Robert Cordier

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Robert Cordier

Description de l'image  Robert cordier.jpg.
Nom de naissance Robert Alphonse Cordier
Naissance 26 août 1933
Binche
Drapeau de la Belgique Belgique
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Metteur en scène, Réalisateur
Acteur, Écrivain, Poète
Traducteur, Pédagogue

Robert Cordier (26 août 1933 à Binche en Belgique) est un metteur en scène, cinéaste, acteur, poète, écrivain, dramaturge, scénariste, traducteur et pédagogue américain. Il est également fondateur du Cours Robert Cordier et de l'Association Théâtre Action qui devint Acting International.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts en Belgique[modifier | modifier le code]

Robert Cordier est né en 1933 à Binche, du champion cycliste Adrien Cordier et de Émilie Gressier. En 1949 il débute sur scène dans La Veuve joyeuse, avec une troupe d'amateurs de Binche. La même année il intègre l'école de cinéma de Ciné Revue. Reçu par Françoise Rosay, marraine de l'école, il tourne bientôt dans Ah qu'il fait bon chez nous d'Émile-Georges De Meyst. Il entre ensuite au Rideau de Bruxelles où il rencontre le mime Marceau qui l'invite à venir travailler avec lui à Paris[1].

Jeunesse à Paris[modifier | modifier le code]

À Paris Cordier rencontre Jean Genet qui l'oriente vers le Centre National du Spectacle, ou il sera accepté sur audition privée avec Jean Meyer[1]. Il apprend le métier également à l’école de Charles Dullin. Après son succès au concours de fin d'année dans Valère du Tartuffe (avec Stéphane Audran), Jean Vilar lui propose le rôle de Tébaldéo dans Lorenzaccio. D’autres propositions affluent mais, à la suite d'un différend avec Gérard Philipe, Robert Cordier part poursuivre sa carrière aux États-Unis [1].

Années 1950[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis Robert Cordier étudie à la Wharton School of Business. En même temps il écrit les articles sur le jazz aux États–Unis. Il se lie d’amitié avec Charlie Parker, Louis Armstrong et Miles Davis. À New York il rencontre Chet Baker et Harold Clurman (en) dont il suivra les « master classes » [1].

Ses poésies traduits par John Ashbery, sont publiées dans les revues Exodus et The Chelsea Review & Folder. Entre ses amis de l’époque on compte Corso, Ginsberg, Kerouac, William Styron, Mailer, Southern, scénariste de Kubrick, Beck et Malina, Louise Bourgeois, Anaïs Nin, John Cage, Mark Rothko[2], Robert De Niro, Sr. (en) [3].

En 1954 il commence son service à l’armée américaine. Pendant le conflit coréen, Cordier dirige la 'Special Services Division' du Théâtre de l'Armée, à Fort Monmouth (en), près de New York. Il met en scène Jules César et Les Fourberies de Scapin[4].

En 1956 après l'armée il revoit Jean Vilar à Paris et rencontre James Baldwin. Tous les trois travailleront plus tard aux États-Unis pour la cause des droits civiques des noirs.

À l'été 1956 il fonde sa compagnie Playmakers et monte des spectacles dans son premier théâtre dont il devient le fondateur et le directeur artistique, The Old Mill Theatre. Il monte plusieurs spectacles dont Escurial de Ghelderode et co - produit avec l’Actors Studio Les Joueurs de Gogol et Village Wooing de George Bernard Shaw[1].

En 1957, grâce au succès rencontré lors de la première saison de Playmakers, Cordier initie la réhabilitation du Strand, un ancien cinéma de 1000 places, sur la côte atlantique à Long Branch. Charles Laughton et Mike Todd sont parmi les actionnaires du projet[1]. Avec Luther Adler, ancien du Group Theatre (en) et des recrues de l'Actors Studio, The Strand Theatre produira pendant sa première saison 7 spectacles, dont Vu du pont de Arthur Miller, La ménagerie de verre de Tennessee Williams ; des concerts de jazz avec Dave Brubeck, Gerry Mulligan et Stan Getz. Mais, malgré le succès, des ennuis financiers l'incitent à quitter Long Branch pour New York[1].

