Robinia pseudoacacia

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Robinier faux-acacia, Acacia, Faux-acacia, Robinier

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Le Robinier faux-acacia ou Acacia (Robinia pseudoacacia) est une espèce d'arbre de la famille des Fabaceae (légumineuses de la sous-famille des Viciaceae)[1]. Elle présente des fleurs zygomorphes caractéristiques chez les Fabaceae.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le robinier-faux-acacia remarquable de Cambron-Casteau (Belgique) dans le parc Paradisio.
Le robinier du square René-Viviani (Paris) (daté de 1601).

Le nom du genre a été dédié par le naturaliste Carl von Linné à Jean Robin, 1550-1629, botaniste du roi de France Henri IV, qui introduisit cet arbre en France, et à son fils Vespasien Robin, également botaniste. Le premier individu, planté place Dauphine à Paris en 1601, a disparu depuis longtemps, mais des rejets ont donné naissance à deux arbres qui existent encore aujourd'hui à Paris : l'un au square René-Viviani attenant à l'église Saint-Julien-le-Pauvre (planté en 1601[2]), l'autre au Jardin des plantes (planté en 1636[3]).

L'épithète spécifique, pseudoacacia, rappelle sa ressemblance, relative, avec les espèces du genre Acacia, dont fait partie le « mimosa des quatre-saisons ». Le robinier faux-acacia a été placé dès 1753 dans le genre Robinia par Linné. Il n'a jamais été considéré comme faisant partie du genre Acacia en classification linnéenne. Aussi, le robinier faux-acacia ou « acacia » n'a jamais été considéré comme étant un Acacia.

Les noms vernaculaires de Robinia pseudoacacia sont aussi simplement « acacia » ou « faux-acacia », ou encore « robinier »[4]. Il est parfois appelé « carouge »[réf. souhaitée]. En anglais, il se nomme black locust, Robinie ou Akazienbaum en allemand, robinia en espagnol et robinia ou acacia en italien.

Description[modifier | modifier le code]

Aspect de l'arbre au printemps
Les gousses du robinier restent fixées à l'arbre tout l'hiver.

C'est un arbre qui atteint 20 à 30 m de haut[1]. Il est très souvent drageonnant et forme des bosquets parfois envahissants. Le tronc est gris-brun avec une écorce épaisse profondément crevassée dans le sens longitudinal[1]. Les drageons et jeunes branches sont épineux. En taillis, il peut faire des pousses de 20 m. plus le terrain est mauvais et plus il drageonne et les fourrés font leur action protectrice. Il pourrait préparer l'arrivée d'autres espèces mais il est assez inexpugnable[5].

Les feuilles caduques sont imparipennées, avec un grand nombre (de 9 à 19) de folioles ovales[1]; les stipules des feuilles portées par les rameaux non florifères sont transformées en épines aiguës, qui persistent plusieurs années après la chute des feuilles.

Rameau de Robinier faux-Acacia

Les fleurs sont blanches, en grappes pendantes parfumées et mellifères de 10 à 25 cm de long[1]. C'est une plante mellifère précieuse, la plus intéressante avec le tilleul.

Les fruits sont des gousses aplaties, de 7 à 12 cm de long, contenant plusieurs graines[1]. Elles restent fixées à l'arbre bien après la chute des feuilles.

La rhizosphère du robinier encourage des bactéries fixatrices d'azote. Le système radiculaire peut s’étendre sur un rayon de 15 mètres autour du tronc sur les terrains secs[1].

Chaque année le bois de printemps apparaît comme un anneau poreux. Entre les cellules du parenchyme de gros vaisseaux sont visibles à l'œil nu. À l'automne, ces vaisseaux sont obturés par des excroissances des cellules qui les bordent, les thylles. Chez le robinier, les gros vaisseaux du bois de printemps ne conduisent la sève qu'une saison.

Le robinier supporte assez mal la taille sévère et l'élagage. Si on doit absolument le faire, préférer la période juste après la floraison.

Distribution et statut[modifier | modifier le code]

Aire naturelle de répartition.

Originaire de la région des Appalaches, à l’est de l’Amérique du Nord, le robinier faux-acacia est très répandu en Pennsylvanie, en Géorgie, dans l’Illinois et dans l’Arkansas[1]. Introduit en Europe, il y est généralement considéré comme une espèce invasive (France[6], Allemagne, Italie du Nord, Pologne, Pays-Bas, Suisse, Hongrie, Grèce, Chypre). Ailleurs, on le trouve également en Turquie, en Israël, en Australie et en Nouvelle-Zélande. C'est donc une espèce largement hémérochore.

