Robert Savoie

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Robert Savoie (né à Montréal, au Québec, le 21 avril 1927, et mort à Montréal le 14 septembre 2007) est un baryton-basse québécois, chanteur d'opéra, puis administrateur dans le domaine des arts et professeur de chant.

De la souche patronymique acadienne des Savoie[1], il est frère aîné du pianiste André-Sébastien Savoie[2] et oncle du baryton Gaétan Laperrière[3], pour ne citer que les musiciens de la famille.

Formation[modifier | modifier le code]

  • Il étudie le chant durant 5 ans auprès de Pauline Donalda[4],[5], qui le fait débuter en 1949 avec l'Opera Guild de Montréal dans Samson et Dalila (de Camille Saint-Saëns).
  • Jusqu'en 1952, il chante des rôles secondaires avec cet Opera Guild de Montréal.
  • Après s'être illustré dans divers concours, notamment « Singing Stars of Tomorrow » et « Nos futures étoiles » (à Radio-Canada), il se rend à Milan.
  • À Milan, il travaille le répertoire avec le chef d'orchestre Antonio Narducci.

Carrière (extraits)[modifier | modifier le code]

Le répertoire opératique de Savoie comprendra quelque cent rôles dans six langues : français, anglais, italien, espagnol, allemand, russe... et latin. Comme tous les grands interprètes multilingues, Robert Savoie préfère toujours chanter dans la langue d'origine d'une œuvre, la version linguistique dont la suite des phonèmes ont déterminé les subtilités musicales de l'œuvre, plutôt qu'en une traduction.

De 1953 à 1981, sa carrière d’artiste lyrique permettra à Robert Savoie de donner plus de 3 000 représentations au Canada, en Europe, aux États-Unis et même en Afrique du Sud, outre qu’il effectuera de nombreuses prestations télévisées, notamment à l’émission L’heure du concert (1954-1967), puis Les beaux dimanches, sur les ondes télévisuelles de Radio-Canada.

Il se produira sur les plus grandes scènes du monde, comme le Covent Garden de Londres, l’Opéra de Monte-Carlo, le John F. Kennedy Center de Washington et le Carnegie Hall de New York.

À partir de 1981, il chantera principalement en récital. Depuis 1996, il se consacrera à l'enseignement privé du chant classique.

Discographie (extraits)[modifier | modifier le code]

  • « La Bonne Chanson présente nos plus belles chansons », vol. 4, Chants de La Bonne Chanson, Grassi dir.; RCA Victor LCP-1035 et RCA Victor PC-1119;
et en 2004, en réédition : 4 CD de « La bonne chanson, 100 chansons, 37 interprètes », coffret XXI-CD 2 1438, Disques XXI-21, Montréal
— Robert Savoie, çà et là sur les 4 CD; on peut aussi y entendre plusieurs enregistrements d'autres grandes voix comme Raoul Jobin, Paul-Émile Corbeil, Pierre Boutet, Jules Jacob, etc. de même que Le Trio lyrique, le Quatuor Alouette et les Grenadiers impériaux.
Pelléas et Mélisande (Debussy) Act 2 : Suzanne Danco (Mélisande), Jean-Paul Jeannotte (Pelléas), Robert Savoie (Golaud), Orchestre de Radio-Canada, Jean Beaudet, à la direction, télédiffusion du 24 janvier 1957;
Video Artists International & VAI Audio DVD 4380
  • Don Giovanni (Mozart), avec Cesare Siepi (Don Giovanni, basse), Geraint Evans (Leporello, baryton), Leyla Gencer (Donna Anna, soprano), Sena Jurinac (Donna Elvira, soprano), Mirella Freni (Zerlina, soprano), Richard Lewis (Don Ottavio, ténor), David Ward (Le Commandeur, basse), Robert Savoie (Masetto, basse), Chœur & Orchestre de l'Opéra de Covent Garden, Georg Solti (1912-1997) à la direction — production, scène & costumes de Franco Zeffirelli, le19 février 1962; BBC […];
et en 2005, réédition en 3 CD (3h45), Living stage, Royal Opera House Series.
  • « Le Vent des forêts » de Lionel Daunais, « Les Croix » de Duparc, Ireland et autres, André-Sébastien Savoie au piano, 1967; CBC Expo-23.
en ré-édition : Fonovox VOX 7816-2, 1995.
  • Don Carlos de Verdi (version française originale de 1867), Robert Savoie, baryton (Rodrigue, Marquis de Posa), avec Joseph Rouleau (Philippe II), André Turp (Don Carlos), Richard Van Allen (L'Inquisiteur), Édith Tremblay (Élisabeth de Valois), Michèle Vilma (Princesse Eboli), Robert Lloyd (un Moine), Gillian Knight (Thibault), Émile Belcourt (le Comte de Lerme), Geoffrey Shovelton (un Héraut royal), Prudence Lloyd (une Voix céleste), BBC Singers, BBC Concert Orchestra au Camden Théâtre, Londres, John Matheson chef d'orchestre, 1972; 4-Voce 23;
et en 2006, réédition[7] en 4 CD, Opera Rara, référence ORCV305 – 0792938030524.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Paillasse (opéra de Leoncavallo), avec Raoul Jobin, Robert Savoie, Belva Boroditski, Françoys Bernier réalisateur, Canada, 1958, 1h12, maintenant sur DVD[précision nécessaire].

