Roc de Chère

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Réserve naturelle nationale du Roc de Chère
Image illustrative de l'article Roc de Chère
Le Roc de Chère vu de Duingt
Catégorie UICN IV (aire de gestion des habitats/espèces)[1]
Identifiant 15157
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Ville proche Annecy
Coordonnées 45° 50′ 40″ N 6° 12′ 16″ E / 45.84444444, 6.20444444 ()45° 50′ 40″ Nord 6° 12′ 16″ Est / 45.84444444, 6.20444444 ()  
Superficie 68 ha[1]
Création 2 novembre 1977[1]
Administration ASTERS

Géolocalisation sur la carte : Rhône-Alpes

(Voir situation sur carte : Rhône-Alpes)
Réserve naturelle nationale du Roc de Chère

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Réserve naturelle nationale du Roc de Chère

Le Roc de Chère est une avancée rocheuse boisée située sur le territoire de la commune de Talloires qui domine le lac d'Annecy de 200 m. Une partie du site a été classée en 1977 en réserve naturelle nationale (RNN36) d'une superficie de 69 ha.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le Roc de Chère est situé en bordure du lac d'Annecy sur sa rive Est, entre Talloires et Menthon-Saint-Bernard. Il correspond à la limite du grand et du petit lac. Il culmine à 651 m et plonge dans le lac (448 m) par d'impressionnantes falaises de 50 à 70 m de hauteur. Sur ses pentes Nord s'étend un golf.

Chère provient de l'élément pré-indo-européen *car-, désignant un élément pierreux, un rocher. Cette signification n'étant plus comprise, on l'a prise pour un nom propre et on y a ajouté "Roc" qui n'est qu'un renforcement pléonastique.

Histoire du site et de la réserve[modifier | modifier le code]

Le Roc de Chère vu de Saint-Jorioz
Le Roc de Chère vu de Saint-Jorioz

Jadis exploité par les moines de l'abbaye de Talloires, il est aujourd'hui colonisé en majorité par les chênes rouvres et les charmes ; la lande à rhododendron (rhodoraie) s'y épanouit. Une réserve naturelle y été créée en 1978 pour protéger l'exceptionnelle richesse du site. Elle fut la seconde de Haute-Savoie créée après celle des Aiguilles Rouges. 35% de sa superficie appartient aujourd'hui (en 2004) au Conservatoire du littoral et des rivages lacustres[2].

Le dimanche 21 juin 2009, vers 2h30 du matin, trois jeunes gens se sont tués et deux autres légèrement blessés après que leur bateau à moteur ait heurté de plein fouet la falaise du roc de Chère, en rentrant d'une soirée en boîte de nuit à Annecy[3].

Écologie (Biodiversité, intérêt écopaysager…)[modifier | modifier le code]

Cordulie Arctique
Cordulie Arctique

Le site a été raboté par le glacier quaternaire qui occupait la combe d'Annecy. Il présente une topographie très variée qui permet de définir 5 grands ensembles naturels : des pentes calcaires donnant sur le lac, des crêtes gréseuses acides, une dépression centrale sur sol sableux et calcaire, un vallon marécageux et un plateau central frais et humide sur grès en ubac.

Les milieux exigus favorisent les espèces peu exigeantes en surface ou très spécialisées. Le glacier y a laissé une tourbière où l'on peut trouver des rossolis, une laîche des tourbières (Carex sp.) et la cordulie arctique. Dans un canyon dissimulé sous la forêt, on trouve des plantes qui poussent habituellement à 2 000 m (rhododendron ferrugineux, lycopode sélagine). En revanche, côté lac, sur les falaises dans un milieu chaud et sec se sont acclimatées et développées des espèces méridionales (comme l'érable de Montpellier, etc.).

Flore[modifier | modifier le code]

Lycopode sélagine
Lycopode sélagine
Sonneur à ventre jaune
Sonneur à ventre jaune

Grâce à l'alternance de sols calcaires et de sols siliceux (grès), et à la présence de microclimats différents d'un vallon à l'autre, plus de 560 espèces de fleurs et de plantes y poussent.

Deux flores opposées coexistent sur le site. L'une glaciaire ou arctique rassemble des éléments montagnards et subalpins : Rhododendron ferrugineux, Lycopode sélagine, Carex limosa, lichen, etc. L'autre, préférant la chaleur, avec des éléments méridionaux ou subméditerranéens : Érable de Montpellier, capillaire, garance, Buis, etc.

Faune[modifier | modifier le code]

Une abondante faune s'est approprié les lieux et y trouve refuge. Parmi les oiseaux on y trouve l'Hirondelle de rochers et le Faucon pèlerin qui nichent dans les falaises, mais aussi le Milan noir et le Goéland leucophée. Les zones humides abritent la Grenouille rousse, la Salamandre tachetée, le Sonneur à ventre jaune et la Cordulie arctique.

Intérêt touristique et pédagogique[modifier | modifier le code]

Le site permet de découvrir de superbes panoramas tout au long des sentiers de randonnées le parcourant. On peut y voir aussi des lapiaz, qui sont des roches calcaires érodées par l'eau, et qu'on retrouve souvent en Savoie.

Administration, Plan de gestion, règlement[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle est gérée par ASTERS, le Conservatoire d'espaces naturels de Haute-Savoie.

Outils et statut juridique[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle a été créée par un décret du 2 novembre 1977.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Muséum national d'Histoire naturelle, « Roc de Chère (FR3600036) », sur Inventaire national du Patrimoine naturel,‎ 2003+ (consulté le 6 janvier 2014)
  2. I. Mauz, « Histoires et mémoires des réserves naturelles de Haute-Savoie », sur ASTERS,‎ 2005 (consulté le 6 mars 2014)
  3. Le Figaro.fr, Accident sur le lac d'Annecy: trois morts