Il a été importé en 1601[1] en France par Jean Robin (arboriste des rois Henri III, Henri IV et Louis XIII) qui reçut des graines de son ami John Tradescant l'Ancien, 1570-1638, naturaliste anglais en relation avec la Virginia Company (Compagnie de Virginie).

C'est un arbre de basse altitude (au-dessous de 700 m) qui s'est naturalisé dans l'ouest de l'Europe, ne dépassant pas les Pays-Bas au nord, ainsi que dans les zones tempérées des autres continents. Il a été largement planté pour stabiliser les terrains sablonneux ou rocailleux et pour son bois.

C'est un arbre pionnier, se cantonnant aux terrains dégradés qu'il enrichit, en fixant l'azote par ses racines, étant une légumineuse. Il préfère les terrains frais, pauvres en calcaire mais peut se satisfaire de terrains secs. Il ne pousse pas dans les terrains trop humides et sur des terres argileuses compactes (voir site web des CRPF de Poitou-Charentes, d'Aquitaine). Arbre héliophile, il redoute l'ombre.

Avec 3,2 millions d'hectares dans le monde, il est la troisième essence de feuillus de plantation après le peuplier et l'eucalyptus.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Très dur, et quasiment imputrescible, ne nécessitant pas de traitement, pouvant remplacer les bois exotiques, il est considéré comme une essence très durable[1]. Le bois des arbres qui poussent au bord de l'eau est cependant moins durable. Son bois jaune dur peut être imputrescible jusqu'à une trentaine d'années même s'il est posé en terrain humide. Il est recherché pour la fabrication de barriques, de menuiserie extérieure, de piquets de vigne ou de clôture, parfois remplacé par le châtaignier dans les régions où il manque. Grâce à sa croissance rapide, ces utilisations assurent un débouché rémunérateur aux plantations de robiniers conduites en taillis. Facile à travailler, il était aussi utilisé en charronnerie. On cherche actuellement à valoriser le bois de robinier comme bois d'œuvre pour la fabrication de meubles de jardin et d'équipement extérieur mais il faut le travailler assez vite après la coupe avant qu'il ne devienne trop dur. Des sylviculteurs du Sud-Ouest se sont lancés dans l'amélioration de leur parcelles de robiniers. C'est aussi un bois utilisé par les facteurs d'arcs ; relativement facile à trouver, il fait la joie des débutants en archerie souhaitant construire eux-mêmes leurs arcs, ou s'exercer sur des bois moins nobles que d'autres essences utilisées en archerie.

Ses épines et sa croissance rapide sont un précieux atout pour faire des haies.

Des essais en Ukraine démontrent qu'il serait de bonne qualité pour le BRF (bois raméal fragmenté).

Ses fleurs odorantes trouvent un débouché en parfumerie et sont à la source de l'un des miels de printemps les plus réputés - le miel d'acacia - un miel liquide à la belle couleur d'ambre clair[1]. Au mois de juin, les grappes de fleurs, trempées dans de la pâte à beignets puis frites, sont une friandise délicatement parfumée.

L'arbre est utilisé pour « végétaliser » les sols inertes, grâce à sa résistance au froid et à la sécheresse, et à son pouvoir de fixation de l'azote atmosphérique (propriété commune à toutes les Fabacées).

Il est également utilisé comme arbre d'ornement. Il existe de nombreuses variétés horticoles, à feuillage jaune, à feuilles monophylles, sans épines, ou bien à port pleureur. D'autres espèces du genre Robinia sont également plantées à cet effet, notamment R. hispida, R. viscosa, toutes deux à fleurs roses. On les multiplie par bouture ou semis. Mais le semis est le meilleur mode de multiplication : les arbres obtenus vivent plus longtemps et drageonnent moins[5].

Sa densité de 0,7, assez forte, en fait un excellent bois de chauffage.

L'ingestion de l'espèce peut être toxique pour de nombreux animaux[7] (principalement l'écorce et les jeunes feuilles) mais certains utilisent tout de même le feuillage comme fourrage[8] (voir rubrique "Toxicité" ci-dessous).

Espèce invasive[modifier | modifier le code]

Bosquet de robiniers faux acacia

Sa croissance rapide, sa capacité de multiplication végétative importante (rejets de souche et drageonnage), sa production abondante de graines toxiques, sa capacité à fixer l'azote atmosphérique et la toxicité de son bois et de ses feuilles en font une espèce pionnière compétitive capable de modifier profondément les phytocénoses locales[9].

Cette espèce est généralement considérée comme très envahissante sur son aire européenne de répartition, empêchant la croissance des autres plantes notamment par concurrence à la pollinisation. Dans certains endroits il a pris la place de forêts entières de châtaigniers. Il peut être remplacé par des sorbiers. Cependant il s'étend surtout sur des sols qui lui sont propices : sols frais et filtrants (sables) et avec un accès à la lumière (pas sous des chênes adultes ou noisetiers par exemple).