Ancêtres[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Une composition de premier ordre; une voix fort belle, saine, bien conduite; voilà un artiste de classe. » — Claude Rostand, LeFigaro littéraire, 31 mars 1966, concernant le rôle de Dourakine (1966) tenu par Robert Savoie dans la création française de l'opéra Le Joueur de Prokofiev.
  • « Enfin, un choix qui pourra étonner est celui de Robert Savoie, baryton à la voix beaucoup plus grave qu'on en a l'habitude pour Rodrigue. Il est néanmoins parfait et son duo avec Carlos [André Turp] : Dieu tu semas dans nos âmes est superbe ». — Pierre Declercq, sur le site Amazon, le 29 août 2007, au sujet de la ré-édition du Don Carlos du concert de Camden Theater de 1972 - voir en section discographie ci-haut.
  • « [...] sa voix large, énergique et virile, partout la même, qu'elle fût parlée ou chantée [...] » — Claude Gingras, La Presse, Montréal, le lundi 17 septembre 2007
  • Son autobiographie (1998), « Figaro-ci, Figaro-là, mémoires d'un baryton voyageur » : « Un livre sérieux, drôle, touchant, comme Robert ! » — Michèle Gaudreau (mezzo-soprano et rédactrice-traductrice), sa compagne - voir la section Bibliographie, ci-dessous.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Who's Who in Opera (New York 1976).
  • Raymonde BERGERON, « C'est ici que nous voulons chanter! », revue Perspectives, XIX (12 févr. 1977), Montréal.

Autobiographie de Robert Savoie[modifier | modifier le code]

  • Robert Savoie, « Figaro-ci, Figaro-là : mémoires d'un baryton voyageur », autobiographie, notes recueillies par Michèle Gaudreau; 264 p., ill., portr.; 23 cm; Éditions varia, collection Mémoires et Souvenirs, Montréal 1998; (ISBN 2-922245-08-X)[8].

Honneurs[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Savoie est le fils de
    François-Xavier Savoie dit Francis Savoie (1894-1961) [lui-même fils de Sébastien Savoie et d'Angèle Chiasson], veuf de Léonice Poirier de Grande-Anse, Nouveau-Brunswick, originaire de l'Île de Lamèque (jadis dite l'île du Grand Miscou ou L'île de Shippagan), au Nouveau-Brunswick, homme d'affaires de Lamèque et Montréal, auteur de « L'île de Shippagan : anecdotes, tours et légendes », fondateur de 2 chorales acadiennes (Source : Fonds Francis Savoie, CEA de l'Université de Moncton),
    et d'Émilienne Dussault (1901-2002), de Montréal, de la souche Toupin dit Dussault. ed14973
    — Robert Savoie, de la 10e génération des Savoie d'Amérique, est... comme disent les Acadiens : « à Francis à Sébastien à Pierre à Édouard à Joseph à Jean à Germain à Germain à François Savoie », pionnier de l'Acadie, venu à Port-Royal vers 1643, (probablement) de Martaizé, Poitou (Vienne), France. id=I14767
    Pour les débuts de la généalogie de la souche Savoie en Acadie, voir : Stephen A. White, Dictionnaire généalogique des familles acadiennes, Première partie 1636 à 1714, Centre d'études acadiennes (CEA), Université de Moncton, 1999, Volume II, H-Z (ISBN 0-919691-91-9), pp.1456-1463.
  2. (fr) André-Sébastien Savoie, pianiste; (en) Savoie, André-Sébastien
  3. (fr) Gaétan Laperrière, baryton; (en) Laperrière, Gaétan
  4. Voir : Photo du baryton Robert Savoie avec Pauline Donalda (1882-1970), soprano, professeure de chant et administratrice, sur ((fr)(en)) le site du Grammophone virtuel. Source : Bibliothèque et Archives Canada/Fonds Pauline-Donalda/MUS 72 [1976-6] no 16736 © Paul Rockett; reproduction autorisée par The Complete Picture Show Co. nlc-6469.
  5. (fr) Voir : Pauline Lightstone Donalda - Fin de carrière, sur ((fr)(en)) le site du Grammophone virtuel.
  6. Voir : (fr) Historique de l'Orchestre métropolitain du Grand Montréal. (en) [1]
  7. Voir : (fr) Don Carlos, drame déraisonnable, opéra de la démesure sur le site Res Musica — une critique de Jacques Hétu, le 14 septembre 2006, à l'occasion de la ré-édition du Don Carlos du concert de Camden Theatre de 1972.
  8. Voir : (fr) Figaro-ci, Figaro-là, Mémoires d'un baryton voyageur (autobiographie de Robert Savoie) — Michel Paul Beaudry, sur Club Culture.
  9. (fr)(en) La Scena Musicale, revue bilingue spécialisée en musique classique.