Roberto Gavaldón

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Roberto Gavaldón (né le 7 juin 1909 à Jiménez, Chihuahua - mort le 4 septembre 1986 à Mexico) est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur de cinéma mexicain. Il a remporté trois Ariels d'Or et la médaille Salvador Toscano.

Roberto Gavaldón

Naissance 7 juin 1909
Jiménez (Chihuahua)
Nationalité Drapeau du Mexique mexicain
Décès 4 septembre 1986 (à 77 ans)
Profession Réalisateur, Scénariste, Acteur
Films notables La barraca (1945)
La otra (1946)
Macario (1960)

Biographie[modifier | modifier le code]

Natif de Ciudad Jiménez (Chihuahua), dans la région où s'est déclenché le mouvement insurrectionnel de 1910 de Pascual Orozco et Pancho Villa, Roberto Gavaldón est issu d'une famille de la classe moyenne, divisée par le conflit révolutionnaire. Il souhaite devenir architecte ou ingénieur, et se rend, par conséquent, à Mexico. Là, il est introduit dans les cercles intellectuels et artistiques de la capitale. Toutefois, son esprit pragmatique le conduit à préférer les États-Unis, où les perspectives lui paraissent plus concrètes. Il exerce, dans ce pays, différents métiers et, bien qu'ayant vécu à Hollywood, il n'a aucun contact direct avec les milieux du cinéma. Là, il rencontre, cependant, deux futurs réalisateurs mexicains : Emilio Fernández et Chano Urueta.

Rentré au Mexique, Gavaldón apprend les métiers du cinéma en travaillant dans les branches les plus diverses, depuis les simples figurations dans des films de Raphael J. Sevilla et Fernando de Fuentes, jusqu'aux métiers d'accessoiriste ou d'aide-monteur. Puis, il devient l'assistant des metteurs en scène les plus importants : Alejandro Galindo, Alberto Gout, Juan Orol (es) et Gabriel Soria notamment.

Dès son premier long-métrage, La barraca (1945), Gavaldón manifeste d'évidentes qualités techniques. Ce film, adapté d'un roman de Vicente Blasco Ibáñez, situé dans un milieu rural en Espagne et marqué par des connotations sociales, n'est pourtant guère le reflet de sa filmographie ultérieure. Il sera plutôt reconnu, par la suite, comme un maître du mélodrame. Dans les années 1940-50, il constitue un groupe de travail remarqué, avec le scénariste José Revueltas, le compositeur Rodolfo Halffter, le décorateur Gunther Gerszo et les directeurs de la photographie Gabriel Figueroa et Alex Phillips. Selon Gustavo García, « les mélodrames de Gavaldón sont parfaits, spectaculaires, intenses et pleins d'humour. »[1] Si l'influence du meilleur cinéma américain imprègne son œuvre, on ne doit pas sous-estimer, pour autant, l'originalité et la dimension créatrice de Gavaldón. « Inutile d'invoquer on ne sait quelle "politique d'auteur" pour dire que certains éléments sont communs à tous ses films. Il ne s'agit pas d'éléments formels ni stylistiques, mais d'une façon propre de traiter genres et sujets, d'exprimer une conception personnelle et précise du monde et du Mexique qui l'entoure », écrit le réalisateur Ariel Zúñiga[2]. Ce qui est exceptionnel, également, c'est le fait que ses meilleurs films reçoivent un accueil favorable, tant du public que de la critique : Outre La barraca, on peut citer, par exemple, La otra (1946), La diosa arrodillada (1947), En la palma de tu mano (Mains criminelles, 1951), Rosauro Castro (1950)[3] , El rebozo de Soledad (1952), Macario (1960) et El gallo de oro (1964).

Pour Ariel Zúñiga, les thèmes récurrents dans l'œuvre de Roberto Gavaldón sont au nombre de trois : « le territoire perdu de l'enfance [...] ; une curiosité croissante pour le phénomène de l'altérité, soit comme manifestation du double ou du jumeau, soit comme quête d'une identité, attitude typique des nationalismes en formation ; enfin, une obsession pour la mort, problème individuel mais aussi élément de cette recherche de l'identité nationale [...]. »[4]

Les films de Gavaldón trahissent donc des questionnements socio-politiques. Dirigeant syndical et député fédéral, il n'ignore rien des vicissitudes de l'Histoire. C'est ainsi qu'il connaît, pour ces raisons-là, la censure et une part supplémentaire de renommée. Comme La sombra del caudillo (1960) de Julio Bracho, Rosa Blanca (1961) fera l'objet d'une interdiction.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Comme assistant-réalisateur[modifier | modifier le code]

Comme scénariste[modifier | modifier le code]

Comme producteur[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gustavo García : Le mélodrame : la mécanique de la passion, in : Le cinéma mexicain, Éditions du Centre Georges-Pompidou, Paris, 1992, p. 184.
  2. A. Zùñiga : Roberto Gavaldón in Le cinéma mexicain, Éditions du Centre Georges-Pompidou, Paris, 1992, p. 219.
  3. Selon Ariel Zúñiga, Rosauro Castro est une œuvre rarement projetée. Son négatif aurait disparu dans l'incendie de la Cineteca Nacional de Mexico, au début des années 1980. Avec ce film, nous serions en présence d'une des dix réalisations les plus importantes du cinéma mexicain (in : Le cinéma mexicain, op. cité.) Rappelons, tout de même, qu'une copie a été diffusée, lors de la rétrospective consacrée à Roberto Gavaldón (avril-mai 2011), grâce à la Cinémathèque française de Paris.
  4. A. Zùñiga : op. cité.

Liens externes[modifier | modifier le code]