Toxicité[modifier | modifier le code]

L'arbre contient de la robine (dans l'écorce) et de la robinine (feuilles et graines), des lectines toxiques pour l'homme[10] et les animaux (en particulier le cheval et les poules)[11].

Il contient également de la phasine[7].

Phytothérapie[modifier | modifier le code]

L'arbre régule le taux de certains anticorps.

Cultivars[modifier | modifier le code]

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Source : Jacques Brosse, Larousse des Arbres et Arbustes, Paris, Larousse, 2000 (ISBN 2-03-505172-X)

'Appalachia' : port étroit, peu épineux, bien florifère

'Bessoniana' : robinier boule,couronne ovoïde, à rameaux non épineux, mais fleurit rarement, risque de cassure au vent.

'Frisia' : à feuille plus étroite et restant jaune vif au printemps ; exposition protégée du vent. Arbre de petite à moyenne stature ; épines rouge.

'Pyramidalis' : port encore plus élancé qu'un peuplier d'Italie, pas d'épines ou presque. très rares inflorescences.

'Rozynskyana': à feuilles très longues et étroites pendant verticalement.

'Semperflorens' : il a une seconde floraison en août-septembre. Arbre vigoureux, couronne peu serrée, d'abord dressée puis ovale arrondie, résiste assez bien au vent.

Source : Charlotte Testu, Arbres feuillus de nos jardins, Paris,La Maison Rustique, 1976 (ISBN 2-7066-0026-8)

'Aurea' : très vigoureux, d'abord les feuilles sont jaunes puis deviennent vert jaunâtre.

'Colutoïdes' : arbirssaux à la couronne ronde . fleurs très nombreuses, feuillage vert frais.

'Erecta' : branches dressées

'Inernis' : comme le type sans épine.

'Macrophylla' : un arbre petit à moyen. petits et grands folioles.

'Saudraudiga' : croissance rapide, port pyramidal peu dense, avec un bois très épineux.

'Tortuosa' : grand arbre mais qui pousse lentement. branches et rameaux se recourbent en tout sens.

Son cultivar ‘Umbraculifera’ est souvent placé comme arbre d’alignement.

'Nyirségi' : 20/25m vigoureux, densément ramifié.

'Unifolia' : taille moyenne, couronne conique. Souffre de cassures dues au vent. Très florifère. La couronne devient lâche et transparente avec l'âge.

Il existe deux importants programmes d'amélioration du robinier faux-acacia en Hongrie (les Hongrois l'ont beaucoup utilisé pour reboiser la Puszta) et en Roumanie.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Larousse agricole, 1922
  • La flore de France et d'Europe occidentale, M. Blamey, C. Grey-Wilson (ISBN 2-908975-05-X)
  • Entreprise "Bois d'Or" J.Fouailly Maître tonnelier(21), Meilleur Ouvrier de France.
  • Jacques Brosse, Larousse des Arbres et Arbustes, Paris, Larousse,

2000 (ISBN 2-03-505172-X)

  • Charlotte Testu, Arbres feuillus de nos jardins, Paris,La Maison Rustique, 1976 (ISBN 2-7066-0026-8)
  • Pierre Lieutaghi, Le livre des Arbres, Arbustes & Arbrisseaux, Arles, Actes sud, 2004 (ISBN 2-7427-4778-8)7
  • JC Rameau, D. Mansion, G. Dumé , Flore forestière française, Tome 1, Paris,IDF, 1989(ISBN 2-904740-16-3)

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (fr) Arbres - Jaromir Pokorny - p.118 - (ISBN 2-7000-1818-4) - Éditions Gründ - 1987
  2. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, éditions de Minuit,‎ 1985 (ISBN 2707310549), p. 452.
  3. Site officiel du Muséum national d'histoire naturelle
  4. Définitions lexicographiques et étymologiques de « acacia » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  5. a et b Pierre Lieutaghi, Le livre des Arbres, Arbustes & Arbrisseaux, Arles, Actes sud, 2004 (ISBN 2-7427-4778-8)
  6. Liste des plantes envahissantes, éditée par l'Agence Méditerranéenne de l'Environnement (juillet 2003)
  7. a et b Système canadien d'information sur les plantes toxiques
  8. Forage value of Mediterranean deciduous woody fodder species and its implication to management of silvo-pastoral systems for goats - PAPACHRISTOU T. G. (1) ; PAPANASTASIS V. P.
  9. (fr) Les plantes invasives en France, Serge Muller, Publications du MNHN, Paris 2004, (ISBN 2-85653-570-4).
  10. Commission Suisse pour la protection des plantes sauvages
  11. Black locust toxicity

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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