Robert Walser (écrivain)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Walser et Robert Walser (musicologue).

Robert Walser

Description de cette image, également commentée ci-après

Robert Walser dans les années 1890.

Naissance 15 avril 1878
Bienne
Décès 25 décembre 1956 (à 78 ans)
Herisau
Langue d'écriture Allemand
Genres roman, poésie

Robert Walser, né le 15 avril 1878, à Bienne (Suisse) et mort le 25 décembre 1956 à Herisau (Suisse), est un écrivain et poète suisse de langue allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de huit enfants, Walser quitte l'école à quatorze ans et le domicile familial à dix-sept. Il voyage beaucoup et s'essaie sans succès au théâtre. Son existence au début de sa vie d'adulte lui fait alterner emplois alimentaires[1] et création poétique : Walser exerce de nombreux métiers (domestique, secrétaire, employé de banque), qui lui inspireront certains de ses plus grands textes.

Il commence à publier ses poèmes dès 1898, puis ce qu'il nommait des « dramolets », c'est-à-dire des textes "musclés" comme une pièce de théâtre et "effilés" comme un poème. Ainsi paraissent Blanche-Neige et Cendrillon (laquelle paraît en 1901 à Munich), deux variations sur les contes populaires éponymes.

Il publie également des textes en prose, notamment dans la revue Die Insel publiée à Munich de 1899 à 1901. Son premier recueil de prose paraît en 1904Les Rédactions de Fritz Kocher (Fritz Kochers Aufsätze) – mais le succès, ou du moins la possibilité de vivre de sa plume, se fait attendre. Il loge à Berlin chez son frère, le peintre Karl Walser dont il dressera un portrait doux-amer dans la nouvelle Une vie de peintre (dans le recueil Seeland, 1920). Entre 1907 et 1909, il rédige et publie trois romans : Les Enfants Tanner (Geschwister Tanner) en 1907, Le Commis (Der Gehülfe) en 1908 et L'Institut Benjamenta (Jakob von Gunten) en 1909. Un recueil des poèmes de jeunesse paraît, également en 1909. Il publie régulièrement ses textes dans des journaux ou des revues berlinoises réputées comme Die Schaubühne, devenue en 1918 die Weltbühne, ou Die Zukunft fondée et dirigée par Maximilian Harden.

Il obtient un vif succès dans le milieu littéraire berlinois et recueille l'admiration des plus grands écrivains de l'époque, dont Robert Musil. À Prague, le jeune Franz Kafka se dit fasciné et marqué. Cependant, Walser fuit Berlin pour s'installer à Bienne en 1913. Les raisons de son retour en Suisse sont mystérieuses. Il l'explique par son besoin de calme et de sérénité pour écrire. En réalité, il semble avoir traversé une période de dépression. Pendant les sept années biennoises, Walser publiera 9 livres, essentiellement des recueils de proses brèves ou de nouvelles - Histoires (Geschichten) en 1914, Vie de poète (Poetenleben) en 1917, La Promenade (Der Spaziergang, intégré au recueil Seeland en 1920). En 1921, Robert Walser s'installe à Berne. Même s'il vit en marge de la société en général et de la vie littéraire en particulier, les années 1924 à 1933 comptent parmi les plus fécondes de l'écrivain. De Berlin à Prague et Zurich, des centaines de ses petites proses, poèmes et scènes dialoguées paraissent sous forme de feuilleton dans la plupart des grands journaux du monde germanophone, notamment le Berliner Tageblatt et la Prager Presse. Durant ces années d'intense productivité, il développe une méthode d'écriture en deux temps, les « microgrammes ». Un dernier recueil de proses, La Rose (Die Rose) paraît en 1925; la grande masse des textes de Walser reste éparpillée, et ne sera rassemblée qu'après la mort de l'écrivain.

