le ruisseau de l'Eckenbach, aussi connu sous le nom de Landgraben, qui faisait alors office de frontières entre les deux peuples.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Un peu plus tard, vraisemblablement vers l'année 740, Rodern faisait partie du patrimoine de l'évêché de Bâle. Le territoire s'étendait vers le nord de l'Eckenbach qui rejoint le village de Rodern et de Saint-Hippolyte. À cette époque, l'évêché de Bâle qui englobait les régions du sud de la région badoise, le nord de la Suisse, la Franche-Comté et la Haute-Alsace contrôlait cette partie de territoire. Pour connaître l'entendue de son patrimoine, l'évêque de Bâle avait fait procéder à un recensement de toutes les paroisses de sa zone viticole. C'est donc dans l'un de ces documents qu'apparut pour la première fois le terme Rodern. Ce nom figure également dans un autre document de l'année 813.

Le toponyme est probablement issu du mot allemand roden qui veut dire « défricher » ou « essarter ». L'année 1200 marqua en effet une intense campagne de défrichement de la région.

Un acte établi en 1298 partage le village de Rodern entre les seigneurs de Ribeaupierre. Celui-ci était alors entièrement détenu par Henri IV de la famille des Ribeaupierre. Pendant très longtemps, Rodern et le village voisin Rorschwihr faisaient partie de la seigneurie de Bergheim. Dès l'année 1313, la seigneurie fut transférée à la maison d'Autriche qui contrôlait alors la région jusqu'à la guerre de Trente Ans. On trouve d'ailleurs encore sur quelques linteaux de portes des maisons de Rodern quelques armoiries du village de Bergheim et des emblèmes ayant trait aux métiers des viticulteurs et des tonneliers : serpette, cuve, équerres et compas[1].

Les invasions[modifier | modifier le code]

Au cours de son histoire la commune de Rodern a connu de nombreuses invasions : guerre des Armagnacs et surtout guerre de Trente Ans qui a été particulièrement meurtrière pour la commune. Ce fut le lot de nombreux villages alsaciens dont certains ont même été rayés de la carte. En 1650, la commune de Rodern ne comptait plus qu'une trentaine d'habitants et quelques maisons.

Le repeuplement[modifier | modifier le code]

Le village se repeupla assez rapidement grâce à l'arrivée massive d'habitants venant de Picardie, du pays de Bade, du Tyrol et de la Suisse. Les Ribeaupierre et la France ont tout fait pour repeupler la région qui manquait cruellement de main-d'œuvre. Tous les arrivants furent gratifiés d'avantages matériels considérables  : distribution de bois gratuit pour rebâtir les maisons, exonération d'impôts pendant cinq ans. Le prince évêque de Bâle, qui avait gardé une certaine mainmise sur l'Alsace, déployait également de son côté d'importants efforts en faveur du repeuplement des régions meurtries par les guerres de Trente Ans. À partir de 1750, d'autres vagues d'émigrants venus des Vosges vinrent se fixer à Rodern. On vit alors apparaître des noms d'origine française  : Benoît, Chanteraine, Gedon. Plus tard certains de ces noms furent à nouveau germanisés.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Rodern

Les armes ( ou armoiries ) de Rodern se blasonnent ainsi :
« D'or à la roue de voitue de sable à six rais, deux rais formant un diamètre vertical. »[2]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2011 en cours Robert Sprolewitz    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 332 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
579 586 638 688 719 687 653 652 654
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
579 536 532 538 501 519 484 438 429
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
422 387 360 315 328 344 315 307 295
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
277 279 264 264 266 313 325 328 332
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Georges[modifier | modifier le code]

Église Saint-Georges de Rodern

L'idée de reconstruire l'église date du 19 mars 1736. La population fut conviée à participer après la messe dominicale à un rassemblement dans la mairie pour fixer les modalités de reconstruction d'une nouvelle église. Il fut décidé au cours de cette assemblée de financer les travaux par des coupes de bois exceptionnelles. Dans le protocole d'accord qui suivit la décision se trouve la signature de 44 noms, dont dix personnes qui apposèrent un signe ou une croix en guise de signature car elles ne savaient ni lire ni écrire.

L'église Saint-Georges date de 1755. À l'époque la commune participa financièrement à la construction de la nef alors que les descendants des Ribeaupierre s'occupèrent de financer le chœur et la sacristie. L'église comprend un clocher rectangulaire révélant pour la partie inférieure un style gothique. L'église actuelle a sans doute été construite sur un ancien emplacement qui comprenait déjà un édifice religieux puisque dans la nouvelle construction on retrouve les anciens murs dont l'épaisseur est de un mètre[5].

Pierre tombale de Hans Dietsch prévôt de Rodern[modifier | modifier le code]

Plaque à la mémoire de Hans Dietsch, prévôt de Rodern

Une pierre tombale de Hans Dietsch se trouvant à l'arrière de l'église a été découverte lors des travaux de l'église. Elle est située au pied du clocher. Hans Dietsch a été prévôt de Rodern de 1554 à 1602 et représentait les intérêts de l'Autriche qui gouvernait alors la province. Une plaque portant son sceau et sa marque personnelle figurent sur le cartouche qui est scellé sur le mur de l'église.

Monument aux morts et grotte de Notre-Dame de Lourdes[modifier | modifier le code]

Monument aux morts 1914-1918/1939-1945 et grotte de Notre Dame de Lourdes à Rodern

Ce monument aux morts est un témoignage aux anciens de Rodern qui sont morts au cours des guerres 1914-1918 et 1939-1945. Ce monument se trouve à côté d'une grotte dédiée à Notre Dame de Lourdes et en face de l'église Saint-Georges. Sur le monument aux morts figure les noms de toutes les personnes du villages qui sont mortes pendant les deux guerres mondiales.

Porte de cellier[modifier | modifier le code]

Cette porte de cellier située 7, rue des Seigneurs est en grès rose et bois. Elle porte une inscription directement gravée dans le grès qui pourrait être la marque personnelle du propriétaire du lieu encadrée par les initiales L.W. pour Laurentz Walter. Ces lettres se trouvent au centre de la date de 1617. Laurentz Walter a ensuite transmis l'actuel bâtiment à ses descendants qui l'on ensuite cédés aux Jésuites de Strasbourg à la recherche d'un bâtiment pour leur vignes. La porte en bois est ornée, conformément à la tradition fort répandue dans le vignoble alsacien, d'assemblages de planchettes divers  : chevrons et losanges, symboles de la fécondité, dans la partie inférieure et soleil radiant dans la partie haute[6].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]