Robert Ford

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Robert Ford (homonymie).

Robert Newton Ford (né le 31 janvier 1862 dans le comté de Ray dans le Missouri, mort le 8 juin 1892 à Creede dans le Colorado)[1], dit Bob Ford, est un hors-la-loi américain, connu notamment pour avoir assassiné Jesse James en 1882.

Biographie[modifier | modifier le code]

Robert Ford avec le revolver qui lui aurait servi pour tuer Jesse James (portrait non daté).

Robert Newton Ford est le fils de James Thomas Ford et de Mary Bruin.

Admirateur de Jesse James depuis son enfance, il le rencontre en 1880.

En novembre 1881, Jesse James s'installe avec sa famille à Saint-Joseph (Missouri) et se met au vert. Suite notamment à des arrestations, des morts ou des défections, son gang a été sévèrement réduit. Il engage Robert Ford en même temps que son frère Charles, avec qui il avait déjà opéré auparavant, pour participer à l'attaque de la banque de Platte City dans le Missouri. Les Ford le rejoignent à Saint-Joseph en se présentant comme ses cousins. James les héberge chez lui.

Mais ce que James ignore, c'est que les frères Ford ont un autre plan : gagner la récompense de 10 000 dollars, offerte par le gouverneur du Missouri, Thomas T. Crittenden, pour la capture de James, ainsi que l'abandon des poursuites judiciaires à leur encontre (Bob Ford est déjà accusé du meurtre de Wood Hite, un membre du gang et cousin de Jesse James).

Le matin du 3 avril 1882, après avoir pris le petit déjeuner ensemble, les Ford et James vont dans le salon. James remarque qu'un tableau sur le mur est très poussiéreux. Il dépose ses armes, desquelles il ne se séparait pourtant jamais, prend une chaise et monte dessus pour le dépoussiérer. C'est à ce moment que Robert Ford l'exécute d'une balle derrière l'oreille.

L'assassinat fait sensation à travers tout le pays, la presse accourt dans la maison de James et les Ford ne cachent pas leur acte. Robert Ford se hâte d'envoyer un message par télégraphe au gouverneur pour réclamer la récompense. Il se rend de lui-même à la police et est arrêté avec son frère pour meurtre. Condamnés à mort par pendaison, ils sont graciés par le gouverneur Crittenden deux heures plus tard et se voient remettre une partie de la récompense.

Malgré les promesses, les frères Ford ne recevront jamais l'intégralité des 10 000 dollars promis. L'épitaphe de Jesse James, choisie par sa mère, indique : « In Loving Memory of my Beloved Son, Murdered by a Traitor and Coward Whose Name is not Worthy to Appear Here. » (« À la mémoire de mon fils aimé, assassiné par un traître et lâche dont le nom ne mérite pas de figurer ici »).

Charlie Ford se suicide en 1884. Bob Ford gagne d'abord sa vie en posant pour des photographes comme « l'homme qui tua Jesse James ». Il apparaît aussi dans des revues où il rejoue l'assassinat, mais le spectacle n'est pas bien accueilli. Il ouvre ensuite un salon de jeu à Walsenburg (Colorado), puis des saloons dans des cités minières. Il est abattu le 8 juin 1892 par un nommé Edward O'Kelley, qui a vraisemblablement cherché à s'attribuer la gloire d'avoir vengé Jesse James de son meurtrier impopulaire.

Témoignage[modifier | modifier le code]

Lettre de Bob Ford au gouverneur Thomas Crittenden, donnant sa version de l'assassinat de Jesse James (avril 1882) :

« Au matin du 3 avril, moi et Jesse allions en ville, comme à notre habitude, avant le petit déjeuner, pour les journaux. Nous étions de retour vers 8 heures et nous nous asseyions dans la première pièce. Jess était assis me tournant le dos, lisant le St. Louis Republican. Je pris le Times, et la première chose que je vis fut un gros titre sur la reddition de Dick Liddel (membre du gang qui témoigna contre les frères James en échange de l'immunité NDT). À ce moment Mme James vint nous annoncer que le petit déjeuner était servi. À mon côté se trouvait une chaise recouverte d'un châle, sous lequel je cachais rapidement le journal. Jess ne pouvait m'avoir vu, mais il se leva, marcha jusqu'à la chaise, souleva le châle, le lança sur le lit et prit le journal, puis se dirigea vers la cuisine. Je sentis que les carottes étaient cuites, mais je le suivis et m'assis à table en face de Jess.

Mme James servit les cafés et s'assit en bout de table. Jesse ouvrit le journal et commença à lire les titres. Il s'exclama immédiatement :

- « Bonjour ! Dick Liddel s'est rendu ! » et me fixa furieusement droit dans les yeux. « Jeune homme, je croyais que tu m'avais dit ne pas savoir si Dick Liddel s'était rendu ».

Je lui répondis que je ne le savais pas.

- « Bien », dit-il, « Étrange. Il s'est rendu il y a plus de trois semaines alors que tu étais déjà dans les parages. C'est troublant ».

Il continuait de me fixer ; je me levais pour retourner dans la chambre. J'entendis au même moment Jess repousser sa chaise et venir à la porte. Il apparut souriant et dit avec bonne humeur :

- « Bon allez Bob, quoi qu'il en soit, tout va bien ».

Je compris immédiatement où il voulait en venir. Je savais que je ne le duperais pas ; il était trop intelligent pour ça. Il savait aussi bien que moi à cet instant que je le trahissais. Mais il ne me tuerait pas en présence de sa femme et de ses enfants. Il marcha jusqu'au lit, déboucla délibérément son ceinturon, garni de quatre revolvers, et le jeta sur le lit. C'était la première fois de ma vie que je le vis sans ceinturon, et je sus qu'il le jetait pour endormir les soupçons que je pourrais avoir.

Il chercha à s'occuper avec quelque chose pour me donner l'impression d'avoir oublié l'incident du petit déjeuner, et dit :

- « Ce tableau est affreusement poussiéreux ! »
Je n'y voyais pas la moindre trace de poussière, mais il plaça une chaise devant, monta dessus et commença à dépoussiérer le tableau au mur.

Comme il se tenait là, désarmé, me tournant le dos, il me vint soudain à l'esprit : « Ta chance, c'est maintenant ou jamais. Si tu ne l'as pas maintenant, il t'aura cette nuit ». Sans plus réfléchir ni temporiser, je dégainai mon revolver et je le pointai en même temps que je m'assis. Il entendit le clic du percuteur alors que je l'armais avec mon pouce et commença à se retourner au moment même où je pressais sur la détente. La balle l'atteignit juste derrière l'oreille et il tomba comme un tronc, mort. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catalogue d'autorités de la Library of Congress.

Annexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]