Rocco Buttiglione

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Rocco Buttiglione

Rocco Buttiglione, né le 6 juin 1948 à Gallipoli (Pouilles), est un homme politique italien.

Rocco Buttiglione parle couramment sept langues : italien, anglais, français, allemand, espagnol, portugais et polonais. Il est titulaire d'une chaire de sciences politiques à l'université Saint-Pie-V à Rome. Rocco Buttiglione est également éditorialiste ou chroniqueur dans divers journaux ou périodiques italiens et d'autres pays.

Biographie[modifier | modifier le code]

De sensibilité démocrate-chrétienne, il a été élu secrétaire du Parti populaire italien (Partito Popolare Italiano - PPI) en 1994 puis, en 1995, secrétaire fondateur des Chrétiens démocrates unis (Cristiani Democratici Uniti - CDU), une scission du PPI plus proche de la droite que du centre-gauche.

Il a été élu une première fois à la Camera dei deputati italienne en 1994. En juin 1999, il a été élu au Parlement européen. En mai 2001, il a de nouveau été élu à la chambre des députés italienne, au titre d'une circonscription de Milan.

Il a aussitôt été nommé ministre pour la Politique communautaire (ministro per le Politiche Comunitarie, équivalent de ministre des Affaires européennes) dans le second gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi.

En juillet 2004, il a été pressenti par José Manuel Durão Barroso, futur président de la Commission européenne, qui aurait dû entrer en fonctions le 1er novembre 2004, pour y occuper le poste de commissaire chargé de la Justice, des Libertés et de la Sécurité.

Sa nomination a entraîné une vive polémique, ses opposants lui reprochant notamment ses prises de position publiques, devant les commissions du Parlement européen, présentées comme hostiles à l'homosexualité (qu'il voit comme « un péché en tant que chrétien », mais dont il précise qu'en tant que Commissaire européen, il ne fera rien pour la combattre) et sa vision de la famille (jugée par eux « rétrograde » : pour lui, « la famille existe pour permettre aux femmes d'avoir des enfants et d'être protégées par un homme qui prenne soin d'elles »), etc. Il n'est pas impossible, en plus de cela, que son amitié pour les États-Unis ait été mal vue en Belgique, pays où l'antiaméricanisme est très fort[1]. Silvio Berlusconi a pris sa défense en parlant de l'Europe "intégriste, grossière et obscurantiste". Le conseil pontifical Justice et Paix l'a également soutenu par la voix de son président.

Le 11 octobre 2004, la commission des Libertés civiques, de la Justice et des Affaires intérieures du Parlement européen a voté, par 27 voix contre 26, une motion de défiance à l'égard du commissaire pressenti.

Toutefois, José Manuel Durão Barroso ayant annoncé sa ferme intention de ne remanier en aucun cas la liste des commissaires, par exemple pour placer Rocco Buttiglione à un autre portefeuille, le choix final appartiendra au Parlement européen dans son ensemble, lequel, dans un vote qui aurait dû intervenir le 27 octobre, ne disposait que du droit d'entériner la Commission dans son ensemble ou de la rejeter en bloc.

Pour éviter un tel rejet, il a fini par présenter sa démission et y a été remplacé par Franco Frattini l'actuel ministre italien des Affaires étrangères, le 4 novembre 2004. Il a déclaré qu'il avait été exclu par les francs-maçons qui contrôlent le parlement.

Après sa démission de la Commission européenne pressentie, Rocco Buttiglione reste Ministre de la culture dans le gouvernement italien et, une semaine après son départ forcé de la Commission, a décidé de fonder un nouveau mouvement politique, pour le moment embryonnaire et sans dénomination, qui serait « résolument ancré dans la tradition catholique ».

Toutefois il reste membre, jusqu'à nouvel ordre, des Chrétiens démocrates unis, mais son initiative a d'ores et déjà reçu le soutien officieux de certaines « hautes sphères » de l'Alliance nationale (d'extrême droite) ou de la Ligue du Nord, autres partis membres de la coalition gouvernementale de Silvio Berlusconi.

En mai 2006, il est candidat du centre-droit aux élections pour la mairie de Turin. Il est battu au premier tour. Lors des élections générales italiennes de 2013, il est réélu sur une liste Avec Monti pour l'Italie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Avvenimento cristiano e fenomeno rivoluzionario. Lezioni sul marxismo, Milan, 1972 (texte d'un séminaire tenu à l'université catholique de Milan du 22 au 25 février 1972)
  • La crisi dell'economia marxista, Rome : Studium, 1978
  • Dialettica e nostalgia, Milan : Jaca Book, 1978
  • Il pensiero di Karol Wojtyla, Milan : Jaca Book, 1982
    • traduit en français en 1984 chez Fayard sous le titre « La pensée de K. Wojtyla »)
    • traduit en anglais en 1997 chez W.B. Eerdmans Publishing Company à Grand Rapids (Michigan), sous le titre « Karol Wojtyla The Thought of the Man Who Became Pope John Paul II »
  • L'uomo e il lavoro, Bologne : CSEO Biblioteca, 1982
  • Metafisica della conoscenza e Politica in S. Tommaso d'Aquino, Bologne : CSEO Biblioteca, 1985
  • L'uomo e la famiglia, Rome : Dino Ed., 1991 (traduit en espagnol en 1994, chez IMDOSOC à Mexico, sous le titre « El Hombre y la Familia »)
  • La crisi della morale, Rome : Dino Ed., 1991
  • Augusto Del Noce. Biografia di un pensiero, Piemme, Casale Monferrato 1991.
  • Il problema politico dei cattolici. Dottrina sociale e modernità, (a cura di P. Pollini), Piemme, Casale Monf., 1993
  • Chrzescijanie A Demokracja, Lublin : Towarzystwo Naukowe KUL, 1993
  • Etyka w kryzysie, Lublin : Towarzystwo Naukowe KUL, 1994
  • Il centro dei valori, (a cura di P. Pollini), Rome : Delfi, 1996
  • Il centro: valori e riforme per l'Italia di domani, (a cura di P. Pollini), Rome : Delfi, 1996.
  • Giustizia e politica tra prima e seconda repubblica, con Mario Luzi (libro intervista di G. Tabanelli a cura di P. Pollini), Rome : SEAM, 1998
  • Il pensiero dell'uomo che divenne Giovanni Paolo II, (a cura di P. Pollini), Milan : A. Mondadori, 1998

Rocco Buttiglione est également l'auteur de 130 essais en diverses langues, ainsi que de plusieurs centaines d'articles dans la presse italienne et internationale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Auditions par le Parlement européen

Voir aussi[modifier | modifier le code]


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