Robert d'Orléans

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Robert d’Orléans

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Robert d'Orléans

Fonctions militaires
Grade militaire Officier des Dragons Piémontais
Officier d'état-major du commandement en chef des armées fédérales
Faits d’armes Bataille de Palestro
Conflits Campagne d'Italie (1859)
Guerre de Sécession
Biographie
Titulature Duc de Chartres
Dynastie Maison d’Orléans
Nom de naissance Robert Philippe Louis Eugène Ferdinand d'Orléans
Naissance 9 novembre 1840
Paris (France)
Décès 5 décembre 1910 (à 70 ans)
Château de Saint-Firmin (France)
Père Ferdinand-Philippe d'Orléans, duc d'Orléans
Mère Hélène de Mecklembourg-Schwerin
Conjoint Françoise d'Orléans (1844-1925)
Enfants Marie d’Orléans
Robert d’Orléans
Henri d’Orléans
Marguerite d’Orléans
Jean d’Orléans, duc de Guise Royal Crown of France.svg

Robert d’Orléans, duc de Chartres, est né le 9 novembre 1840 à Paris et est mort le 5 décembre 1910 au château de Saint-Firmin (Oise)[1]. C’est un membre de la maison capétienne d’Orléans et un militaire français.

Famille[modifier | modifier le code]

Second fils de Ferdinand-Philippe d'Orléans (1810-1842), duc d'Orléans et prince royal de France, et de son épouse la princesse Hélène de Mecklembourg-Schwerin (1814-1858), le duc de Chartres a pour frère aîné Philippe d'Orléans (1838-1894), comte de Paris et prétendant orléaniste au trône de France sous le nom de « Philippe VII ».

Le 11 juin 1863, il épouse, à Kingston, sa cousine la princesse Françoise d'Orléans (1844-1925), elle-même fille de François d'Orléans (1818-1900), prince de Joinville, et de son épouse la princesse Françoise du Brésil (1824-1898).

De cette union sont nés 5 enfants :

Biographie[modifier | modifier le code]

Robert d'Orléans
Portrait du duc d'Orléans, par Dominique Ingres, 1842.
La duchesse d'Orléans tenant son fils, Philippe, comte de Paris.
Le duc de Chartres (à droite) avec son frère le comte de Paris (à gauche).
Le château de Saint-Firmin.

Robert Philippe Louis Eugène Ferdinand d'Orléans, duc de Chartres, naît le 9 novembre 1840 au Pavillon de Marsan du Palais des Tuileries à Paris[2]. Le duc de Chartres est ondoyé le jour de sa naissance par Denys Auguste Affre, archevêque de Paris[2]. La cérémonie de baptême a lieu le 14 novembre 1840 en la chapelle des Tuileries, elle est présidée par Denys Affre, assisté de Jean-Baptiste Demerson, curé de l'église royale Saint-Germain-l'Auxerrois : Robert d'Orléans a comme parrain son oncle Louis Charles Philippe Raphaël d'Orléans et comme marraine sa grand-tante Madame Adélaïde[2].

Le duc de Chartres devient très tôt orphelin. Son père meurt, en effet, dans un accident de cabriolet en 1842 et sa mère succombe, en 1858, à une mauvaise grippe que son fils lui a transmise. C'est donc, dans une large mesure, les grands-parents du duc de Chartres, le roi Louis-Philippe Ier et la reine Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, qui s'occupent de lui et de son frère aîné pendant leur enfance et adolescence.

À ces malheurs familiaux, il faut ajouter l'exil, qui touche les membres de la famille d'Orléans après la révolution de février 1848. De fait, les Parisiens, lassés de la politique de plus en plus conservatrice du « roi bourgeois », se soulèvent à nouveau pour renverser leur monarchie. Louis-Philippe, qui refuse de faire tirer sur les révolutionnaires, abdique donc sa couronne en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, le 24 février. En conséquence, Hélène de Mecklembourg-Schwerin, duchesse d'Orléans et mère de Paris et de Chartres, se présente devant la Chambre des députés, accompagnée de son beau-frère, le duc de Nemours, et de ses enfants, afin de faire proclamer son fils aîné roi des Français et d'être nommée régente. Mais, l'intervention à l'Assemblée de Ledru-Rollin, de Crémieux et de Lamartine, fait échouer ce projet et la IIe République est établie. La duchesse et ses enfants quittent donc la France pour l'Allemagne tandis que Louis-Philippe et le reste de la famille royale s'installent au Royaume-Uni. Là-bas, les Orléans s'établissent au château de Claremont, propriété de Léopold Ier de Belgique, lui-même gendre de Louis-Philippe.