En 1959 Cordier montera Ping-Pong d'Adamov. Sartre et Vilar envoient des textes pour la création. La critique sera mauvaise, mais Albert Bermel réhabilite le spectacle : « Ping-Pong est l'œuvre dramatique la plus originale montée durant la saison 1958-1959... la mise en scène était probante et irréfutable, la comédie grotesque, stimulante et efficace. Monsieur Cordier a fait montre d'une folle inventivité, et les acteurs preuve d'une force exceptionnelle, de fluidité et d'une clarté de diction peu commune pour une troupe off-Broadway ... » [5]

Années 1960[modifier | modifier le code]

Beat generation[modifier | modifier le code]

En 1959 Cordier part au Mexique avec les beatniks de Lawrence LeClair (surnommé 'Turk LeClair'). Larry Fink se joint à eux. Alain Jouffroy écrit dans Kerouac City Blues : « J'ai fait paraître en 1960 les photos de Larry Fink, et un long texte de Robert Cordier, dans l'hebdomadaire Arts - Spectacles, et c'est à partir de ces grandes pages que l'on a commencé, en France, où l'on n'en connaissait rien, à parler de ce qu'on a appelé ensuite la Beat generation. » [6]. En 1960 Gregory Corso, Alain Jouffroy, Jean-Jacques Lebel et Cordier présentent la première séance en France de Poésie et Jazz, à la Galerie 55.


l’Actors Studio[modifier | modifier le code]

Ayant construit des relations de confiance avec l’Actors Studio et son directeur Lee Strasberg en particulier par le travail de Playmakers à The Old Mill Theatre et The Strand Theatre[7], Cordier monte, avec Burgess Meredith et Rip Torn Blues for Mister Charlie (en) de James Baldwin. Cette production de l'Actors Studio joue lors de sa saison 1964 à Broadway. À la parution du livre, Baldwin le dédicacera à Cordier : « À Bobby sans qui ce voyage n'aurait jamais pu se faire. » [8]

Le combat pour la cause des droits civiques des noirs[modifier | modifier le code]

Après le succès de Blues for Mister Charlie (en) à Broadway Cordier prend une décision inattendue. En 1964 il accepte la direction artistique du Free Southern Theatre qui joue des pièces du répertoire dans les États ségrégationnistes du Sud, avec des acteurs noirs et blancs. Souvent malmenés ou incarcérés dans les prisons sudistes, Cordier et deux acteurs sont poursuivis une nuit, après une représentation de In White America, par des tueurs du Ku Klux Klan dans les bayous de la Louisiane. Ils seront sauvés in-extremis par les Deacons (en), les vigilantes noirs de Jonesboro, puis acclamés comme des héros par les médias[9]. Cordier et Gil Moses en tireront un spectacle-réalité. Le Président Lyndon Johnson fera protéger la troupe par les polices locales et le FBI pour le reste de la tournée qui été baptisée '’The Year of Revolt'’ ('’L’Année de la Révolte'’)[10].

Théâtre et happenings à New York[modifier | modifier le code]

Cordier monte René de Obaldia et des spectacles d'avant-garde notamment avec Barry Primus, futur star de Kazan et Scorcese, Roberts Blossom, Betty Lou Holland, Taylor Meade et des acteurs du "Living Theatre" dont Warren Finnerty.

En 1962 il fait un Happening au "Living Theatre" avec Lebel et Jouffroy en hommage à Marcel Duchamp, en sa présence[11]. En 1965 il crée un Happening, Le grand masturbateur, avec Ava Gardner et Salvador Dalí, dans les salons du St. Régis. Robert Rauschenberg et Mia Farrow y participent. En 1966 Cordier fait un Happening filmé à New York du Cœur à Gaz de Tristan Tzara avec Warhol en guest star[11].

En 1966 Cordier monte Brecht et Billy the Kid or The Blossom de Michael McClure. « Robert Cordier est un astronaute DNA voyageant à travers l'espace théâtre dans les images qu'il crée avec son art. Sa production de ma pièce Billy the Kid fut l'une des expériences révélatrices, extravagantes, joyeuses et terrifiantes que le drame m'a apportées, » écrira Michael McClure[12].

