Robot militaire

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Un robot militaire, aussi appelé arme autonome, est un robot, autonome ou contrôlé à distance, conçu pour des applications militaires. Les drones sont une sous-classe des robots militaires.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Des systèmes sont déjà actuellement en service dans un certain nombre de forces armées, avec des succès remarquables, tel que le drone "Predator", qui est capable de prendre des photographies de surveillance, et même à lancer des missiles air-sol AGM-114N "Hellfire" II ou des GBU-12 "Paveway" II dans le cas du MQ-1 et du MQ-9. Les études se poursuivent car ce type d'engin offre des possibilités prometteuses.

Des engins au sol, fixes, tel le Samsung SGR-A1[1] ou mobiles, servent à la garde de sites sensibles tels des silos à missile[2].


Avantages et inconvénients techniques par rapport à l'Homme[modifier | modifier le code]

Un avantage crucial des robots est que l'opinion publique ne s'en émouvra pas et aucun problème de mort, blessé, prisonnier, otage ou rançon ne sera à gérer.

En dépit de leur prix qui peut être élevé, les robots présentent également des avantages économiques importants :

  • on peut les commander et les mettre en réserve voire au rebut en fonction du besoin, au lieu de devoir les former longtemps à l'avance et de les garder dans l'armée en temps de paix ;
  • ils n'ont pas besoin de formation, les mises à jour logicielles ou matérielles sont faciles ;
  • ils ne sont pas aussi exigeant qu'un humain en termes de logistique quotidienne (casernement, alimentation, soins médicaux, transport, etc.) ;
  • ils ne seront pas retraités, ni invalides ;
  • l'équivalent téléguidé d'un engin piloté (avion, char…) ne requiert pas de poste de pilotage (pas de blindage pour protéger le pilote, pas de pressurisation, pas de siège, etc.) ce qui simplifie énormément le système et en réduit le coût ;
  • indirectement, étant à la pointe de la technologie, ils participent à l'effort de R&D et de développement industriel du pays.

Enfin, en opération, les robots militaires ont quantité d'avantages par rapport à l'être humain : ils ont un comportement bien plus reproductible (tir constamment très précis), ils résistent bien mieux à certaines conditions environnementales (nuit, pluie, froid et chaleur extrêmes, agents NBC, accélérations trop fortes pour un pilote humain… ), ils ne connaissent pas la fatigue, ne sont pas distraits, n'ont aucun état d'âme (pas de peur, pas de problème pour l'exécution de mission-suicide ou d'ordres douteux, pas de rébellion…). Contrairement à un blessé qui posera d'énormes problèmes à son unité (protection contre l'ennemi, soins et évacuation), réduisant ses capacités opérationnelles bien plus que ne le ferait un mort, l'engin endommagé peut être simplement abandonné ou détruit.

Néanmoins, ils ne peuvent pas complètement remplacer un soldat, dans la mesure où il n'est ni possible, ni souhaitable pour la plupart des gens et des militaires, de leur laisser prendre des décisions de tir. De plus, ils restent incapables d'improviser des manœuvres complexes, a fortiori en coordination avec des équipiers.

Les missions qui leur sont actuellement confiées sont essentiellement la surveillance de bases militaires et la reconnaissance.

Aspects légaux[modifier | modifier le code]

Ces robots posent des problèmes éthiques et légaux. Cela a conduit des associations ou ONG a mener des actions de sensibilisation à ces problèmes pour encadrer l'utilisation de ces robots militaires[3].

Les robots militaires doivent être utilisés dans le respect du droit international et notamment du droit humanitaire. Selon le professeur Michael N. Schmitt, les utilisations actuelles de ces robots en particulier par les Etats Unis sont limitées par le droit humanitaire mais ces robots ne sont pas illégaux en tant que tels même à considérer que leur autonomie soit augmentée[4].

Les auteurs francophones se sont moins penchés sur la question. Selon T. SADIGH, en fonction des cas, ces robots peuvent être illégaux en eux-mêmes et le droit humanitaire limite leur degré d'autonomie[5].

Aspects éthiques[modifier | modifier le code]

En novembre 2012, les organisations Human Rights Watch, International Human Rights Clinic et Nobel Women’s Initiative ont démarré une campagne de sensibilisation sur les risques que font courir ces armes et demandent une « interdiction préventive mondiale » des armes autonomes[6].

Exemples[modifier | modifier le code]

Précurseurs[modifier | modifier le code]

Robots en utilisation[modifier | modifier le code]

un engin SWORDS

Robots en production[modifier | modifier le code]

ARV

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jon Rabiroff, « Machine gun-toting robots deployed on DMZ », sur Stars and Stripes,‎ 12 juillet 2010 (consulté le 14 décembre 2014).
  2. (en) « Battle Robots to Guard Russian Missile Silos by 2020 », sur The Moscow Times,‎ 18 aout 2014 (consulté le 14 décembre 2014).
  3. http://www.stopkillerrobots.org/
  4. Michael N. Schmitt, Autonomous Weapon Systems and International Humanitarian Law: A Reply to the Critics,national security journal, Harvard law school, 2013, http://harvardnsj.org/wp-content/uploads/2013/02/Schmitt-Autonomous-Weapon-Systems-and-IHL-Final.pdf
  5. T. SADIGH, L'utilisation des robots militaires dans les conflits, mémoire online, 2013, http://memoireonline.com/11/13/7823/m_Lutilisation-des-robots-militaires-dans-les-conflits0.html
  6. ↑ (fr) Philippe Vion-Dury, « Un Terminator opérationnel d’ici vingt ans : les ONG s’alarment » [archive]. Mis en ligne le 23 novembre 2012, consulté le 3 janvier 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]