Envoyé à Turin peu après la mort de sa mère, en 1857, le duc de Chartres y poursuit des études militaires. Devenu officier des dragons piémontais, il s'engage dans la guerre d'unification italienne aux côtés de la Maison de Savoie et de la France, à partir de 1859. Il participe notamment à la bataille de Palestro, qui lui vaut d'être décoré par le roi Victor-Emmanuel II.

En 1861, Chartres s'engage aux côtés de son frère dans un autre conflit : la Guerre de Sécession. Officier d'état-major du commandement en chef des armées fédérales, le jeune prince combat ainsi les Sudistes à Gains' Mill. Durant ce séjour aux États-Unis, les princes sont accompagnés par leur oncle, le prince de Joinville, qui réalise à l'occasion de nombreuses aquarelles.

Revenu en Europe, le duc de Chartres décide ensuite de se marier. Mais, exilé et membre d'une Maison considérée comme illégitime par une grande partie des dynasties régnantes, le prince ne peut prétendre épouser une princesse étrangère. C'est la raison pour laquelle il demande la main de sa cousine germaine, Françoise d'Orléans-Joinville, qu'il épouse le 11 juin 1863, à Kingston, toujours en Angleterre.

Se trouvant à Bruxelles avec ses oncles Joinville et Aumale en 1870, lors de la déclaration de guerre de la France à la Prusse, Robert de Chartres demande immédiatement au gouvernement de Napoléon III l'autorisation de participer au combat. Mais le ministre de la guerre s'y oppose et Chartres ne peut s'enrôler dans l'armée qu'après la chute de l'Empire. Il s'engage alors sous le pseudonyme de Robert Le Fort et est nommé chef d'escadron dans l'armée de la Loire. Une fois le conflit terminé, ses actions lui valent d'être fait chevalier de la Légion d'honneur.

En 1871, le duc de Chartres, auquel le gouvernement provisoire conserve son grade militaire, est envoyé en Algérie pour y mater une révolte indigène.

En 1881, le régime républicain, de plus en plus hostile aux membres des familles ayant régné sur la France (Orléans et Napoléon), met en disponibilité le prince de son poste de colonel du 19e chasseur à cheval. Puis, en 1886, la loi d'exil permet au gouvernement de rayer le prince des listes de l'armée.

Très proche de son frère le comte de Paris, il l'encourage dans la voie qui mènera à la rédaction du Pacte national. Il lui écrit en décembre 1886 : « Il faut commencer à penser aux choses pratiques et habituer le pays à l’idée de la possibilité de ce que j’appelle une monarchie raisonnable, c’est-à-dire une monarchie qui ne soit ni pure légitimiste ni cléricale ni parlementaire ni autoritaire. Une monarchie de l’avenir. Un gouvernement de la société de l’avenir et non du passé[3]».

Le comte de Paris confia d'ailleurs à Albert de Mun dans quelle communauté d’esprit il se trouvait depuis toujours avec son frère le duc de Chartres : « Je me suis concerté avec lui pour tout. C’est le seul membre de ma famille de qui je puisse le dire[4],[5]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Philippe Seydoux, Châteaux et gentilhommières des Pays de l'Oise : Tome II. Valois, Paris, Éditions de la Morande,‎ s.d., 356 p. (ISBN 978-2-9020-9139-3) ; p. 26.
  2. a, b et c Philippe de Montjouvent, Éphéméride de la Maison de France de 1589 à 1848, Charenton-le-Pont, éditions du Chaney, 1999, p.308-310.
  3. Archives nationales, 300 AP 611, lettre du duc de Chartres au comte de Paris ; Saint-Eusoges (Yonne), 6 décembre 1886.
  4. Philippe Levillain, Albert de Mun, p. 920.
  5. Hervé Robert, Les princes d'Orléans, Une famille en politique, éd. Economica, 2007, p. 345.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Généalogie des rois et des princes de Jean-Charles Volkmann Edit Jean-Paul Gisserot (1998)
  • Les Orléans, une famille en quête d'un trône de Georges Poisson, Perrin (1999)

Articles connexes[modifier | modifier le code]