Télévision[modifier | modifier le code]

En 1966 Cordier prépare un événementiel Cinéma et Théâtre pour l'un des 7 Pavillons du Thème, EXPO 67 à Montréal : Man and His Health (L'Homme et Sa Santé).

Le disc jockey Murray the K (en) propose à Cordier de « refaire avec le rock ce qu'il a fait pour la médecine à l'EXPO 67» [13]. Ce projet prendra réalité en 1967 Murray the K in New York, le premier 'Rock Spectacular' filmé pour la chaîne ABC New York, avec Jim Morrison, The Doors, Otis Redding, Aretha Franklin, The Beatles, The Association, Spanky and Our Gang (en), Sam & Dave, Ritchie Havens (en). Le projet sera parrainé par le maire de New York John Lindsay et la star d'Hollywood Joan Crawford.

Travail à Paris[modifier | modifier le code]

Lors de ses séjours à Paris Cordier voit François Truffaut, Louis Malle, Claude Chabrol, Francis Blanche, Jean Carmet et Jean Pierre Melville qui deviendra son mentor. Il travaille également chez Tamara Films sur Hiroshima mon amour, Un couple de Jean-Pierre Mocky et un projet du mime Marceau[13].

Années 1970[modifier | modifier le code]

Mise en scènes[modifier | modifier le code]

En 1971 Cordier monte Black Sun de Antonin Artaud au La MaMa Experimental Theatre Club. Elvin Jones fait la musique[14]. Les Lettres Françaises, publient l'article de Alain Jouffroy sur le spectacle : « C'était extraordinaire: je crois que je n'ai jamais rien vu de plus beau de plus dérisoirement, de plus tranquillement beau de ma vie dans une salle de théâtre... » [15]. En 1972 Cordier monte Dom Juan au Hampstead à Londres avec Tom Conti et Lindsay Duncan.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Cordier écrit Injun Fender « une des plus belles chroniques de notre vécu rock et rollien »[16], « l'agonie d'une rock star » [17], avec Denis Campbell, Nancy Salmon, Valois Mickens et Eric Emerson. Le film Fender l'Indien (Injun Fender), d'abord interdit par la censure en France, puis libéré par Michel Guy, sera un succès dans les salles d'Art & d'Essai [18]. « Du côté de Burroughs... sans aucun doute le plus beau film que l'on ait tourné sur la poésie trouble du rock des villes. Un poème et un chant d'amour. » écrit Paul Alessandrini dans "Rock & Folk" [19]. « Peu ont vu NY ainsi. Un classique pour la génération future. C'est un grand film, » dira Richard Lindner[20]. En 1974 il est Président du Jury du Festival de Locarno qui l'avait primé l'année précédente. Il tourne Ricardo Bofill / Taller d'Arquitectura, long métrage documentaire pour France télévisions.

La suite de sa carrière[modifier | modifier le code]

Sa troupe de théâtre débute au Centre Pompidou, joue au Grand Rex, puis au Théâtre Marie Stuart. Cordier prend également la direction du Centre Dramatique Hennuyer à Mons. Son spectacle The Game of love and chance (Le jeu de l'amour et du hasard) de Marivaux part en tournée à Paris, Londres, Amsterdam, Southampton. Son autre spectacle La nuit des rois fait également une tournée internationale. En 1987 Il monte également Mort de chien de Hugo Claus, Haute Surveillance de Genet et Savage/Love de Sam Shepard. Savage/Love avec Lesley Chatterley jouera 950 fois en Europe[4]. En 1980 Cordier fonde l’école de théâtre et de cinéma Acting International. Depuis Cordier se consacre essentiellement à l’enseignement, tout en continuant des projets de mise en scènes, réalisation, écriture et radio.