En 1929, Walser entre dans la clinique psychiatrique de la Waldau, à Berne, où il poursuit son travail de "feuilletoniste". Il cessera d'écrire en 1933, après avoir été transféré contre son gré dans la clinique psychiatrique d'Herisau dans le demi-canton des Appenzell Rhodes-Extérieures où il séjournera jusqu'au jour de Noël 1956 où, quittant la clinique pour une promenade dans la neige, il marchera jusqu'à l'épuisement et la mort. Son ami Carl Seelig a rendu compte des conversations menées avec l'écrivain pendant ces années de silence dans ses Promenades avec Robert Walser.

Commentaires[modifier | modifier le code]

La prose de Walser se caractérise par des descriptions précises, fines et aériennes de situations banales. Walser donne l'impression de ne faire qu'effleurer les situations et les personnages qu'il décrit, et pourtant, cette superficialité ne donne jamais un goût d'inachevé. Dans la nouvelle du même nom, Walser emploie la métaphore de la « vitrine » pour décrire son œuvre : « Une fois de plus, je n'ai fait là qu'esquisser ; en réalité, je devrais me sentir tenu d'en faire davantage. »

Walser est l'écrivain des choses petites, délicates et belles. La petitesse caractérise également sa technique d'écriture des années 1920 : Walser esquissait ses textes au crayon, sur de simples bouts de papiers, d'une écriture minuscule, avant de recopier à la plume ceux qu'il destinait à la publication. On mit longtemps après sa mort à se rendre compte que l'écriture microscopique de ce «Territoire du crayon» était déchiffrable et renfermait de très nombreux textes inédits, véritables œuvres - voire chefs-d'œuvre - littéraires. C'est ainsi, sous forme de « microgramme » (ainsi appelle-t-on ces textes), qu'est écrit son grand roman publié à titre posthume, Le Brigand. Les manuscrits de Robert Walser ont déménagé de Zurich à Berne, et sont aujourd'hui sauvegardés au sein des Archives littéraires suisses, à la Bibliothèque nationale. Au cœur de la vieille ville, le Centre Robert Walser est ouvert aux chercheurs et au public.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Rédactions de Fritz Kocher (Fritz Kochers Aufsätze, 1904) ;
  • Les Enfants Tanner (Geschwister Tanner , 1907) ;
  • Le Commis (Der Gehülfe, 1908) - première traduction sous le titre L'Homme à tout faire ;
  • L'Institut Benjamenta (Jakob von Gunten, 1909) ;
  • Histoires (Geschichten, 1914) ;
  • La Promenade (1917) ;
  • Morceaux de prose (1917) ;
  • La Rose (Die Rose, 1925).
  • Cendrillon
  • Sur quelques-uns et sur lui-même
  • Le Brigand
  • Félix
  • Rêveries et autres petites proses
  • Retour dans la neige : proses brèves
  • La Dame blanche et autres petites proses
  • L’Étang
  • Cigogne et porc-épic
  • Porcelaine. Scènes dialoguées
  • Nouvelles du jour: proses brèves II
  • Blanche-Neige, bilingue
  • Le Territoire du crayon, microgrammes
  • Robert Walser, l’écriture miniature
  • Seeland, (1920)
  • Petits textes poétiques (Kleine Dichtungen, 1914).
  • Vie de poète (Poetenleben, 1917)
  • Histoires d’images
  • Poèmes
  • Morceaux de prose (Prosastücke, 1916)
  • Au bureau. Poèmes de 1909
  • Petite Prose (Kleine Prosa, 1917)
  • Lettres de 1897 à 1949 (Zoé, 2012 ISBN 2881828825)
    • Livre lu: Vie de poète - lu par Gilles Tschudi, Éditions Zoé, 2012, coll. « La voix du livre », (ISBN 2881828655)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

Adaptations musicales[modifier | modifier le code]

  • Schneewittchen (Blanche-Neige), opéra de Heinz Holliger (1997-1998), livret de Heinz Holliger.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Emplois qu'il quitte dès qu'il a suffisamment d'argent pour se consacrer à la poésie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]