Robert de Courtenay-Constantinople

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Robert de Courtenay-Constantinople
Image illustrative de l'article Robert de Courtenay-Constantinople
Titre
Empereur latin de Constantinople
12191228
Couronnement 25 mars 1221
Prédécesseur Pierre II de Courtenay
Successeur Jean de Brienne
et Baudouin II de Courtenay
Biographie
Dynastie Maison capétienne de Courtenay
Date de naissance vers 1201
Date de décès janvier 1228
Père Pierre II de Courtenay
Mère Yolande de Flandre et de Hainaut

Robert de Courtenay-Constantinople

Robert de Courtenay, né vers 1201, mort en Morée à la fin du mois de janvier 1228, est un empereur latin de Constantinople de 1219 à 1228, fils de Pierre II de Courtenay, comte de Nevers, d’Auxerre et de Tonnerre, marquis de Namur, empereur latin de Constantinople et de Yolande de Flandre et de Hainaut.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'Empire Latin en 1204.

Après la mort sans fils d’Henri de Hainaut, empereur latin de Constantinople, la couronne impériale avait été proposée au roi André II de Hongrie, qui l’avait refusé, puis à Pierre II de Courtenay, qui l’avait accepté. Tandis que sa femme Yolande, sœur d’Henri de Hainaut, se rend à Constantinople par bateau, Pierre de Courtenay préfère la voie terrestre, est attaqué et fait prisonnier à Durazzo par Théodore Comnène, despote d’Épire en 1217. Il meurt peu après sans avoir vu Constantinople. Yolande de Hainaut assure le gouvernement impérial, mais meurt le 24 ou le 26 août 1219.

Les barons proposèrent la couronne de Constantinople à Philippe, le fils aîné de Pierre II et de Yolande, qui préfère se contenter du marquisat de Namur et refuse la couronne impériale. Robert, le second fils, l’accepte et quitte Namur durant l’automne 1220. Il passe les fêtes de Noël et une partie de l’hiver à la cour d’André II de Hongrie, son beau-frère[1], puis reprend le chemin de Constantinople, où il est couronné le 25 mars 1221, dans l’église Sainte-Sophie.

Il ne cherchait que la paix, mais l’empire est alors en proie aux ambitions de deux de ses voisins, le despotat d'Épire et l’empire de Nicée, tous deux issus du démembrement de l’empire byzantin en 1204 et cherchant à reprendre Constantinople aux Latins. Les premières hostilités viennent de Théodore Comnène, despote d’Épire, qui envahit la Thessalie dès 1221 et s’empare du royaume de Thessalonique, en 1224 et s'y proclame empereur. Démétrios de Montferrat était bien partit en Occident pour demander de l'aide mais n'en avait pas obtenu. Robert, bien qu'il soit en lutte contre l'empire de Nicée, lui envoie une armée de secours, qui est battue devant Serrès et bat en retraite en Thrace.

Face à Théodore Ier Lascaris, empereur de Nicée, Robert n'a pas plus de succès. Théodore est marié à Marie de Courtenay, sœur de Robert et, estimant que celle-ci a des droits sur une partie l'empire, lui enlève une partie de la rive asiatique de l'empire latin. Pour pouvoir faire face à Théodore Comnène, Robert négocie une trêve avec Théodore Lascaris, qui voyant le caractère indolent de Robert, décide de lui donner en mariage sa troisième fille pour mieux le contrôler, mais l'opposition du patriarche grecs, qui s'appuie sur la parenté par alliance, fait échouer le mariage. Théodore Lascaris meurt peu après, et son gendre Jean III Doukas Vatatzès lui succède, au détriment des frères de Théodore, Alexis et Isaac Lascaris. Ces derniers se réfugient à Constantinople et persuadent Robert de faire la guerre à Jean Vatatzès, mais l'armée latine subit une sévère défaite à Poimanenon en 1224. Robert perd la Bithynie, les frères Lascaris sont capturés et aveuglés. Profitant de ses succès, Jean Vatatzès débarque en Europe et prend la ville d'Andrinople, mais cette dernière est prise en 1225 par Théodore Comnène. À partir de cette date, l'Empire Latin est condamné à disparaitre[2], et la seule inconnue est de savoir qui en sera le conquérant, entre le basileus d'Épire ou celui de Nicée.

Qualifié de stupide par les chroniqueurs contemporains[3], Robert de Courtenay ne réagit que mollement à ces revers, sollicite en 1224 des renforts auprès du roi Louis VIII de France, qui, se préparant à partir en croisade des Albigeois, ne peut lui en envoyer. En 1225, Guillaume VI, marquis de Montferrat, tente de reconquérir le royaume de Thessalonique pour le compte de son frère Démétrios, mais sa mort le 17 septembre 1225 entraine le retrait de son armée.

L'Empire Latin en 1230.

Robert se désintéresse alors de son empire et ne parvient pas à tirer profit de la rivalité qui oppose le despotat d'Épire à l'empire de Nicée. Méprisé par ses barons et discrédité par les pertes d'Andrinople, de la Thrace et de la Bithynie, il se livre à la débauche et aux plaisirs. Il enlève une fille d'un chevalier de Neuville-en-Artois à son fiancé et l'épouse secrètement. Le fiancé évincé réunit quelques barons qui font irruption dans le palais pour couper les lèvres et le nez de la jeune épouse, sans que Robert ne cherche à la protéger. Couvert de honte et craignant pour sa sécurité, il se réfugie à Rome auprès du pape Honorius III, qui lui reproche sa conduite et l'ordonne de revenir à Constantinople et de racheter sa conduite, mais Robert meurt de maladie au retour, lors d'une escale en Morée.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Fiançailles et mariage[modifier | modifier le code]

Il est fiancé en 1222 avec Eudoxie Laskarina, fille de Théodore Ier Lascaris, empereur grec de Nicée, et d'Anne Angelina. Mais le mariage est annulé en raison de la parenté par alliance entre les deux fiancés.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pierre II
de Courtenay
 
Yolande
de Hainaut
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Anne
Angelina
 
 
 
Théodore Ier
Lascaris
 
 
 
Marie
de Courtenay
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Eudoxie
Laskarina
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Robert
de Courtenay
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

En 1228, il se marie secrètement avec une fille de Baudouin de Neuville-en-Artois, dont on ignore le prénom et le nom du fiancé.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marié à Yolande de Courtenay, sœur de Robert.
  2. ce qui ne surviendra qu'en 1261.
  3. Quasi rudis et idiota, nous dit Albéric de Trois-Fontaines.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]