Robert d'Harcourt

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Robert d'Harcourt (né le 23 novembre 1881 à Lumigny - mort le 18 juin 1965 à Pargny-lès-Reims) est un intellectuel catholique français, germaniste, essayiste et résistant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Deuxième fils et quatrième enfant du comte Pierre d'Harcourt et d'Adélaïde-Alix de Mun, il est le neveu d'Albert de Mun, demi-frère de sa mère. Après une thèse de doctorat sur le poète et romancier suisse Conrad Ferdinand Meyer[1], il est titulaire de la chaire de langue et littérature germaniques à l'Institut catholique de Paris.

Sa connaissance de l'Allemagne l'amène à dénoncer dès 1933 le caractère néfaste du régime nazi dans de nombreux articles. En 1936, il publie l'Évangile de la force, son ouvrage le plus célèbre, dans lequel il s'élève notamment contre l'embrigadement des jeunes allemands au sein des mouvements nazis et il souligne l'incompatibilité radicale entre l'idéologie raciste nazie et le christianisme[2]. Durant l'Occupation, Robert d'Harcourt devient une des figures de la résistance intellectuelle en s'engageant dans la presse clandestine[3].

Avec Ernest Seillière, Jean Tharaud, René Grousset et Octave Aubry, il est une des cinq personnes élues le 14 février 1946 à l'Académie française lors de la première élection groupée de cette année visant à combler les très nombreuses places vacantes laissées par la période de l'Occupation. Il est reçu le 28 novembre 1946 par Monseigneur Grente au fauteuil 14, celui du Maréchal Louis Franchet d’Espèrey.

Le comte Robert d'Harcourt, « immortel » décédé le 18 juin 1965, peu de temps après son épouse, et il repose au cimetière de Pargny-lès-Reims.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • C. F. Meyer, sa vie, son œuvre (1825-1898), 1913
  • Souvenirs de captivité et d'évasions 1915-1918, 1922
  • La Jeunesse de Schiller, 1928
  • L'Éducation sentimentale de Goethe, 1931
  • Goethe et l'Art de vivre, 1935
  • L'Évangile de la force, le visage de la jeunesse du IIIe Reich, 1936
  • Catholiques d'Allemagne, 1938
  • Le Nazisme peint par lui-même, 1946
  • Les Allemands d'aujourd'hui, 1948
  • La Religion de Goethe, 1949
  • Visage de l'Allemagne actuelle, 1950
  • L’Allemagne est-elle inquiétante ?, 1954
  • Konrad Adenauer, 1955
  • L'Allemagne d'Adenauer, 1958
  • L'Allemagne et l'Europe, Allemagne européenne, 1960
  • L'Allemagne, d'Adenauer à Erhard, 1964

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bruno Permezel, Résistants à Lyon : 1144 noms, Éditions BGA Permezel, 1995, p. 244.
  2. Michel Grunewald, « Un témoin engagé de la renaissance de l'Allemagne : Robert d'Harcourt et les Allemands (1945-1958) » Dans : Patricia Oster/Hans-Jürgen Lüsebrink, Am Wendepunkt : Deutschland und Frankreich um 1945 : zur Dynamik eines transnationalen kulturellen Feldes, Transcript Verlag, 2008, p. 64.
  3. Harry Roderick Kedward, Naissance de la Résistance dans la France de Vichy : 1940-1942 ; idées et motivations, Éditions Champ Vallon, 1989, p. 211.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]