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • 1966 : The Long Stripe avec Tom Baker. Long métrage
  • 1966 : Fuck the Sun / The Fugs, coréalisation avec John Palmer. Moyen métrage
  • 1966 : Gasheart (Le cœur à Gaz), guest star Andy Warhol, musique Velvet Underground. Long métrage
  • 1967 : 7 Deaths (7 Morts). Moyen métrage
  • 1967 : Man and His Health (L'Homme et Sa Santé), EXPO 67 à Montréal
  • 1973 : Injun Fender (Fender l'Indien). Long métrage
  • 1975 : Ricardo Bofill. Taller d'arquitectura. Long métrage documentaire
  • 2010 : Macbeth. Long métrage

Télévision[modifier | modifier le code]

Radio[modifier | modifier le code]

Comédien[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres et Articles[modifier | modifier le code]

  • 1952 : Les yeux de Lierre, poèmes
  • 1965 : Opening Night in Bogalusa
  • 1973 : John Cage par Robert Cordier
  • 1973 : Richard Lindner, peintre de la modernité
  • 1974 : Copi : subversion
  • 1974 : Notes sur le film « Fender l'Indien »
  • 1974 : Statue de Mots pour Marcel
  • 1979 : La machine à compter : « Fender l'indien »
  • 1979 : Closing Time, hommage à William Burroughs
  • 1981 : Song de Hattie dans Babylone si froide
  • 1985 : Shepard – Shaman
  • 1971 : New York / New York
  • 1978 : A silence violent
  • 1979 : The book of dark horses: Artoise et Epitaths before their time
  • 1984 : The Beard ou Fuck psychology!
  • 1991 : The great outdoors (Le grand là-bas), poésie
  • 1998 : Conversing with Cage
  • 1998 : John Cage par John Cage

Traductions[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Directions artistiques[modifier | modifier le code]

  • The Playmakers, Tinton Falls et Long Branch, États-Unis, 1955 - 1956
  • The Free Southern Theatre, New Orléans, États-Unis, 1965
  • Centre Dramatique Hennuyer, Mons, Belgique, 1987 - 1990
  • Théâtre Marie Stuart, Paris, France, 1984 - 1995
  • Acting International, Paris, France, 1980 - ...

Pédagogue[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1956 : Off-Broadway Show Business Award, pour The Rainmaker
  • 1973 : Festival de Toulon. Prix Spécial du Jury, pour Injun fender (Fender l'Indien)
  • 1973 : Festival de Mannhein, Grand prix - le Ducat D’Or, pour Injun fender (Fender l'Indien)
  • 1973 : Festival de Locarno, Mention Spéciale, pour Injun fender (Fender l'Indien)
  • 1973 : Cinémathèque royale de Belgique, Prix l’Âge d’Or, pour Injun fender (Fender l'Indien)

Nominations[modifier | modifier le code]

  • 1973 : Prix Italia pour La Nef des Fous du Rock
  • 1973 : Prix Europa, pour La Nef des Fous du Rock

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g ”ZOOM” Michel Maingois, 1973
  2. ”Le Quotidien de Paris”, Jean-Dominique Bauby, 1974
  3. “De Niro : A biography.“ John Baxter. HarperCollins UK, 2003
  4. a et b ”Kilometer zero” Issue 1, 2001
  5. ‘’Tulane Drama Review’’, No.1, vol. 4, Albert Bermel, 1959
  6. ”Kerouac City Blues”, Alain Jouffroy, Editions la Digitale, 2000
  7. ”Talking at the Gates: A Life of James Baldwin”, James Campbell, Viking Pr., 1991
  8. ”The furious passage of James Baldwin”, Fern Marja Eckman, M. Joseph, 1968
  9. “The Free Southern Theatre”, Bobbs Merril, 1969
  10. “Playbill”, New York, 1964
  11. a et b ”Beat Generation: Glory Days in Greenwich Village”, Fred W. Darrah, Music Sales Ltd, 1997
  12. ”The Beat Scene”, Elias Wilentz, Corinth, 1968
  13. a et b ”AXE Sud”, N°4/5, 1982
  14. “OBLIQUES“ Numéro Artaud, 1971
  15. “OBLIQUES“ Les lettres françaises / Alain Jouffroy, 1971
  16. ”Best ”, Patrick Eudeline, 1974
  17. ”Ecran 75” N°32, Noël Simsolo, 1975
  18. ”La revue du cinéma”, N° 291, Pierre Achard, 1974
  19. ”Rock & Fold” N°95, Paul Alessandrini, 1974
  20. ”Cinéma 74”, Numéro 193 / Robert Cordier (Fender l'Indien ), 1974

Liens externes[modifier | modifier le code]

(en) Robert Cordier sur l’Internet Movie Database